Etat d'urgence : le coup de gueule de Georges DUCASSE

Publié le par FSC

Voter l’état d’urgence ou s’abstenir c’est légaliser l’arbitraire

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Cette loi qui permet aux préfets « d’instaurer un couvre-feu, de réglementer la circulation et le séjour dans certaines zones géographiques, de prononcer des interdictions de séjour et des assignations à résidence contre des individus en pleine déroute. Mais qui autorise aussi la fermeture de lieux publics, tels que des salles de spectacle, des cafés ou des salles de réunion, l’interdiction de réunions ou de rassemblements, la confiscation des armes détenues par des particuliers, le contrôle de la presse, des publications, des émissions de radio ou encore des projections de cinéma et des représentations ».

L’origine de l’état d’urgence est coloniale

Si l’état d’urgence permet d’instaurer le couvre-feu, d’interdire les réunions, de fermer les salles de spectacles ou les cafés, il permet aussi de procéder à des perquisitions de nuit sans contrôle judiciaire, de contrôler la presse, les publications et les émissions de radios.

Cette nouvelle situation à de quoi faire frémir ! Cette idée a été soulevée par Laurent Wauquiez, Nicolas Sarkozy et Marine le Pen, en proposant de créer des camps d’internement pour les citoyens français ayant une fiche S !

Fiche S ou pas (le pas est vite franchit), ce projet n’a pour l’instant pas été enterré par François Hollande et Manuel Valls, mais soumis au Conseil d’Etat.

Plus inquiétant encore est le projet de loi sur l’état d’urgence déposé jeudi 19 novembre à l’Assemblée nationale sans aucune concertation ni temps de débat. Il va plus loin encore dans la dénomination de ceux qui pourraient être assignés à résidence.

« Le régime des assignations à résidence est modernisé et élargi à toute personne à l’égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace pour la sécurité et l’ordre public. »

Ceci va plus loin puisqu’on passe de la notion « d’activité » dans la loi de 1955 à celle de « comportement », bien plus floue. Ceci signifie donc que toute une gamme de personnes peuvent être assignées à résidence !

On sait que l’état d’urgence permet de saisir des journaux, de perquisitionner et d’établir des couvre-feux .Et si aujourd’hui la création de camps pour des citoyens français est interdite par la loi, rien n’interdit leur possible création suite à la multiplication des assignations à résidence !

Comment ne pas voir dans la décision du gouvernement d’autoriser le port des armes en dehors du service pour les fonctionnaires de police, le danger d’abus et de violences policières parallèles ? Et que dire de la création encore floue d’une garde nationale composée de réservistes ou de la possibilité d’étendre les pouvoirs de police à la police municipale ?

On peut imaginer aujourd’hui une gradation des mesures répressives car, d’après le gouvernement, le plafond n’est pas atteint !

Dans un premier temps, il est prévu d’ici trois mois d’inscrire l’état d’urgence auprès de l’état de siège dans la Constitution, ce qui donnerait plus de marge à l’exécutif, et permettrait de contourner d’éventuelles oppositions parlementaires.

Ou sont-elles d’ailleurs ces oppositions parlementaires ? Tous ont voté pour l’état d’urgence et le PCF c’est abstenu !

Cette loi pourrait donc autoriser les camps d’internement pour les assignés à résidence et la traduction sans délai d’individus devant la justice. Ces pouvoirs spéciaux donnaient aussi des pouvoirs de police aux militaires, notamment les pouvoirs d’arrêter, d’interner et d’interroger des suspects. Ces pouvoirs furent dans un passé assez ressent à l’origine de la généralisation de la torture et d’exécutions sommaires en Algérie mais aussi en France.

L’état d’urgence c’est bien un dispositif qui permet de sortir du droit commun et d’organiser un contrôle radical et disciplinaire des populations.

C’est aussi une mise au pas des contestataires de tout type, comment ne pas y voir les manifestations sociales dés l’instant qu’un premier ministre traite de voyous des salariés qui luttent pour défendre leurs emplois !

A l’heure où l’armée française intensifie la guerre en Syrie, il serait impossible de manifester contre les opérations militaires en cours.

L’état d’urgence n’est-il pas le moyen d’anesthésier les luttes actuelles ?

Oui, l’état d’urgence est bien la marque de la répression arbitraire et de l’instauration d’un régime sécuritaire. Il ouvre la porte à des violences et à la possibilité de créer des camps d’internement, sans prémunir les populations du danger de nouveaux attentats.

Nous avons beaucoup à perdre et à craindre de cet état d’exception que des personnes se réclamant du socialisme instaurent et cela dans une situation ou l’extrême droite progresse dangereusement ! Même si la majorité de son électorat y à trouvé le moyen d’exprimer son raz le bol consécutivement à la déroute du PCF qui persiste à opter pour la lutte des places au détriment de la lutte des classes, abandonnant ainsi la classe ouvrière, le danger répressif n’en est que plus important

Georges Ducasse

 

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