Rouen : Déterminés, dynamiques, les cheminots tiennent bon

Publié le par FSC

Source de l'article : Action communiste Haute Normandie :
Mardi 17 juin 2014

 

"Réforme du système ferroviaire, usagers et cheminots risquent de la payer cher!"

 

Tel était le titre du tract distribué à la gare de Rouen ce matin, 17 juin, par les militants cheminots de la CGT-Cheminots, de SUD-Rail et de FO Cheminots.  Ils accusent le gouvernement de vouloir détruire l'une des dernières entreprises nationales de service public.  Ils poursuivent : "Nous avons des propositions au service de l'intérêt général, de la Nation!".  Ils rappellent que "la SNCF appartient à la Nation" et qu'elle a un rôle à jouer dans l'aménagement du territoire, dans l'égal accès au transport ferroviaire.  Ils réclament des " recrutements et des formations" pour garantir la sécurité, l'accueil des passagers.  Ils expliquent que seule une entreprise de service public unifiée, pilotée par l'Etat, peut décider de tarifs contenus et régulés. Ils dénoncent également la séparation d'activités qui a pour conséquence, par exemple, qu'un conducteur de train de marchandises ne peut plus, si besoin est, piloter un train de marchandises.  Enfin ils exigent la relance du fret par fer et non plus par camions, "pour l'environnement et la santé des citoyens".

 

  transportsManifestation à Rouen, Mardi 17 juin.  Photos Yvette Genestal

 

La manifestation à Rouen, à l'appel de FO, de Sud-Rail et de la CGT-Cheminots a rassemblé plus de 350 militants.  Des cheminots en très grand nombre.  On voyait Sotteville, Rouen, Dieppe sur les nombreuses chasubles de la CGT.  Des drapeaux verts de Sud aussi.  Des militants FO étaient présents également.  Une manifestation très revendicative, très combative qui mettait en avant le lien entre la destruction des services publics et les conséquences néfastes pour tous de la réforme ferroviaire, usagers comme cheminots.  Les intervenants de la CGT-cheminots, de Sud-Rail et de FO ont été vivement applaudis.  Ils ont souligné combien les grévistes étaient toujours aussi nombreux dans les AG, ils ont répété que les cheminots et cheminotes étaient déterminés à poursuivre pour obtenir satisfaction.  Tous ont souligné que depuis des mois ils demandaient à être reçus et qu'ils n'avaient pas été entendus.  Le dialogue social ne se pratique qu'avec les syndicats conciliants et prêts à signer des accords qui bradent les intérêts des cheminots et des usagers.  Comme la CFDT qui appelle à la reprise du travail alors qu'elle n'a jamais appelé à la grève. 

Tous enfin ont dénoncé le lynchage médiatique dont ils étaient victimes et l'ostracisme pratiqué à l'égard des syndicats qui combattent la réforme ferroviaire ou plutôt la contre-réforme.  Peu de journalistes dans la manif.  Les cheminots ont pourtant beaucoup à leur expliquer.  Leur tract était très clair, pédagogique. Dans le Paris-Normandie de Mardi 17, une seule page, nationale, sur le mouvement des cheminots.  Rien sur les AG de cheminots dans le département.  Aucune interview de cheminots rouennais sur le débat à l'Assemblée Nationale et les manifestations préparées pour aujourd'hui.  Et on s'étonne après ça que les salariés se détournent des urnes et que l'exaspération soit à son comble chez les grévistes, comme à Sotteville où ils ont envahi les voies ? 

Un regret aussi : je n'ai pas vu d'élus communistes ou du Front de gauche dans la manifestation. Pourtant les problèmes des lignes régionales, les incidents répétés sur la ligne Paris-Le Havre, les gares vidées de présence humaine,  tout cela, c'est du ressort d'élus du peuple.  Alors pourquoi ne sont-ils pas dans la rue, aux côtés de ceux qui les ont élus ? Pourquoi cette absence alors que le déchaînement contre la lutte des cheminots nécessiterait une fraternelle solidarité.  Mon camarade  Canaille le Rouge a raison : la solidarité, par endroit, ça tarde. 

 

Yvette Genestal

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