Les "négociations" à propos des retraites complémentaires : une nouvelle agression contre nos droits en préparation!

Publié le par FSC

 

Les "négociations" sur les retraites complémentaires et les régimes Arco et Agirc (cadres) s'engagent.

L'essentiel , même si cela a son importance n'est pas le milieu où se tiennent les négociations!

 

Le MEDEF appuyé par le pouvoir socialiste et ce n'est pas nouveau les dirigeants de la CFDT, puisque Jean-Louis Malys, de la délégation CFDT, juge dès le départ que « trouver de nouvelles économies est ( ) inévitable », et que le « rapprochement » des deux régimes « paraît incontournable », le MEDEF donc entend poursuivre dans le sens des réformes antérieures et que "ça ne lui coûte pas un sous" pour ne pas froisser sa compétitivité, c'est-à-dire ses profits!

 

Quant au fond il s'agit de la même attaque contre le droit à la retraite et les droits sociaux que depuis 20 ans : faire trimer plus longtemps, diminuer massivement les pensions, mettre à contribution les retraités eux-mêmes et hypocritement au nom de la défense du régime par répartition ouvrir la voie aux fonds de pensions et aux sociétés d'assurance en embuscade.

 

Ici comme pour le reste « le recul social ne se négocie pas, il se combat!" Et la mobilisation des travailleurs sur des objectifs clairs est la seule réponse syndicale qui vaille.

 

Et le combat pour dénoncer les arguments afin de faire admettre ces reculs est lui auusi indispensable comme l'attitude de ceux qui dans le syndicalisme ne font qu'accompagner ces régressions!

 

Rappels :

 

Pour la seule année 2014 les actionnaires du CAC 40 (les 40 entreprises les plus importantes de France) ont touché, eux, 56 milliards d’euros, 46 de dividendes et 10 d’actions gratuites, un bond de 30% comparé à 2013, grâce au gouvernement socialiste.


La fraude fiscale elle, abritée de manière complice par l'oligarchie et les gouvernements à leur service, dans les banques et dans les paradis fiscaux, ce sont des centaines de milliards d'euros!

Alors les arguments du déficit des régimes de retraite, de protection sociale, de l'allongement de la durée de la vie et blablabla et blablablabla ne sont que des prétextes pour enrichir encore plus l'oligarchie, le 1% et continuer à aggraver les inégalités et la concentration des richesses comme on le voit depuis des dizaines d'années!!!!

 

Ci-après un « dossier » qui renvoie aux articles parus à ce sujet dans la presse : L'Humanité et l'Opinion du 17 février ainsi qu'ne interview de Bernard Friot de 2014.

En ne perdant de vue à aucun moment que dans les mesures mises en place à la Libération par Ambroise Croizat dans l'application du programme du Conseil National de la Résistance c'est la cotisation sociale, le salaire socialisé qui sont au coeur de la nouvelle architecture de protecxtion sociale, qui ont fait son succès et qui ont constitué un rempart contre les attaques du patronat et de la bourgeoisie qui n'ont jamais accepté ces avancées d'un caractère proprement révolutionnaire.

 

Le FSC

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Compléments d'information :

Les retraités et la FSM :

Et à titre d'exemple d'une attitude combative la déclaration de l'UD CGT de l'Essone  à son congrès en juillet 2013 :

 

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Quand Xavier Bertrand mange le morceau !

 

Xavier Bertrand : « Les Français aspirent à plus de liberté, à cotiser pour eux-mêmes »

 

Vous proposez « un accès pour tous à la capitalisation », en com- plément de la retraite par répartition. Est-ce parce que, ancien agent général, vous représentez le « lobby des assureurs » ?

 

Xavier BERTRAND

 

Quelle belle plaisanterie ! Comme si les assureurs étaient, par exemple, derrière la Préfon, le seul grand régime de capitalisation en France – ce sont les syndicats de fonctionnaires qui l'ont monté.

[ ah oui comme si ça n'avait aucun rapport quand on sait que les compagnies d'assurances sont dans les starting blocks et que Sarkosy (le frère) et Malkoff Médéric ne cessent de nous inonder de publicité et de démarches afin qu'on souscrive et qu'ils ne cessent de concentrer le secteur par des rachats!]

J'ai simplement le courage de dire que notre système mourra s'il n'est pas réformé profondément. Je veux conserver la répartition parce qu'elle est synonyme de justice et de solidarité entre généra- tions. Mais la démographie la condamne si elle n'est pas remise à plat. On ne peut pas augmenter à l'infini les cotisations ; les assurés comme les entreprises en font déjà une overdose. Il faut reculer l'âge de la retraite mais ceux qui veulent jouer uniquement sur l'âge, doivent avoir le courage ou l'inconscience de dire qu'il faudrait aller jusqu'à 75 ans ou au-delà, c'est stupide. Pour éviter une telle absurdité sans paupériser les retraités, il faut compléter la ré- partition par un système de capitalisation organisé.

 

Quel est votre schéma ?

 

Xavier BERTRAND

 

D'abord, une mesure d'urgence : passer progressivement l'âge légal de dé part à la retraite à 65 ans, à l'horizon 2025. Ensuite, une mesure d'équité : mettre en place un système de répar tition par points, unifié (salariés du privé, fonctionnaires, régimes spéciaux, indépendants...), avec les mêmes règles pour tous. Par exemple, les primes des fonctionnaires seront incluses dans le calcul de leur pension, mais plus question que ce calcul se fasse sur les six derniers mois de salaire. Ceci permettra aussi d'accorder des points pour la pénibilité de certains métiers, ou pour compenser les retards de car- rière des femmes. Tout le monde y basculera progressivement, sauf ceux qui sont à quelques années de la retraite. Enfin une mesure structurante : l'instauration d'un étage d'épargne retraite. Pourquoi n'avoir pas pris de telles mesures quand vous étiez ministre ? Je suis sans doute celui qui a poussé les réformes des retraites le plus loin. Mais nous sommes au bout de la politique des petits pas.

 

Votre famille politique est-elle prête à vous suivre ?

 

Xavier BERTRAND

 

Ce n'est pas mon sujet. Ceux qui ne veulent pas parler de capitalisation font preuve soit de méconnaissance, soit d'hypocrisie. Les Français épargnent déjà massivement pour leur retraite, par le biais de l'assurance-vie, de la Préfon, des contrats Madelin pour les indépen dants, ou de cotisations volontaires pour les parlementaires. Je propose seulement d'inciter davantage à l'épargne-retraite, par le levier fiscal notamment ; de développer des produits plus attractifs, dédiés à la r etraite ; et de sécuriser le tout avec des actifs cantonnés, pour éviter les dé rives fonds de pension « à la Max well » où l'entreprise garde l'argent, voire l'utilise pour autre chose.

 

Et les Français ?

 

Xavier BERTRAND

 

Ils sont demandeurs d'une véritable réforme. C'est l'absence de décisions, bien plus que la prise de décisions difficiles, qui rend le sujet anxiogène. Les Français aspirent à plus de liberté, à cotiser pour eux-mêmes, à décider comme ils l'entendent de la façon de préparer leur retraite.

C'est encore plus frappant chez les jeunes qui pensent qu'ils ne toucheront rien du tout de notre système de protection sociale. Il faut réparer cette fracture générationnelle, leur redonner confiance. Pour cela, il faut anticiper plutôt que de faire mine de croire à des prévisions de croissance surestimées ou d'agir sous la contrainte, juste avant que le couperet ne tombe.

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L'Humanité du 17 février

NÉGOCIATIONS

 

La bataille des retraites complémentaires est rouverte

Au motif de rétablir l'équilibre financier des régimes Arrco et Agirc, le patronat envisage de reculer à 67 ans l'âge d'accès à une pension complète. Sur la table des pourparlers, qui débutent aujourd'hui, la CGT avance d'autres propositions de gestion.

 

Revoilà le dossier des retraites à l'avant-scène, et l'inquiétude pour cette garantie sociale fonda- mentale est à nouveau de mise. Patronat et syndicats entament ce jour un cycle de négociations, dont la conclusion est prévue en juin, sur les régimes complémentaires.

Selon un scénario des plus classiques, le Medef s'empare de la situation financière dégradée de l'Arrco et de l'Agirc pour tenter d'affaiblir encore les droits des assurés, déjà systématiquement ro- gnés depuis une vingtaine d'années.

 

Revue des enjeux, des menaces et des solutions qui permettraient d'éviter le pire.

 

Versée à tous les salariés par l'Arrco et aux cadres par l'Agirc, la retraite complémentaire représente un tiers de la pension globale pour les non- cadres, et jusqu'à 60 % pour les cadres.

Longtemps excédentaires, ce qui leur a permis d'accumuler des réserves, les deux régimes, alimentés par des cotisations salariales et patronales, sont entrés en déficit depuis 2009.

Rançon de la crise, avec ses corollaires, chômage de masse et stagnation salariale ont pesé sur les rentrées financières. Tandis que les dépenses, elles, continuaient de monter, du fait de l'arrivée à la re- traite des générations nombreuses de l'après-guerre, et de l'allongement de l'espérance de vie.

 

Résultat, l'Arrco et l'Agirc, dont le déficit a atteint 4,4 milliards d'euros en 2013, doivent désormais puiser dans leurs réserves pour payer les pensions. Des matelas qui, selon des prévisions, et sans so- lutions d'ici là, arriveraient à épuisement dès 2018, pour l'Agirc, 2027 pour l'Arrco. Le paiement des pensions pourrait alors être remis en question.

 

Le Medef attaque la négociation avec le même dogme intangible : pas question pour les entreprises de verser « un sou de plus » pour financer la retraite sous peine de menacer leur « compétitivité ».

 

Tout l'effort d'équilibrage porterait sur les salariés, actifs comme retraités. Après avoir imposé, en 2013, la sous-indexation des pensions par rapport aux prix (donc, la perte de leur pouvoir d'achat), une piste a la faveur du patronat : elle impose des abattements, temporaires ou définitifs, sur la pension pour tout départ en retraite avant 67 ans. L'objectif affirmé étant d'amener ainsi les assurés, sous la menace de pénalités financières, à reculer le plus possible l'âge du dé- part, et à faire les économies afférentes. Aujourd'hui, chacun peut liquider sa complémentaire en même temps que la pension du régime de base (sous réserve de réunir les conditions exigées dans ce dernier). A partir de 62 ans, donc. Parallèlement, pour traiter la situation plus urgente de l'Agirc, le Medef prône tout bonnement sa disparition, via une fusion avec l'Arrco en un régime unique.

 

Mettre en place des abattements empêchant de partir avec une retraite complète avant 67 ans, « c'est une manière détournée de reculer l'âge de la retraite, ou plutôt de réduire les pensions », analyse Eric Aubin, de la CGT. En effet, explique-t-il, « ceux qui le pourront, les moins nombreux,

différeront leur départ de quelques années. Jusqu'à 67 ans ? Rien n'est moins sûr. Tous les autres, une grande majorité, demanderont à bénéficier d'une retraite diminuée des abattements ».

 

La pénibilité du travail, pour beaucoup, ou simplement le chômage (+ 10 % en un an, chez les seniors), ne leur laissera d'autre choix. Au final, « la paupérisation des retraités, que nous constatons déjà depuis quelques années, risque d'augmenter », alerte Eric Aubin. La pension moyenne, tous régimes confondus, plafonne à 1 300 euros. Et les associations de solidarité, comme les Restos du cœur, voient augmenter la demande d'aides émanant des retraités. Quant à la création d'un régime unique, elle aurait pour effet de repousser de quelques années l'échéance de l'épuisement des réserves de l'Agirc, sans résoudre le financement des complémentaires.

Ses partisans ne s'appesantissent pas sur le fait que cela reviendrait à faire financer le déficit de la retraite des cadres par les cotisants non cadres à l'Arrco

 

Derrière cette pseudo-solution, se cache « le souhait de permettre aux marchés financiers de faire main basse sur l'épargne des cadres »,

note Marie-Jo Kotlicki, dirigeante de la CGT des cadres (Ugict). « Si on fait disparaître l'Agirc ou si on diminue drastiquement les droits, on pousse les cadres à s'assurer dans le privé. » Avec tous les risques liés à la capitalisation. Pure coïncidence ? Le nouveau chef de file des négociateurs du Medef n'est autre qu'un homme issu du monde de l'assurance, Claude Tendil, président du groupe Generali, ex-patron de la Fédération française des sociétés anonymes d'assurance. Le pire n'est pas certain. Alors que Jean-Louis Malys, de la délégation CFDT, juge que « trouver de nou- velles économies est ( ) inévitable », et que le « rapprochement » des deux régimes « paraît incontournable », la CGC rejette cette perspective (« pas de fusion », dit sa présidente, Carole Couvert). Pour FO, « il n'est pas ques tion que l'on réduise les droits à la retraite ».

 

Quant à la CGT, son « objectif est de stopper le recul des droits et d'alimenter les régimes », dit Eric Aubin. S'agissant de l'Agirc, la CGT suggère de relever de 2,45 points son taux de cotisation. Un effort limité pour les salariés (7,42 euros de plus par mois pour un salaire de 4 000 euros brut), et qui effacerait le déséquilibre du régime dès 2023, selon un chiffrage des services de l'Arrco- Agirc. Limité et supportable aussi pour les entreprises, quoi qu'en dise le patronat. Rappelons seulement que les rémunérations versées aux actionnaires par les groupes du CAC 40, l'an der- nier, ont atteint 56 milliards d'euros et qu'elles représentaient, à elles seules, plus des trois quarts de l'ensemble des prestations versées par l'Arrco et l'Agirc

 

Deuxième proposition phare de la CGT : avancer vers l'égalité salariale hommes- femmes, ce qui, toujours selon le cal- cul des services des régimes, permet- trait d'annuler (pour l'Arrco) la pers- pective de l'épuisement des réserves, ou de réduire de moitié le déficit (pour l'Agirc).

Enfin, pour l'Arrco et l'Agirc, la CGT rappelle ses propositions visant à taxer les revenus finan- ciers à la même hauteur que la cotisation salariale et à moduler la contribution des entreprises selon leur politique d'emploi et de salaires, en pénalisant les plus restrictives en la matière. De quoi faire rentrer de l'argent dans les caisses, tout en enclenchant un cycle vertueux de gestion. ■

 

par Yves Housson

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Interview de Bernard FRIOT dans l'Humanité du 16 janvier 2014

 

Bernard Friot.

 

"...La cotisation sociale n’est pas une ponction, mais un supplément de valeur. Il s’agit de reconnaître que la production de richesse économique n’est pas réservée à ceux qui mettent en valeur du capital et que des personnes qui n’ont pas d’employeur 
ou d’actionnaire – comme les parents, 
les chômeurs, les retraités – produisent 
de la valeur économique. On voit là 
le côté révolutionnaire de la cotisation sociale, et c’est ce qui explique un tel acharnement contre celle-ci."

 

Bernard Friot.

 

" Je suis pour une conception positive de la cotisation sociale, pas pour l’envisager comme une sanction. Si on augmente la cotisation sociale – comme l’a fait Ambroise Croizat en 1946 –, cela entraîne une hausse des prix, car les entreprises vont la répercuter sur leurs tarifs. Mais cette augmentation des prix n’est pas inflationniste, puisque la création monétaire ainsi générée ne fait que reconnaître la valeur du travail produit et indemnisé par des cotisations. On assiste alors à une hausse du PIB, comme on l’a vu de 1945 à 1990. Si on a peur que, dans la compétition internationale, la hausse des prix nous pose problème, une façon très simple de l’annuler est de supprimer les dividendes."

Les vidéos disponibles du site "rRéseau du salariat" à l'adresse :

http://www.reseau-salariat.info/d1033769d224a54ef639361d312767b4?lang=fr

 

 

Publié dans RETRAITES_2013

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