Dialogue social pour faire accepter les sacrifices

Publié le par FSC

La presse économique pratiquement sous contrôle de l'idéologie dominante, s'adressant aux "élites économiques" et au pouvoir politique abat franchement les cartes.

Ainsi dans l'article ci-dessous est  affichée l'idée selon laquelle la réforme de la représentativité syndicale était destinée avant tout à "réformer" (c'est-à-dire à les rendre dociles et compréhensifs aux intérêts duMEDEF) et l'idée selon laquelle l'objectif du "dialogue social" est bel est bien de faire accepter les sacrifices et les contre-réformes.

Dont acte!

Tout cela rend d'autant plus condamnable les récentes déclarations de Thierry Lepaon selon qui : 

"Il n’existe à la CGT aucune opposition de principe face au patronat. L’entreprise est une communauté composée de dirigeants et de salariés – là encore, je regrette que les actionnaires fassent figures d’éternels absents - et ces deux populations doivent pouvoir réfléchir et agir ensemble dans l’intérêt de leur communauté. "

 

Décidément il est bien temps d'en finir dans la CGT avec des orientations qui tournent le dos aux intérêts des travailleurs et qui vont au devant des voeux de nos adversaires

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Sourec :

Les Echos jeudi 27 février 2014

 

Réformer les syndicats pour retrouver la compétitivité


 

Reçu en catimini par le chef de l'Etat, Peter Hartz, à l'origine des réformes du marché du travail al- lemand, fait figure d'épouvantail pour la gauche, d'inspirateur pour la droite.

Au coeur de ce débat, la ré- duction des indemnités chômage, point d'orgue des lois Hartz, expli- querait le faible taux de chômage, mais aussi le net creusement des inégalités outre-Rhin. Un diagnostic pourtant remis en cause par une récente étude : les évolutions observées en Allemagne, tant sur l'emploi que sur les inégalités, ne sont pas réellement imputables aux lois Hartz

L'étude commence par tordre une nouvelle fois le cou aux prémisses sous-tendant le trop médiatisé rap- port Gallois : le regain de compéti- tivité de l'économie allemande n'est pas dû à une modération des coûts salariaux dans l'industrie. Comme le montrait l'Insee en 2012, ceux-ci res- tent très proches du niveau observé en France. L'industrie allemande a en fait bénéficié de gains de productivité significatifs et d'un tassement des sa- laires dans le secteur des services entraînant une baisse du pouvoir d'achat des salariés les plus pauvres.

Commencée dès le milieu des années 1990, et donc bien avant la mise en oeuvre des lois Hartz entre 2003 et 2005, cette évolution a creusé les inégalités et renforcé la compétitivité allemande.

Selon l'étude, le renouveau de l'économie allemande au cours de la dernière décennie tiendrait en fait à la décentralisation des négociations salariales, et en particulier au recul des accords syndicaux nationaux qui ne concernaient en 2008 plus que 56 % des salariés contre 75 % en 1995.

Si chaque entreprise peut outre-Rhin décider d'adhérer à un accord collectif, elle peut aussi ultérieurement obtenir des arrangements portant sur les salaires et la durée du travail ou même mettre en place un accord spécifique via un simple comité d'entreprise.

La menace de délocalisation vers des pays de l'ex-Europe de l'Est, conjuguée à la flexibilité dans la négociation salariale, aurait ainsi conduit les Allemands à accepter au cas par cas une modération salariale pour préserver leur emploi.

En France, même lorsqu'elle est établie au niveau d'une entreprise, une convention collective ne peut être conclue sans l'accord des syndicats. Des accords qui, à travers de muliples arrêtés d'extension ou d'élargissement du ministère chargé du travail, font que la négociation salariale est, in fine, menée à un niveau quasi national par des syndicats peu représentatifs ; la France ayant le taux de syndicalisation le plus bas des pays de l'OCDE : 8 % dans l'ensemble de l'économie, moins de 5 % dans le secteur privé. Le législateur s'efforce de corriger le tir : la loi du 4 mai 2004 permet de négocier des accords collectifs au ni veau de l'entreprise en dérogeant aux accords de branche, tandis que celle du 20 août 2008 cherche à revenir sur une situation bloquée depuis 1966 en soumettant les syndicats à des critères de représentativité.

Force est de constater que ces différentes réformes ont échoué, puisqu'elles n'ont guère fait évoluer le syndicalisme en France.

Le gouvernement ferait bien de s'attaquer à nouveau à cette question, afin de permettre le développement de la syndicalisation sur des bases saines et transparentes. L'enjeu est de taille. Si notre pays a besoin de progrès technique pour booster sa compétitivité,

il lui faudra aussi mettre en place au préalable un meilleur dialogue social, capable de faire accepter les sacrifices nécessaires pour retrouver le chemin de la croissance, sans esprit partisan ou corporatiste !

 

par Frédéric Cherbonnier Et Emmanuel Thibault

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