Pour justifier son retournement de veste, la direction de FO évoque une "vraie concertation"

Publié le par FSC

Connaissant depuis déjà pas mal de temps les choix de Macron en matière sociale et de droit du travail tant au moment de la loi El Khomri que durant la campagne des présidentielles, l'évocation d'une "concertation" destinée à enfumer l'opinion et à diviser les organisations syndicales, la décision de la direction confédérale de FO masque mal son ralliement aux contre-réformes et sa désertion de la nécessaire, indispensable résistance du monde du travail.

C'est aux militants de FO qu'il faudra d'abord rendre des comptes!

 

On s'interrogera d'ailleurs sur les raisons de cette volte-face par rapport au positionnement contre la loi El Khomri en notant les manoeuvres de corruption du pouvoir intégrant au ministère du travail Stéphane Lardy, négociateur de FO comme directeur de cabinet adjoint de Muriel Pénicaud, chargé de l'emploi, de la formation professionnelle et de l'apprentissage.

VOIR à ce propos :

http://www.frontsyndical-classe.org/2017/05/loi-travail-tentatives-de-division-au-sommet-de-l-etat.html

Sans négliger les préoccupations d'un Mailly en attente de reclassement avant de quitter prochainement la direction de FO.

Dans plusieurs départements cependant, les syndicats et structures FO s'étant déjà joints à l'appel à l'action pour le 12 septembre.

Une fois de plus démonstration est par ailleurs faites que l'unité des travailleurs dans l'action ne passe pas d'abord par des accords de sommet mais par le rassemblement de terrain sur des bases revendicatives unificatrices!

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Force ouvrière "a pris la décision à l'unanimité de ne pas participer" le 12 septembre à la journée d'action à laquelle appellent la CGT et Solidaires contre la réforme du code du Travail, a annoncé mercredi son numéro un Jean-Claude Mailly.
Dans une interview filmée, diffusée sur le site internet des Echos, il justifie cette décision du bureau confédéral de FO, notamment par le fait que la réforme en germe a été menée après une "vraie concertation".
En 2016, FO faisait partie du front syndical contre la précédente réforme, dont l'objectif était déjà d'assouplir les règles. Mais de la loi El Khomri, "on n'a jamais pu discuter (...) là on est dans une situation différente", "il y a eu un vrai dialogue social", estime le leader de FO.
Jeudi, après plusieurs semaines de concertation, le gouvernement présentera ses ordonnances, premier grand chantier social du quinquennat Macron.
"On part d'un projet ultralibéral, je dis pas qu'il ne l'est plus mais je raisonne toujours dans les négociations avec trois colonnes: ce qu'on obtient, ce qu'on évite et ce sur quoi on n'est pas d'accord. Et je suis sûr qu'il y aura des éléments dans les trois", poursuit M. Mailly.
Sur plusieurs sujets, comme le poids des accords d'entreprise vis-à-vis des accords de branches, "le gouvernement a fini par bouger, peut-être insuffisamment, on verra demain (jeudi)", dit-il, satisfait que "la branche (soit) remise en selle sur toute une série de points".
"On a fait notre travail de syndicalistes pragmatiques qui est de dire +on discute point par point+ et après on se positionnera à la fin" pour dire "où ça va", "où ça va pas", ajoute-t-il.

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