Gros débrayage sur le site de PSA Mulhouse !

Publié le par FSC

Une première depuis septembre 2013

Posted on 24 mars 2015

 

Vincent Duse, CGT PSA Mulhouse

http://www.ccr4.org/Gros-debrayage-sur-le-site-de-PSA

La presse économique se félicitait, lundi 23, du retour de PSA dans le CAC 40, l’indice phare de la bourse de Paris, après deux années d’absence. Ce qui n’était pas prévu, en revanche, au niveau du groupe PSA, en début de semaine, c’était un gros débrayage à Mulhouse, le plus important après plus d’un an et demi d’atonie dans les usines, notamment après les grèves qui n’ont pas pu empêcher la mise en place du Nouveau Contrat Social (NCS).Alors que les dirigeants de Peugeot-Citroën se rengorgeaient devant la presse, sur chacune des trois équipes du site de Mulhouse, le travail a été stoppé pendant deux heures.


Carlos Tavares , le PDG de PSA, se fait fort d’avoir redressé le groupe et consolidé sa marge opérationnelle qui devrait atteindre les 2% en 2018 contre 0,3% en 2014. Si l’on suit la communication interne de la boîte, donc, l’entreprise va mieux. Enfin, tout dépend pour qui, et de quel point de vue.

Sept des plus importants membres du directoire se sont donc octroyé une petite augmentation de 86%. La famille Peugeot, plus modeste, s’est contentée d’un bonus de 54%. Dans les ateliers, du coup, nombreux étaient ceux qui s’attendaient à une augmentation d’au moins 1%, après trois années de gel salarial. Mais cette année encore, les Négociations Annuelles Obligatoires (NAO) ont été « annuelles », « obligatoires », mais sans plus…

Zéro augmentation

Le couperet est tombé le 19 mars : pas un centime supplémentaire sur les fiches de paie. Du côté de la charge de travail, en revanche, les choses ne font qu’empirer. On ne compte plus les samedis obligatoires et gratuits, l’overtime, c’est-à-dire le « rattrapage » en fin de journée, sans compter, dans le cas de Mulhouse, l’arrêt de la chaîne de production de la C4, en juin, lourd de menaces sur l’emploi. Se basant sur l’atonie apparente dans les usines du groupe, confiante, la direction s’est donc contentée de concéder une prime d’intéressement et un supplément de 1200 euros bruts, soit 912 nets. Dans le cas de Mulhouse, c’était sans compter sur la grogne des ateliers.

Un appel suivi

La direction locale de la CFDT, qui ne brille généralement pas par sa combativité, a donc lancé, vendredi, en fin de matinée, un appel au débrayage de deux heures par équipe, pour le lundi. Le mot d’ordre, relayé par la CGT, a été perçu avec un enthousiasme comme on n’en voyait plus depuis plusieurs mois. Malgré le peu de temps pour se préparer, compte-tenu du weekend, 350 collègues du matin ont suivi l’appel à la grève lundi 23, 150 sur la tournée de l’après-midi et une cinquantaine en soirée. En tout et pour tout, avec 550 grévistes pour une journée, c’est la plus grosse grève sur le groupe depuis le débrayage à 900 de septembre 2013.

L’arrêt de travail n’a rien d’anodin, dans le climat actuel. On a vu, ces derniers temps, des grèves pour les salaires percer, ça et là, et pas obligatoirement parce que nous sommes en période de NAO . Si le gouvernement veut, coûte que coûte, percevoir un « frémissement » au niveau économique, il se pourrait bien, à l’opposé, qu’on soit en train d’assister à un regain de mobilisation chez les salariés.

Une mobilisation à consolider et à élargir

Côté PSA, cela pose la question de la façon dont il va falloir poursuivre la bagarre. Nombre de collègues, en effet, s’interrogeaient sur les prochaines étapes qui devraient être les nôtres. Une chose est sure, c’est que si Mulhouse s’est mobilisé contre le gel salarial, alors ce sont des centaines d’autres collègues, sur le groupe, qui pourraient également entrer dans le mouvement.

Si du côté des délégués centraux, la CGT ne signera pas « l’accord salarial » mais que, semble-t-il, la CFDT et les autres organisations syndicales, auront du mal également à y mettre leur paraphe, alors cela veut dire que, tous ensemble, il va falloir prendre des mesures sérieuses si l’on veut être conséquents et faire ravaler leurs prétentions aux dirigeants du groupe. C’est en ce sens que les organisations syndicales doivent prendre leurs responsabilités. La direction de la CGT se doit d’interpeller l’ensemble des organisations qui refusent, aujourd’hui, la mascarade sur laquelle Tavares pariait pour nous rouler à nouveau dans la farine.

Dans ce cadre, la journée de mobilisation du 9 avril appelée au niveau national par la CGT, FO, Solidaires et la FSU sera une étape importante. Il faut que l’ensemble des travailleurs s’en saisissent pour faire entendre leur voix et dire que la mobilisation doit s’organiser, sur la question des salaires comme celles des contre-réformes du gouvernement et de ses macronneries. C’est ce que nous ferons, à Mulhouse. Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais plusieurs grèves et débrayages, en même temps, et sur des objectifs similaires, pourraient réchauffer le climat, à condition que les équipes syndicales combatives se donnent les moyens pour les consolider et les élargir, la seule façon pour les faire gagner.

23/03/15

Publié dans Luttes - actualités

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