Hopital d'"Auch : la lutte pour les emplois et les moyens de fonctionnement

Publié le par FSC

Source de l'article ci-après : La Dépêche

La direction tente de justifier les mesures qui menacent directement l'hôpital public à Auche comme ailleurs, parce que dans ce domaine comme dans de nombreux autres il s'agit de livrer la santé à la concurrence et de faire place nette au privé.

Et s'il ya peu de marges pour la direction c'est que la politique qu'elle met en oeuvre s'oppose aux intérêts des personnels comme des patients et qu'elle rencontre des résistances de plus en plus affirmées.

Dans la foulée de la résistance des hôpitaux parisiens ce qui sera déterminant c'est l'action des personnels rassemblés et déterminés contre la politique du pouvoir socialiste des ARS et de la droite.

 

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Le nouvel Ehpad d'Auch offre un hébergement de qualité, mais les syndicats dénoncent des conditions de travail dégradées par manque d'effectifs./ Photo DDM, N. D.
Le nouvel Ehpad d'Auch offre un hébergement de qualité, mais les syndicats dénoncent des conditions de travail dégradées par manque d'effectifs./ Photo DDM, N. D.

Elle devait avoir lieu aujourd'hui, elle est annulée : devant la grève déclenchée par la CGT pour plus de personnel, la direction de l'hôpital a renoncé à l'inauguration du nouvel Ehpad d'Auch.

«On avait prévu une manif pour interpeller les élus et les responsables de la santé présents sur nos revendications, explique Julien Mascaras (CGT hôpital). Ils ont préféré annuler. Mais c'est pas grave, on fera quand même la manif, et on inaugurera l'Ehpad de notre côté de 10 heures à midi ! Les officiels sont toujours invités, d'ailleurs !» Derrière le bon mot, un problème qui gangrène l'hôpital tout entier : le manque d'effectifs qui plombe l'ambiance et les finances de l'établissement de santé. «Pour ce nouvel Ehapd, les acteurs professionnels ont passé 6 mois, avant l'ouverture, sur l'organisation et les effectifs, se souvient le délégué CGT. Juste avant l'ouverture, la direction s'est aperçue qu'elle n'avait pas le financement pour ces effectifs. On n'a pas bloqué le déménagement des résidents parce qu'ils sont mieux là. Mais après deux mois, le personnel, lui, est à bout.» Le syndicat pointe la surface — 6 000 m2 — et les trois agents présents la nuit pour les 116 résidents dont certains très dépendants répartis sur deux niveaux… «C'est intenable ! Nos demandes de table ronde avec l'ARS, le conseil départemental et la direction sont restées lettres mortes.»

Malaise général

Le malaise s'étend aux urgences. «Un protocole existait, signé en 2013, qui prévoyait l'augmentation des moyens humains en fonction de la hausse des admissions. En particulier la création de binômes infirmier/aide soignant. La direction remet en cause un accord signé, c'est dommage. On retombe dans les problèmes de surcharge antérieurs.» Des négociations se déroulent justement vendredi, pour évaluer la marge de manœuvre de l'hôpital face à cette augmentation des chiffres des admissions. Mais la CGT ne s'attend pas à des miracles : «Le personnel, c'est 70 % du budget. C'est là que les économies sont envisagées, au détriment des patients et des conditions de travail.» Autre point de friction, le service du bloc opératoire, mais également le casus belli du ménage central, que la direction entend bien externaliser, ce à quoi la CGT, très largement majoritaire à l'hôpital, s'oppose farouchement. Et enfin, dernière mauvaise nouvelle : la fermeture programmée d'ici fin juin du service de pneumologie et de ses 12 lits.


Peu de marges pour la direction

 

Julien Couvreur, le directeur de l'hôpital, se dit surpris par «cet appel à la grève le jour de l'inauguration. J'ai montré mon ouverture au dialogue, et je recevrai les représentants». Il note que la surface et la capacité d'accueil de l'Ehpad sont identiques à celles des deux sites remplacés par le nouveau bâtiment. «L'effectif est resté constant. Et ceci alors que la dotation de l'ARS et du conseil départemental est inférieure au coût.» Ce déficit seul permet à l'Ehpad de fonctionner, mais il s'ajoute aux 3 M€ du déficit général de l'hôpital… Les discussions avec l'ARS et le conseil départemental sont engagées. L'une des pistes : la hausse des tarifs pour les résidents. «L'ouverture de l'UHR (unité d'hébergement renforcée) pour les cas d'Alzheimer avancés, pourrait permettre d'obtenir des postes.» Pour les urgences, le problème tient à «un contexte budgétaire compliqué» mais là encore, la discussion est ouverte. La pneumologie par contre, souffre du départ des deux praticiens. «On espère rouvrir en septembre. Il est difficile de recruter, et difficile de se passer de ces spécialistes sans déroger à notre mission de service public.»

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