Lorgues (Var) à son tour s'attaque sous divers prétextes au droit syndical

Publié le par FSC

Source : La Marseillaise

La série des attaques contre les syndicats et contre la CGT en particulier, contre l'hébergement des structures syndicales se poursuit avec dans le cas de Lorgues l'inquiétude des responsables de la ville de voir la CGT arriver en tête aux dernières élections professionnelles.

La mairie est une mairie UMP.

 

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La CGT priée de faire ses cartons

« Je vous informe qu'à compter du 1er août 2015, les locaux prêtés par la commune sont désormais situés dans la salle au-dessus du dojo. Les ho-raires qui vous sont réservés sont les suivants... » Un courrier laconique émanant de Claude Alemagna, maire (LR) de Lorgues, et destiné à informer le syndicat CGT des territoriaux de la commune qu'il est prié de plier bagage et de changer de lieu.
Sans qu'il y soit question des motivations qui ont conduit à cette mesure.

La décision datant du 16 juillet dernier est loin de ravir l'organisation.
« Jusqu'à présent, le syndicat était logé au troisième étage du CCAS dans un local équipé. Là, il n'y a rien... »,
explique Pierre Minerva qui a pris le dossier en main pour la Coordination syndicale départementale des services publics territoriaux.
Prenant à son tour la plume, la CGT souligne à l'intention de l'élu que le local en question ne dispose « ni de bureau, ni de ligne téléphonique ni de poste informatique ».

Le premier magistrat de Lorgues serait-il de ces maires désireux de faire obstacle à une action syndicale jugée un peu trop revendicative ?
Pour l'heure, la CGT semble ne pas vouloir tirer ce genre de conclusion hâtive et préfère évoquer ce qui pourrait constituer « une erreur d'interprétation des textes » et à toute fins utiles rappelle à Claude Alemagna ce que prévoit la loi en la matière.
Elle ajoute : « Nous pensons qu'il n'est pas question pour vous de limiter ou d'entraver l'exercice du droit syndical dans notre collectivité. »

Rapports dégradés

Quoi qu'il en soit, s'il elle ne veut pas verser dans le procès d'intention, la CGT ne compte pas demeurer les bras croisés. Aussi, appelle-t-elle à un rassemblement demain devant la mairie de Lorgues.
Force est de constater que les rapports entre l'organisation syndicale et la municipalité sont loin d'être au beau fixe.

Le blâme infligé à Naïma Ajnaou, secrétaire générale du syndicat, en est une illustration.
« Il lui est reproché d'avoir outrepassé son devoir de réserve », indique Pierre Minerva qui souligne que Naïma Ajnaou est également syndicaliste et que c'est dans ce cadre qu'elle s'est employée à dénoncer ce que son syndicat considère comme des dysfonctionnements au sein de la mairie.
Le blâme dont elle est l'objet serait-il une sanction pour s'être élevée
contre la mutation jugée « arbitraire » d'un service de portage de repas à domicile qui, relève Pierre Minerva, « fonctionnait très bien comme le démontre une enquête » ?

Ou encore pour être montée au créneau au sujet d'un régime indemnitaire que le syndicat estime plus que discutable ?
A la CGT on n'est pas loin de le penser.

Sollicitant un recours gracieux, Naïma Ajnaou a, cette semaine, une nouvelle fois interpellé le maire en lui précisant que son travail « a toujours été effectué correctement » et que les « écrits dont on [l'] accuse d'être l'auteur » relèvent de son activité syndicale.

« S'ils veulent rester... »

Pour Claude Alemagna, qui dit avoir été « attaqué de manière outrancière », l'argument ne tient pas. Et celui-ci ne cache pas son intention de maintenir le blâme.


Au sujet du local, il déclare : « La CGT était accueillie dans les locaux du CCAS où se trouvent des documents très confidentiels. Or, les syndicalistes débordent par rapport aux horaires de fermeture de cette structure dans laquelle on ne peut pas les laisser seuls. »
Plus nuancé que sur le cas de Naïma Ajnaou, il lâche néanmoins : « S'ils veulent rester, il faut qu'ils s'engagent à respecter les horaires... »
Affaire à suivre donc.

AGNÈS MASSEI ■
 

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