Les oeuvres universitaires sacrifiées elles aussi

Publié le par FSC

FEDERATION DE L'EDUCATION, DE LA RECHERCHE ET DE LA CULTURE CGT 

 
 
 
      A Montreuil le 23 février 2015
 
Une ambition nouvelle pour les CROUS passe par la fin de la précarité pour les personnels, par le maintien du cadre national.
 
Dans son rapport annuel, la Cour des comptes fait plusieurs constats sur la situation financière des CROUS. Au delà de certaines justement contestées par le CNOUS, le rapport laisse apparaître un décalage entre les besoins et les moyens.
Le rapport cite les objectifs fixés par la loi de 2005 : « conduire 50% d’une classe d’âge à un diplôme d’enseignement supérieur… » en précisant que « la qualité des conditions de vie étudiante est un facteur essentiel de réussite et constitue une priorité nationale »
Pourtant, seuls 7% des étudiants sont logés par les CROUS contre 35% en 1960. Depuis la fin des  années 1980, l'Etat s'est désengagé progressivement des CROUS et aujourd'hui à travers les conseils d'administrations régionaux,  les élus CGT ne peuvent que constater la baisse des subventions qui se traduit pour les personnels par des suppressions de postes et par la précarité, et pour les étudiants par des difficultés financières beaucoup d’entre eux étant parfois dans une grande détresse sociale.
Les politiques publiques d'austérité  des gouvernements successifs vont à l’encontre d'un véritable service public au service de la jeunesse. En refusant de mettre les moyens suffisants et en étranglant financièrement les CROUS on veut détruire la restauration sociale " on ne parle d’ailleurs plus d'usagers mais de clients".
Les inégalités territoriales accompagnent des inégalités sociales qui mettent en danger les objectifs même de la loi d’orientation cité précédemment et ne permettront pas de faire face à l’augmentation du nombre d’étudiants programmée.
En proposant de placer les CROUS sous la responsabilité des COMUe la cour des comptes propose d’aggraver cette situation et d’accompagner une déstructuration coupable de l’Enseignement supérieur. Pour la CGT cette perspective doit être combattue résolument. Il semble qu’un large consensus puisse s’exprimer à ce sujet et nous nous en félicitons.
Il n’est pas non plus acceptable de laisser penser que des marges existeraient sur les charges de personnels alors que celles-ci ne représentent qu’environ 33% des dépenses. Elles ne peuvent pas être une variable d’ajustement permettant de trouver une politique d’équilibre financier. Comment penser « qu’assouplir le cadre d’emploi en développant le recours au temps incomplet et la polyvalence » serait crédible alors que la précarité et les bas salaires sont déjà un obstacle à la mise œuvre d’une politique de développement et de qualité et que la polyvalence est le quotidien de trop nombreux salariés (RU/HEB, PO/PA…etc.) au détriment de leurs conditions de travail.
Il faut au contraire reconnaître les qualifications, assurer la formation permanente, créer un véritable statut de fonctionnaire pour les personnels ouvriers en leur permettant de s’inscrire dans de véritables carrières.
Il faut maintenir un cadre national et développer une politique d’accompagnement social des étudiants à la hauteur des enjeux en s’appuyant sur les décennies d’expérience des œuvres universitaires et de leurs salariés. Il n’est pas acceptable que l'apparition de restaurations diversifiées se traduise par une déréglementation du tarif national du ticket RU. Cette offre ne peut avoir pour conséquences de diminuer la restauration traditionnelle à 3,20 euros décidée par le CA du CNOUS pour tout le territoire national ou la fin du ticket RU.
Par ailleurs il faut que la CNOUS avec le Ministère soient les garants des investissements dans les équipements en garantissant aux CROUS une maîtrise du patrimoine pour éviter la mainmise des bailleurs sociaux dont les missions ne peuvent se confondre avec celles des CROUS.
Les agents, souvent au détriment de leurs conditions de travail, ont permis aux CROUS de fonctionner et de s’adapter. Il est temps de reconnaître leur travail et de leur donner les moyens d’être acteurs d’une politique ambitieuse au service des étudiants.
Les personnels, avec leur syndicat l’UN CGT CROUS, sont conscients de leur responsabilité sociale et sont prêts à relever le défi d’une nouvelle ambition pour les CROUS mais ce n'est ni aux étudiants ni aux personnels de payer le redressement du réseau des CROUS.
Il est temps d’ouvrir de véritables négociations pour sortir les personnels d’une précarité incompatible avec les enjeux actuels
Il est temps de redonner aux CROUS les moyens de répondre aux besoins des étudiants dans une démarche de responsabilité et de citoyenneté qui doit rester un élément essentiel de leur politique.
 

Ce rapport de la cour des comptes ne nous surprend pas, car il entend préparer de nouvelles mesures d’austérité en aggravant ce que nous connaissons déjà au quotidien. La CGT refuse cette orientation car une autre politique est possible alors que les CROUS fêtent leurs 60 ans d’existence. La CGT appelle les salariés des CROUS à s’engager résolument dans l’action.
 

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