27 mai, journée de la résistance

Publié le par FSC

En commémoration de la Résistance et face aux silences et travestissements de l'histoire officielle, nous reprenons l'article de Roger Colombier et celui de Danielle Bleitrach :

 
Demain 27 mai 2015: Journée nationale de la Résistance

 

Ce jour est la date anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance autour de Jean Moulin qui en fut l'un des martyrs. Ce jour-là, 4 héros de la Résistance feront leur entrée au Panthéon: Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay. C'est le président de la République qui les a choisi et nul ne peut mettre en doute qu'ils furent des figures importantes dans la lutte contre l'occupant nazi et la collaboration du régime de Vichy. 4 personnalités exemplaires parmi les résistants gaulistes, socialistes, radicaux et sans parti. Mais aucun ouvrier et moins encore un résistant communiste.

 

Ce choix n'est pas innocent. Il est de la même veine que l'absence de la France le 9 mai 2015 à Moscou, pour célébrer le 70e anniversaire de la capitulation sans condition de l'Allemagne nazie, dans laquelle l'URSS, dirigée par le Parti communiste d'alors, joua un rôle primorrdial.

Rappel d'histoire:

Sur la classe ouvrière, ces mots de François Mauriac, écrivain gaulliste et chrétien, parus en août 1943 dans Le carnet noir aux éditions de Minuit: “... Les martyrs rendent témoignage au peuple. Seule la classe ouvrière dans sa masse aura été fidèle à la France profanée. A l’heure où j’écris, (novembre 1941) tant d’autres Français sont mus par une passion élémentaire : la peur ! Ils ne l’avouent pas, rendent au maréchal un culte d’hyperdulie, invoquent Jeanne d’Arc, mais dans le secret, tout pour eux se ramène à l’unique nécessaire : sauver leurs privilèges...”.

Sur le PCF: L'appel (l'armistice n'est pas encore signée et Pétain n'a pas effectué son coup d'Etat) de Charles Tillon, dirigeant communiste clandestin, ministre à la Libération:

 

"Les gouvernements bourgeois ont livré à Hitler et à Mussolini : l’Espagne, l’Autriche, l’Albanie et la Tchécoslovaquie... Et maintenant, ils livrent la France.

Ils ont tout trahi.

Après avoir livré les armées du Nord et de l’Est, après avoir livré Paris, ses usines, ses ouvriers, ils jugent pouvoir, avec le concours de Hitler , livrer le pays entier au fascisme.

Mais le peuple français ne veut pas de la misère de l’esclavage du fascisme.

Pas plus qu’il n’a voulu de la guerre des capitalistes.

Il est le nombre : uni, il sera la force.

Pour l’arrestation immédiate des traîtres

Pour un gouvernement populaire s’appuyant sur les masses, libérant les travailleurs, établissant la légalité du parti communiste, luttant contre le fascisme hitlérien et les 200 familles, s’entendant avec l’URSS pour une paix équitable, luttant pour l’indépendance nationale et prenant des mesures contre les organisations fascistes.

Peuple des usines, des champs, des magasins, des bureaux, commerçants, artisans et intellectuels, soldats, marins, aviateurs encore sous les armes, UNISSEZ VOUS DANS L’ACTION !"

Charles Tillon, Gradignan, 17 juin 1940

Après le coup d'Etat de Pétain, dès l'été 1940, le PCF clandestin crée les Organisations spéciales. En mai 1941, il s'élargit en Front national pour l'indépendance de la France. Sous son égide, ce sont les grèves des mineurs du Nord-Pas-de-Calais du 27 mai au 10 juin 1941. En juillet 1941, l'ouvrier Pierre Georges, dit Colonel Fabien, devient le commissaire militaire de l'Organisation spéciale. A la Libération, engagé comme officier dans l'armée française, il tombe au champ d'honneur.

Le PCF est le seul parti politique qui a organisé la résistance au niveau de la France. Oui, la classe ouvrière et le PCF furent bien les premiers et les plus actifs combattants de la résistance intérieure. Le nom de Parti des fusillés donné au PCF n'est pas usurpé.

Le 27 mai 2015, au-delà des infâmes jeux politiciens, doit être la Journée nationale de toute la Résistance que ses héros en eurent la nationalité française ou pas comme le groupe Manouchian de l'Affiche rouge.

 

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Marie-Claude, si belle, si digne, si calme ne sera pas au Panthéon, elle est coupable d’avoir été communiste aux yeux des socialistes, du minable petit Hollande et de ses pareils, il ne mérite que le crachat de l’histoire, la vraie pas celle qu’il tente d’inventer au profit du capital. Ecoutez-la témoigner et que ceux qui nous gouvernent et qui ont déjà accompli la forfaiture de ne pas aller à Moscou fêter la victoire pour complaire au maître américain, sachent le mépris que leurs actes méritent. (Danielle Bleitrach)

Témoignage sonore à l'adresse :

https://histoireetsociete.wordpress.com/2015/05/27/temoignage-de-marie-claude-vaillant-couturier-a-nuremberg/

 

Figure de la Résistance et de la Déportation, Marie-Claude Vaillant-Couturier, née Vogel (1912 – 1996), témoigne le 28 janvier 1946 devant le tribunal international de Nuremberg qui juge les criminels nazis

 

Qui est-elle ?


Jeune reporter-photographe, Marie-Claude Vogel est envoyée en 1934 par son journal « Vu » en Allemagne nazie où elle réalise des clichés des premiers camps de concentration à Dachau et Oranienburg, qui seront publiés.


Epouse de Paul Vaillant-Couturier, élu communiste, rédacteur en chef de L’Humanité, elle est embauchée en tant que reporter-photographe à L’Humanité après le décès de son mari en 1937. Elle codirige le mouvement des Jeunes filles de France (avec Danielle Casanova).
Sous l‘occupation, elle participe à la réalisation de publications clandestines : L’Université Libre (premier numéro en novembre 1940), L’Humanité, ou elle rencontre Pierre Villon (qu’elle épousera en 1949). Elle assure la liaison entre Résistance civile (Comité des intellectuels du Front national) et militaire (Organisation Spéciale, plus tard Francs-Tireurs et Partisans français, FTPF) et transporte des explosifs. Arrêtée par la police de Vichy le 9 février 1942, avec plusieurs de ses compagnons (Jacques Decour, Georges Politzer, Jacques Solomon, Arthur Dallidet), elle est placée au secret à la Santé puis transférée au fort de Romainville.
Déportée le 24 janvier 1943 par un des rares convois de résistantes vers Auschwitz (qu’a décrit Charlotte Delbo dans plusieurs de ses œuvres), elle y est le témoin du génocide des juifs. Elle est transférée au camp de Ravensbrück au mois d’août 1944, affectée à des travaux de terrassement puis, en raison de sa connaissance de la langue allemande, au Revier (« infirmerie » du camp). Ravensbrück est libéré le 30 avril 1945, elle ne revient cependant en France que le 25 juin car elle reste sur place pour soigner les rescapés.


Témoin oculaire du génocide, elle rapporte ces faits devant le tribunal de Nuremberg : « J’ai eu la chance miraculeuse de sortir d’Auschwitz et de Ravensbrück et de me trouver à Nuremberg en face de Goering et des autres hauts dignitaires nazis », déclarait-elle pour le 40e anniversaire du verdict de Nuremberg. « Vous pouvez imaginer que j’éprouvais un sentiment extraordinaire. Je pensais en les regardant : Regardez-moi car, à travers mes yeux ce sont des centaines de milliers d’yeux qui vous regardent, par ma voix ce sont des centaines de milliers de voix qui vous accusent. »


Membre de l’Assemblée consultative provisoire (1945) et des deux Assemblées constituantes, elle est élue députée de la Seine de 1946 a 1958. En 1956, elle devient vice-présidente de l’Assemblée nationale, poste qu’elle occupe jusqu’en 1958. Elle siège ensuite, dans cette même Assemblée, comme élue du Val-de-Marne jusqu’en 1973. Vice-présidente de l’Union des femmes françaises (1979), elle est membre du comité central du PCF jusqu’en 1985.
Elle se consacre également à la transmission de la mémoire de la déportation.


Membre du comité national de la FNDIRP depuis sa création, elle est vice-présidente puis présidente de la Fédération de 1978 jusqu’à son décès. En 1987, elle est appelée par toutes les parties civiles à témoigner contre Klaus Barbie, ancien chef de la Gestapo de Lyon, jugé et condamné pour crimes contre l’humanité.
Elle est désignée à l’unanimité première présidente de la Fondation pour la mémoire de la Déportation, puis présidente d’honneur

27 mai, journée de la résistance
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