INFO LUTTE DE FIN AOÛT 2014

Publié le par FSC

Le point de notre camarade Jo Hernandez

_____________________________

 

Cerdagne : pour un nouvel avenir du Train jaune, ses agents se mettent en grève

Ce lundi, les contrôleurs du ‘Canari ‘protestaient contre les menaces de privatisation ou de fermeture de la ligne, et défendaient un tout autre projet. Vendredi, les conducteurs leur emboîtent le pas.

Le Train jaune, affectueusement surnommé "le Canari", fait face à un déchirement : celui entre la propriété publique tentant de survivre aux assauts de la privatisation. Le pot de terre contre le pot de fer en somme. Les agents de la ligne ferroviaire reliant Villefranche- de-Conflent à Latour-de-Carol sur 63 km dénoncent par un mouvement de grève le déclin du temps de travail, la dégradation des conditions d’emploi et la baisse de la rémunération. Objet du courroux également, le désengagement politique, financier et matériel de la SNCF, de Réseau ferré de France et des élus locaux.

Sur la voie de l’humain et de l’emploi

"La logique de rentabilité de la Région, ciblée sur la fermeture ou la privatisation de la ligne en question, s’oppose clairement à la troisième voie que les cheminots de la CGT défendent : un projet novateur axé sur l’humain et l’emploi liant les besoins de service public aux aspirations touristiques", défend Julien Berthélémy secrétaire général CGT des cheminots de Villefranche. En attendant "300 euros par mois nous sont supprimés sur le salaire, 15 % en plus de productivité sont demandés et en charge de travail douze postes d’agents ont été évincés".

Au cours des douze derniers mois, les circulations ont chuté de 14 à 10 et la connexion entre Latour-de-Carol et Font-Romeu a disparu entraînant une perte de 5 millions d’euros pour les hauts cantons. "Pour le Conseil régional, la Cerdagne et le Capcir constituent-ils un No man’s land ?", se demandent non sans ironie Nicolas Monich et Gérald Barjavel, tous deux contrôleurs et respectivement délégué du personnel CGT et militant cheminot.

clip_image001

Pour conserver la ligne du Train jaune en service public, les cheminots CGT se mobilisent.

Des propositions et un appel aux citoyens

Si la menace de privatisation se confirme, elle serait la première du genre en France. Pour se défaire de cette épée de Damoclès, le syndicat CGT des cheminots de Prades-Villefranche évalue l’investissement sur les infrastructures et le matériel à 125 millions d’euros (soit 60 millions pour la voie et 65 millions pour la rénovation du matériel roulant). "Nous disposons d’autres propositions concrètes", assurent à l’unisson les grévistes. Ils énumèrent "une tarification égale aux autres lignes SNCF, un billet à 1 euro pour les résidents et une complémentarité et une cohérence de service avec d’autres trains et les bus".

Par conséquent pour Julien Berthélémy, "cette démarche commerciale valoriserait les micro-activités génératrices d’écotourisme avec un service voyageurs et un fret à la hauteur. La gare de Villefranche pourrait devenir un centre de gestion créateur d’emplois". Pour les cheminots CGT en colère, "en terme de communication, la SNCF, la Région et le Département jouent sur le symbole du Train jaune mais personne ne s’implique pour sa survie. Pour conserver ce service public, nous appelons les citoyens à se faire entendre pour enfoncer la porte des négociations et offrir un nouvel avenir à notre rail".

Tant que ces derniers n’auront pas obtenu satisfaction, le mouvement de grève sera reconduit et renforcé vendredi via les conducteurs.

 

Marseille : la grogne gagne d’autres restaurants Mc Do

 

clip_image002

Le conflit dans les restaurants Mc Do marseillais est visiblement en train de s’étendre. Parti de trois restaurants -Sainte-Marthe, Porte d’Aix et Vitrolles-, il y a huit jours, le mouvement s’est propagé ce week-end à deux autres antennes, du boulevard Chave et de La Blancarde, et touche aussi depuis hier le site de Saint-Victoret.

Les grévistes à l’origine du conflit, qui se disent inquiets après le changement d’actionnariat des trois restaurants de Sainte-Marthe, Porte d’Aix et Vitrolles, désormais détenus à 100 % par Mc Do France, avaient annoncé dès la semaine dernière leur volonté de développer le mouvement, notamment pour dénoncer la disparité des acquis sociaux, parmi les salariés des Mc Do de l’aire marseillaise, en fonction de l’entité juridique à laquelle leur restaurant est rattaché, et de l’actionnariat dont elle dépend. "Dans la même rue, les salariés d’un restaurant bénéficient du 13e mois dès leur arrivée dans l’entreprise et quelques mètres plus loin, les salariés d’un second restaurant, doivent attendre d’avoir deux ans d’ancienneté, car le franchisé n’est pas le même, pourtant ils vendent le même Big Mac", explique Houcine Ben Chiha, délégué CGT.

Les grévistes avaient annoncé qu’ils comptaient amplifier le mouvement

Dès vendredi, les grévistes constitués en intersyndicale CGT-FO-Unsa, avaient manifesté dans les rues de Marseille, en particulier au centre-ville, et distribué des tracts pour tenter de rallier d’autres employés du groupe à leur cause.

Ainsi les derniers restaurants "bloqués", comme disent les grévistes eux-mêmes, qui n’hésitent à pas à occuper les lieux, appartiennent à Mc Do France, en co-entreprise avec le groupe Brescia qui en détient une dizaine sur l’agglomération marseillaise.

Les grévistes des trois premiers restaurants touchés demandent des garanties quant à leurs conditions de travail, dans les restaurants dont l’actionnariat vient de changer. La direction de Mc Do, qu’ils ont rencontrée, avait indiqué la semaine dernière que les acquis sociaux seraient maintenus. Mais le mouvement semble parti pour durer.

 

 

IDF/ Grève : La menace plane chez Air France

clip_image003

Le syndicat majoritaire des pilotes de la compagnie française compte cesser le travail tout le mois de septembre pour dénoncer la future réorganisation dans le groupe et sa stratégie face au Low-Cost.

En ligne de mire : des suppressions d’emplois. 77% des pilotes syndiqués sont en accord avec le mouvement.

Aéroport de Beauvais : grève au sol de jeudi à dimanche

clip_image004

La CGT a déposé un préavis de grève reconductible à l’aéroport de Beauvais-Tillé à partir de jeudi, pour protester contre la détérioration de la santé des employés faisant face à des conditions de travail trop pénibles.

 

Après l’échec des négociations hier, le syndicat a appelé le 26 août 2014 tout le personnel du gestionnaire SAGEB (Société Aéroportuaire de Gestion et d’Exploitation de Beauvais) à se mettre en grève reconductible de jeudi à dimanche, dénonçant l’augmentation des burn-out et de l’absentéisme qui serait due à de mauvaises conditions de travail.

Les compagnies aériennes qui le desservent, à savoir Blue Air, EuroLOT ou Air Moldova et les low cost Ryanair, Wizz Air et Jetairfly n’ont pas encore réagi, mais L’Observateur de Beauvaisa publié ce matin un communiqué de la SGAB, dans laquelle elle exprime sa crainte de voir « 60 000 passagers pris en otage » au nom d’un mouvement « surprenant ».

«La SAGEB a pris connaissance des revendications du service assurant la coordination des vols (service TRAFIC). Certaines sont surprenantes et totalement en décalage avec la gravité d’un mouvement de grève et ses conséquences pour l’aéroport. Le personnel opérationnel de la SAGEB travaille 35 heures par semaine, avec une moyenne de 4,67 jours travaillés par semaine. Le turnover à la SAGEB est proche de 0. Les salaires et les avantages sont supérieurs à la moyenne du secteur d’activité. Pourtant, les Représentants du Personnel revendiquent 15 jours de repos supplémentaires par an pour chaque salarié opérationnel afin de supprimer les repos isolés sur les plannings actuels.

La SAGEB a respecté ses engagements pris en décembre 2013en mettant en œuvre un planning sur 12 semaines et en organisant de nombreuses réunions de travail et de négociation avec la délégation syndicale sur la question de la planification. Toutes les demandes présentées par la délégation syndicale ont été examinées et la SAGEB a proposé quatre différents projets permettant la suppression ou l’atténuation du repos isolé. Toutes les solutions possibles ont toutefois été rejetées par la délégation syndicale ».

Un syndicat minoritaire dépose un préavis de grève le jour de l’inauguration du tram

clip_image005

Le syndicat minoritaire CGT de l’entreprise Besançon mobilités dépose un préavis de grève pour les 30 et 31 août prochains, le week-end de l’inauguration du tramway à Besançon. Les syndicalistes réclament une augmentation de salaire. Une réunion avec la direction est prévue cet après-midi.

 

Le syndicat minoritaire CGT de Besançon mobilités (filiale du groupe Transdev) réclame une augmentation de salaire pour l’ensemble des 500 salariés de l’entreprise. Pour se faire entendre, les syndicalistes ont choisi de déposer un préavis de grève les 30 et 31 août prochains, soit le week-end de l’inauguration du tramway à Besançon.

Besançon mobilités est l’entreprise qui exploite pour le compte du Grand Besançon le réseau de bus urbain et le tramway. Elle fournit notamment les conducteurs.

Avec le lancement du tram, la direction de Besançon mobilités a proposé un accord collectif qui consiste notamment à verser une prime de 400 euros brut à l’ensemble des salariés de l’entreprise.
Les syndicats CFDT, UNSA et CGC ont signé cet accord. FO s’est abstenu. Quant à la CGT, elle estime que cette prime n’est pas suffisante. Elle réclame une augmentation de salaire de 3%, augmentation qui serait pérenne.

Une réunion est prévue cet après-midi, à 14h30, entre la CGT et la direction, au siège de Besançon mobilités.

Dijon : la CGT Divia met la pression sur la direction

clip_image006

Après l’appel à la grève du syndicat Sud à compter du 2 septembre, c’est au tour de la CGT de hausser le ton. L’organisation indique dans un communiqué avoir ainsi déposé une notification d’alarme sociale dimanche 24 août, pouvant aller au mouvement de grève si les négociations n’aboutissent pas.

 

Avec cette démarche, la CGT entend dénoncer « de nombreuses décisions disciplinaires prises par la nouvelle Direction de Keolis Dijon et ayant eu des conséquences importantes pour les salariés et leurs familles ». En conséquence, le syndicat réclame :

- Une réelle graduation des sanctions et non pas exclusivement des sanctions irréversibles.

- Que les arguments des Organisations Syndicales soient entendus et que les usages de l’entreprise soient respectés notamment pour les derniers dossiers traités en 2014.

- Une prise en compte des problématiques humaines d’un point de vue managérial.

Toujours dans ce même communiqué, le syndicat dit «attendre d’être reçu par la Direction de Keolis Dijon afin d’exposer ses arguments et débattre avec la Direction ».

La CGT maintient la pression et dénonce l’«industrialisation des soins » au CHU de Toulouse

clip_image007

Hôpital en pointe, le CHU (centre hospitalier universitaire) de Toulouse n’est pas pour autant exempt de conflits sociaux. Normal pour un site qui emploie 14 000 personnes. Normal encore lorsqu’il a fallu, en 2014, éprouver deux déménagements. Normal enfin alors que se profilent les élections professionnelles dans la fonction publique (le 4 décembre prochain).

Ce terrain de la contestation, la CGT, organisation syndicale majoritaire, l’occupe encore. Après la grève très suivie des agents des blocs à Pierre-Paul Riquet en juin (plus de 60 % d’opérations avaient dû être déprogrammées), une petite partie du personnel de neurochirurgie du nouvel hôpital maintient une manifestation d’une heure tous les jeudis. Les grévistes dénoncent une charge de travail trop lourde, réclament une meilleure organisation et des embauches.

La première place du classement pour le CHU de Toulouse ? Ils en sourient. «Ces classements sont basés sur des critères de productivité, ce n’est pas comme ça que nous voyons le soin. L’investissement du CHU est très important, c’est vrai. Mais, pour financer tout ça, on applique des techniques de management de type industriel qui dégradent les conditions de travail des agents et l’accompagnement des malades», déclare Julien Terrié, secrétaire général adjoint de la CGT au CHU de Toulouse, lequel promet de maintenir la pression jusqu’à la rentrée.

Une journée de grève et d’action pour «dénoncer l’industrialisation du soin, la dégradation des conditions de travail » est programmée pour le jeudi 18 septembre, place du Capitole à Toulouse.

 

Aurillac : les manifestants ont pris la mairie

 

Info de notre camarade Sophie Peuch

aurillac

 

Cela n’avait rien d’un spectacle. Après un défilé interprofessionnel rassemblant près de 2.500 précaires, salariés, chômeurs, intermittents du spectacle, Aurillacois et spectateurs, une poignée de manifestants mobilisés contre la convention Unedic et ont occupé l’hôtel de Ville hier après-midi, jusqu'à une heure avancée de la nuit.

«On a pris la mairie, c’est un acte citoyen. C’est un symbole démocratique », s’émerveille un manifestant. À l’intérieur de la salle de réunion, « l’assemblée d’occupation » prépare la longue nuit qui s’annonce après la journée de mobilisation. « On en a fait beaucoup pour en arriver là », se félicite un membre de la Coordination des intermittents et des précaires (CIP).Le symbole est d’autant plus fort que « la ville d’Aurillac est une ville PS, comme le gouvernement qu’elle soutient ». Gouvernement conspué tout au long de cette mobilisation pour « avoir trahi » les intermittents, les salariés, les précaires, les chômeurs et « tous ceux qui ont voté pour lui ».« Trahison » du PS une trahison caractérisée par la convention Unedic de mai 2014. « Elle ne touche pas seulement les intermittents, contrairement à ce qu’on entend partout, précisent des manifestants.

Les premiers concernés sont les chômeurs et les précaires qui vont voir leurs indemnisations diminuer. Il faut dire et faire savoir que le gouvernement fait deux milliards d’économie sur le dos des plus fragiles. » Alors, ces derniers ont réglé leurs pas, hier, sur ceux des intermittents du spectacle, pour crier leur colère dans la ville. Et demander l’abrogation de cet accord « qui est encore en négociation jusqu’à la fin de l’année ». A son départ de Marmiers, la manifestation, organisée par la Coordination, Sud Solidaires et la CGT Cantal (*), avait un caractère bon enfant.

 

Des Aurillacois et des spectateurs avaient aussi pris place dans le cortège qui a grossi au fur et à mesure de son arrivée au centre-ville. « Je crois qu’on a eu entre 3.000 et 5.000 personnes, calculait un membre de la CIP. La mobilisation a été un succès, comparée à Avignon et à Chalon.

Les compagnies ont joué le jeu en faisant passer le message durant leur spectacle. »Outre l’abrogation de cette convention, le cortège portait aussi des revendications spécifiques à Aurillac, comme l’avenir de l’hôpital, le maintien de cours de danse pour adultes au conservatoire, la suite des fouilles de Saint-Géraud…

 

Des situations « découlant des politiques d’austérité du gouvernement et soutenues par le maire », pour les manifestants. Les jets de tomates sur les volets fermés de la permanence du député socialiste Alain Calmette n’auront pas suffi à calmer leur colère à l’égard du PS. Galvanisés par le succès de la mobilisation, ceux-ci ont pris la direction de l’hôtel de ville pour demander des comptes au maire, Pierre Mathonier. C’est là que des groupes se sont introduits à l’intérieur de l’édifice public sous les encouragements et les poings levés du cortège… En contrepartie de leur départ, les occupants ont lancé un ultimatum au maire : « Qu’il se positionne pour l’abrogation de la convention. »« Je suis pour une renégociation des articles 8 et 10. Pour le reste, c’est un accord

voté par les partenaires sociaux majoritaires. Cela ne relève pas de ma compétence », a dit Pierre Mathonier à la délégation qu’il a reçue. L’élu a aussi déploré « cette occupation mal venue » au regard de ce que la Ville investit pour les arts de rue. Peu étonnés par cette réaction « arrogante », les manifestants ont décidé de passer la nuit à l’hôtel de ville. Jusqu’en fin d’après-midi, l’assemblée a débattu « de la valeur et du sens à donner à cette occupation », ainsi que du message à faire passer. Une voix s’est fait entendre pour tenir le lieu jusqu’à dimanche, au moins.

 

Reste à savoir si les forces vives suivront. Finalement, les occupants ont quitté la mairie vers 1 h 30 dans la nuit de vendredi à samedi, après une ultime négociation avec le maire.(*) Chemcha RABHILa CGT Cantal n’a pas pris part à l’occupation et le directeur artistique du festival s’est désolidarisé de cette action.

________________________
A l'international signalons la victoire des cheminots irlandais contre la baisse des salaires!

2014-08-26_iri_3104794_I1.JPGSuccès de la grève de 48 h des cheminots irlandais contre la baisse de leurs salaires

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Les cheminots irlandais ont lancé ce week-end une grève de deux jours contre les coupes budgétaires de l' « Irish Rail » se traduisant par des baisses de salaire, après des années de modération salariale. Un scandale dans un pays qui a renfloué ses banques en 2008.

 

Ce dimanche 24 et lundi 25, le réseau de bus et de train irlandais a été fortement perturbé par une grève de 48 heures lancée à l'appel de deux syndicats, le NBRU (National bus and rail union) et SIPTU (Services, industrial, professional and technical union).

 

La grève est montée en puissance sur les deux jours, avec 60 000 passagers touchés le premier jour, et plus de 100 000 le second jour.

 

Le mouvement lancé par les cheminots est une réaction aux coupes budgétaires prévues par l' « Irish Rail » (IR), entreprise publique des transports ferroviaires, qui a annoncé la nécessité de dégager 17 millions de $ d'économies en deux ans.

 

Ces coupes se traduiront dans l'immédiat par une baisse de 1,7 à 6,1 % des salaires des employés. Un plan accepté par trois syndicats, refusé par NBRU et SIPTU.

 

Il faut rappeler que depuis 2008 ces mêmes syndicats avaient accepté un gel des salaires qui s'est traduit – inflation prise en compte – par une baisse des salaires réels d'au moins 5 %.

 

La raison avancée par la direction de l'IR pour légitimer ces coupes est le déficit de l'entreprise. La direction pointe des dépenses trop élevées pour les salaires des employés, les syndicats dénoncent la chute des subventions publiques : 74 millions d'€ perdus sur les 108 millions entre 2008 et 2013.

 

Les usagers pris en otage en Irlande … par les banques après le « hold-up » de 2008 !

 

Bien entendu, comme toujours, les médias, le gouvernement ont feint l'indignation. Le dirigeant de l'Irish Rail Brian Kenny a évoqué une « folie » (insanity), la députée de la majorité gouvernementale Olivia Mitchell un « exercice futile ».

 

Les chiffes ont fusé : l'IR a évoqué un manque à gagner de 2 millions d'€ par la grève, l'association des enteprises de Dublin « Dublin Town » a parlé de 25 millions d'€, tandis que les reportages se sont multipliés sur les banlieusards de Dublin « pris en otage » par les grévistes.

 

Or, qui est réellement pris en otage en Irlande depuis 2008 ?

 

Un petit rappel : le gouvernement irlandais a renfloué en 2008 les banques du pays à hauteur de 64 millions d'euros (plus de quatre fois la somme initialement prévue !), soit 30 % du PIB du pays. Une aide providentielle qui a fait bondir la dette publique de 25 à 125 % du PIB entre 2008 et 2014.

 

Ce plan de renflouement pour les banques a été couplé à un « plan de renfoulement » du FMI, de l'UE de 85 milliards d'€ à l’État irlandais en échange de coupes budgétaires drastiques qui se sont traduits en autant de sacrifices pour les travailleurs irlandais :

 

baisse de 10 % du salaire minimum, de 20 % du salaire des fonctionnaires, hausse de la TVA, des taxes indirectes (alcool, tabac, eau, électricité), coupes de 25 % des budgets des services publics, hausse du temps de travail de 35 à 37,5 heures dans le public.

 

Les travailleurs irlandais travaillent plus pour gagner moins, c'est ce qu'a révélé une étude publiée par le Central statistics office (CSO). Entre 2010 et 2014, le salaire nominal a baissé de 2% tandis que le temps de travail a augmenté dans le même temps.

 

Une seule donnée n'a pas été touchée, sanctuarisée : l'impôt sur les sociétés reste toujours un des plus bas d'Europe, à 12,5 %.

 

Des sacrifices pour les travailleurs, toujours plus de cadeaux pour les entreprises et les banques, voilà de quoi s'indigner !

 

On perçoit également toute l'hypocrisie des baisses des subventions publiques à l'IR : 74 millions d'€ de moins pour les chemins de fer, 64 milliards d'€ de plus pour les banques entre 2008 et 2013.

 

Les « sacrifices nécessaires » pour le rail, c'est 1 000 fois moins que la somme donnée sans contrepartie aux banques en 2008 !

 

Un début : vers une grève reconductible ?

 

Le succès de la grève a pris de court la direction de l'IR, dont le PDG David Franks en vacances à l'Ile Maurice (sic). Le porte-parole de l'entreprise Barry Kenny a déclaré « ne pas être fermé aux négociations » tant qu'elles déboucheront sur la confirmation « des baisses de salaire » (re-sic).

 

Pour les deux syndicats grévistes prévoient deux nouvelles journées de grève dans le mois de septembre – le 7 et le 21 – pour tenter d'intensifier le mouvement.

 

Selon le coordinateur de la SIPTU, Paul Cullen : « Si la direction continue dans cette voie, la lutte s'intensifiera bien au-delà de ces deux journées de grève ».

 

Le secrétaire-général de la NBRU Dermot O'Leary pose la suite plus clairement : « Nous allons faire un bilan le 23 septembre, mais nous avons un mandat pour une grève illimitée. Si l'entreprise persiste dans ces coupes salariales, nous allons obéir à ce mandat ».

 

Encore une fois, la grève des cheminots irlandais est révélatrice d'un ras-le-bol général en Europe dans le secteur face aux coupes budgétaires et salariales, le sous-investissement chronique, les processus de libéralisation-privatisation dont l'Union européenne est à la fois l'instrument et le prétexte.


 

Après les mouvements en France, en Suède mais aussi en Belgique, en Allemagne ou Grande-Bretagne, cela pose encore des questions sur l'action de la CES, prompte aux « euro-manifestations » à Bruxelles mais absente dès qu'il s'agit de coordonner la moindre lutte.

 

Les cheminots français suivent avec le plus grand intérêt le développement des luttes dans les autres pays européens, conscients que la meilleure des solidarités réside dans l'action, ici et maintenant contre les suites de la « réforme ferroviaire ».

 
 

Publié dans Luttes - actualités

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article