44 morts en Guadeloupe... Encore un tour du LKP ?

Publié le par FSC

Rappelez-vous, après 44 jours de mouvement social et pendant trois ou quatre ans, tous les maux de la Guadeloupe revenaient au LKP. Pas une problématique de société n'était traitée sans, de prime abord, être passée par le filtre anti-LKP. Les années passent, le LKP a beau tirer la sonnette mais les problèmes qui lui seraient intrinsèques, mais surtout imputés, demeurent.

 

Prenons le cas des accidents de la route avec ses 44 morts de l'année. C'est le dernier chiffre morbide et comptable que les autorités nous assènent par la voix des média. 44 comme les 44 jours, ce nombre "Elkapésien" dans sa symbolique n'en est pas moins le résultat d'un modèle de société qui nous attarde sur un voyeurisme marchand contraignant, par là même, les responsables politiques à penser des routes à l'emporte-pièce, réalité économique oblige, et les consommateurs à s'adonner au culte de la puissance mécanique, virtualité économique oblige.

 

Ces deux postures font un mélange explosif dont les dégâts se font sentir dans toutes les familles guadeloupéennes, de près ou de loin touchées par la perte d'un être cher.

 

Comment sur une île comme la nôtre, peut-on concevoir un mode de transport uniquement sur la base d'intérêts économiques d'un petit nombre possédant concessions et magasins de pièces détachées ? Comment peut-on faire un choix politique, donc de société, uniquement sur la base des recettes assurées aux collectivités via la taxation de l'importation ? Comment peut-on penser et réaliser des voies routières sur le seul fondement d'assurer à une ou deux grosses entreprises de travaux publics de quoi reverser pour la prochaine élection ? Comment peut-on laisser dessiner des routes qui ne respecte même pas le code de la route ?

 

A toutes ces questions, bien loin d'être exhaustives, les technocrates et autres pseudo-économistes avaient leurs réponses : La libre entreprise ! Aujourd'hui c'est la crise. Quelle crise ? Quand on voit un petit et pauvre pays comme CUBA, si méprisée par les mêmes, en capacité d'envoyer médecins et matériels pour ceindre la pandémie d'ébola, il serait grand temps de s'interroger sur cette grande arnaque intellectuelle du siècle nommée crise économique. Quant à la libre entreprise, quarante années de libéralisme et de mondialisation a conduit la planète, y compris la Guadeloupe, à l'impasse.

 

Il serait surtout temps de demander des comptes aux décideurs sur le choix de société qui nous a conduit à cette faillite et à ses conséquences. Car la question est bel et bien dans le choix de développement que l'on fait, tenant compte de la vraie réalité du pays et non de postulats créateurs de richesses pour la noblesse. Nous somme entourés de mer mais on pense à mettre des rails après avoir vendu plus de voitures qu'il n'y a de chauffeurs. Si une logique motive ce type de choix, elle n'as de sens que pour celui qui n'as plus de sens. Rien qu'au regard du choix d'éliminer les communes au profit des communautés, il nous est donné de constater comment on applique des directives européennes, voulant créer des mégalopoles, sur une île dont la plus grande richesse reste sa verdoyante flore.

 

Ce serait au nom de la rigueur comptable, en réduisant ce nombre trop important d'élus de proximité, que ce choix s'imposerait. Oui, mais cela convoque deux questions que tout démocrate sincère ne pourrait s'empêcher de poser :

 

- Pourquoi ne pas réduire sur la rétribution et le train de vie des élus ? C'est le coût de la représentation démocratique.

 

- Comment un élu pourrait connaitre et comprendre les requêtes de ses électeurs si le nombre de ces derniers augmente et l'éloigne de la proximité nécessaire ? C'est le prix de l'organisation démocratique.

 

La belle et incontournable arnaque comptable nous est servie pour justifié d'un choix idéologique, l'idéologie dite néolibérale qui n'est qu'un néologisme pour cacher, tout en le signifiant, le capitalisme sauvage. Ce qui compte c'est l'immédiateté, la rentabilité, le bling-bling. Un ancien président démolisseur et désormais futur candidat sauveur (la honte !) avais bien exprimé la quintessence de ce système en affirmant : "Si un homme n'as pas sa Rolex a 50 ans c'est qu'il n'as pas réussi sa vie !"... De la haute philosophie, réifier l'Humain et son bonheur {nous} sera acquis. Pour ce faire, il est urgent d'éloigner le peuple du cercle de décisions et d'isoler le politique sous sa botte. Dire qu'il y en a encore qui prétendent que c'est la fin des idéologies.

 

Nous sommes victimes de choix politico-économiques, eux-mêmes enfantés par une idéologie déshumanisante et anti-démocratique, qui nous conduisent à des comportements individualistes, inconséquents et mortifères.

 

On nous a toujours glosé de la responsabilité individuelle pour nous culpabiliser et de la responsabilité collective pour nous dénigrer mais jamais la responsabilité systémique n'est mis en avant et pour cause, c'est la seule et unique qui tue sur nos routes, qui assassine nos jeunes désœuvrés, qui jette dans la précarité nombre de familles. Allons messieurs-dames, cessez de vous cacher derrière votre petit doigt de fée néolibérale, vous ne pourrez plus nous refaire le coup du LKP malfaisant, même avec le nombre 44 !

 

BELAIR Philippe

Secrétaire général FSAS-CGTG (Guadeloupe)

 

Philippe avec les camarades de Cochin en septembre dernier

 

44 morts en Guadeloupe... Encore un tour du LKP ?
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Commenter cet article

achat de kamas 14/10/2014 11:03

On en veut plus avec autant d\'humour. Continuez.