CES : que fait-on dans cette galère?

Publié le par FSC

En date du 7 juillet, la Confédération européenne des syndicats adresse une « Lettre ouverte de la CES aux responsables politiques européens »

 

La lettre en appelle " à des solutions … pour garder la Grèce dans la zone euro", et se prononce pour des négociations et " pour un compromis raisonnable".

 

Mais, elle demeure dans le vague sur le contenu de ce compromis, en exhortant les protagonistes de ces négociations à " trouver un accord socialement juste et économiquement soutenable avec le gouvernement grec", alors que le premier devoir d'une authentique organisation syndicale est de partir impérativement, de manière exclusive, de la situation des travailleurs et du peuple, de leurs revendications et de leurs intérêts : emploi, salaires, pensions de retraite, droit à la santé.

En particulier dans un pays où la politique de l'Union européenne et de la Troïka a précipité le peuple grec dans une situation d'urgence humanitaire!

 

Car la préoccupation principale de la CES c'est le sort de l'euro!

 

Et elle voudrait faire oublier qu'en plein affrontement entre le peuple grec et l'oligarchie européenne elle s'est prononcé au travers de son syndicat du privé (GSEE) pour l'annulation du referendum afin d'empêcher que s'exprime la colère et les revendications de tout un peuple.

Des pressions amicales ?

Cette lettre est signée par de très nombreux leaders européens.

Dont en France par Laurent Berger pour la CFDT, Jean-Claude Mailly pour FO, Luc Bérille, pour l'UNSA et Philippe Martinez pour la CGT.

 

Le secrétaire général de la CGT annoncée dans un premier temps en retrait puis ultérieurement signataire aurait-il cédé aux « pressions amicales » des dirigeants de la CES?

 

Alors qu'au fond cette lettre n'est pas d'abord un soutien aux revendications des grecs : à l'inverse, elle exprime l'inquiétude de voir la Grèce quitter la zone euro et l'Union européenne sur la base d'une détermination purement politique la CES affirmant dans un communiqué, dès le 23 juin son souci de voir " Abandonner la Grèce à elle-même [ce qui] serait une voie dangereuse pour la stabilité géopolitique du sud-est de l’Europe."

Prouvant au travers de ces préoccupations son étroite dépendance des institutions européennes et du bloc atlantiste.

 

Ces orientations s'inscrivent par ailleurs comme l'indique le communiqué propre à la CGT dans la dangereuse illusion d'une Europe qui pourrait être sociale dans le cadre de l'euro et de l'UE quand tout prouve précisément que l'architecture politique de cette zone a été pensée pour faire prédominer sans partage les intérêts de l'oligarchie.

 

" Pour la CGT, la réponse à ce référendum doit être la concrétisation de cette alternative : une Union Européenne sociale, juste, solidaire et qui protège les plus faibles et prend en charge les plus pauvres. Une Union Européenne qui promeut les droits des travailleurs, l’emploi et un travail de qualité. »

communiqué CGT du 7 juillet

 

Décidément il est plus que temps que les organisations syndicales françaises se reprennent et que la CGT en particulier se positionne en fonction des principes de classe dont elle continue à se réclamer.

La préparation et la tenue du 51e congrès en avril 2016 devrait être pour les militants l'occasion d'une remise à plat et d'une remise à jour de ses alliances internationales.

 

Le Front syndical de Classe

10 juillet 2015

CES : que fait-on dans cette galère?

Publié dans CES

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C
Bis repetita le 10 juillet :<br /> "les leaders européens doivent bien réfléchir avant de pousser la Grèce hors de la zone Euro. C’est maintenant qu’il faut montrer ce que signifie être dans une Union européenne. Nous vous appelons à reprendre les négociations en bonne foi, avec l’objectif de trouver un accord socialement juste et économiquement soutenable avec le gouvernement grec."<br /> Qui y croit ?
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