WIZERNES ARJOWIGGINS : 15 juillet 14 heures devant le TGI de Douai!

Publié le par FSC

Source de l'info :

site de la Filpac CGT

WIZERNES ARJOWIGGINS - SOLIDARITÉ ET MANIFESTATION DEVANT LE TGI DE DOUAI LE 15 JUILLET À 14 HEURES

samedi 11 juillet 2015

La Filpac CGT soutient sans réserve les salariés d’ArjoWiggins Wizernes, dont la Direction à fait appel de la decision du tribunal du 23 juin 2015 déboutant Arjo sur le blocage de l’usine.

Elle appelle donc tous ses syndicats à manifester leur Solidarité aux Camarades, devant le tribunal de Grande Instance de Douai le 15 juillet à 14H.

 

DÉCLARATION FILPAC CGT POUR LE 15 JUILLET

L’HUMANITÉ

Les représentants de l’usine seront reçus cet après-midi au ministère de l’économie. Ils occupent toujours le lieu de production de Wizernes (Pas-de-Calais) pour sauver l’outil de travail et favoriser sa reprise.

« Ma fille fait encore des études, mais elle a plus de 18 ans : on considère qu’elle n’est plus à charge. » Pour cette simple raison, Manu Renard a été l’un des premiers des 307 salariés à recevoir sa lettre de licenciement la semaine dernière. « On me l’a annoncé la veille. Seul, sur ma machine, j’ai pleuré de midi à deux heures et demie. J’ai dit au contremaître d’annuler mes congés. »

Ce costaud, grand gaillard aux yeux gris, passe régulièrement voir les collègues dans la tente CGT installée devant l’usine d’Arjowiggins à Wizernes (Pas-de- Calais). La tente CFDT est juste derrière. Depuis quinze jours, salariés et syndicalistes laissent passer le personnel qui entretient l’outil de travail et vide les cuves, mais bloquent à l’entrée les camions qui veulent récupérer le papier.

« Il reste encore 6,5 millions d’euros de produits finis à livrer et un stock de pâte neuve de 1,2 million ! », remarque, goguenard, Franck Sailliot le délégué CGT central du groupe. Pour éviter la fuite de ce « capital » et le démantèlement des machines « parce c’est toujours l’été que ça se passe », trois équipes se relaient jour et nuit. Comme avant, lorsque la papeterie tournait tous les jours sauf à Noël.

« On ne baisse pas la garde », assure Franck Sailliot en lisant un nouveau courrier arrivé par huissier : la direction vient de faire appel, contestant le jugement du tribunal de Saint- Omer qui autorise les salariés à bloquer le site.

C’est l’une de ces victoires qui font tenir ces irréductibles entravant depuis plus d’un an la fermeture.

« Avant pour obtenir 0,5 % d’augmentation, on bloquait toute l’usine. En annonçant la fermeture de la boîte, la direction pensait qu’on allait tout brûler. Pour mieux nous mettre dehors pour la sécurité du site. Mais nous, on a continué à travailler, au ralenti, pour garder notre outil de travail. Et on a gagné 18 mois de salaire », rapporte Olivier Leroux, bobineur depuis trente-deux ans.

« On sait depuis le début que le groupe Sequana veut se débarrasser de la production et se recentrer sur la distribution. Ce serait une boîte habituée au chômage partiel, OK. Mais là, on a le plus gros carnet de commandes de tout le groupe en France ! », s’étonne encore Guy Soudans, raffineur et trente-trois ans de boîte.

En avril 2014, les syndicats refusent de rentrer en négociations et commencent à alerter les élus locaux. Une expertise indépendante commandée par la communauté d’agglomération valide la « viabilité du site ». Et propose de viser des marchés de niche. La direction assure chercher des repreneurs, mais n’oublie pas de budgéter en parallèle 42 millions d’euros pour accompagner le PSE Peu confiante, la CGT cherche de son côté. Deux projets se profilent, avec des fonds étrangers appuyés par la région et la communauté d’agglomération.

La course commence. En octobre, la CFDT rentre dans les négociations, lançant la procédure. Le PSE est homologué en avril 2015. Et Arjowiggins ne parle plus de ses potentielles touches. Mais les syndicats ne renoncent pas. Sollicités, 377 maires s’engagent à user de leur droit de préemption, dont le maire de Wizernes, pour acquérir en priorité l’usine à papier.

Mardi, les élus de la région, ceux de l’agglomération de Saint-Omer, les fonds d’investissement Rem (Luxembourg) et Activa Pro (Suisse) ont été reçus au ministère de l’économie. Cet après-midi, ce sera le tour de cinq syndicalistes CFDT, FO et CGT.

« Le plan est de créer un grand papetier made in France, en regroupant plusieurs sites. L’idée est belle mais ça demande du temps », jauge Franck Sailliot. Alors, devant l’usine, on ne baisse pas la garde et on surveille les machines en attendant la reprise. ■

par Kareen Janselme

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