Poursuivre et amplifier contre la « réforme » du collège

Publié le par FSC

Déclaration du FSC

Malgré les efforts des médias aux ordres multipliant les interventions en faveur d’une la « réforme » du collège » ou donnant la parole sur le sujet aux représentants de la droite réactionnaire, la grève du 19 mai contre le projet gouvernemental à l’appel de 7 organisations syndicales (SNES-FSU, SNEP-FSU, SNALC-FGAF, SNFOLC, SNETAA-FO, CGT Educ'Action, SUD Education) a été majoritaire dans les collèges.

Illustrant son mépris, le gouvernement a dans la nuit suivante fait paraître son décret au JO. Le mépris n’est d’ailleurs pas seul en cause mais bien aussi la fébrilité et l’inquiétude devant une mobilisation qui se renforce à la base.

En effet, dans les collèges, les nombreuses discussions, les informations syndicales, le travail de terrain des militants ont fait émerger en quoi consiste réellement cette réforme derrière les slogans et autres formules mensongères : il ne s’agit pas de faire un collège de l’égalité mais au contraire de « déréglementer » et de fragiliser le collège avec la casse des programmes nationaux, l’autonomie locale pilotée par des chefs d’établissement aux pouvoirs étendus, la mise en cause des disciplines, l’attaque contre la langue française sous couvert de disparition du latin, la promotion du tout-anglais, l’alourdissement de la charge de travail pour les personnels tandis que les programmes réduisent les exigences à un « socle commun » et aux « compétences » qui assimilent de plus en plus l’Education à une vaste entreprise de dressage des classes populaires.

Ne croyons pas au passage qu’une telle réforme serait née spontanément de la réflexion de tel ou telle ministre. Ce n’est que l’application au collège de la stratégie adoptée en réalité de manière fort officielle lors du Conseil Européen de Lisbonne de mars 2000, sous le gouvernement de « gauche plurielle » de Lionel Jospin, en vue de la mise en place d'un « marché de la connaissance » à l'échelle continentale.

Face à un tel enjeu et malgré la mobilisation des personnels, l’intersyndicale nationale réunie le 21 mai n’a pas cru bon d’appeler rapidement à une nouvelle journée de grève mais renvoie la poursuite du mouvement au local, avec la tenue de réunions, le développement de l’information aux parents, le contact des élus, la mise en place d’une pétition…

Toutes ces actions sont nécessaires et pour la plupart déjà en cours. Mais elles doivent s’inscrire dans un plan de lutte comportant la grève et pourquoi pas, la manifestation nationale sous peine de tourner en rond alors que la fin de l’année approche à grand pas.

D’autres décrets comme celui de Robien en 2007, pourtant publiés, ont été retirés.

Alors que le président de la FCPE, Paul Raoult, vient de se faire démettre pour son soutien à la réforme du collège et aux divers ministres socialistes qui se sont succédés, il faut plus que jamais se mobiliser pour obtenir l’abrogation de ces deux textes ainsi qu’une réforme du collège qui s’attaque réellement aux inégalités scolaires et améliore conditions d’étude et d’enseignement.

Pour cela et pour infliger une défaite à ce gouvernement antisocial et à sa réforme euro-formatée, les enseignants en lutte devraient recevoir le soutien de l’ensemble de l’Education et des services publics, sans oublier de construire eux-mêmes des convergences avec tous les secteurs de la Nation passant à la moulinette europatronale.

Publié dans Luttes - actualités

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