Etat d'urgence : Souvenons nous!

Publié le par FSC

Etat d'urgence : Souvenons nous!

L'état d'urgence dans notre pays  plonge ses racines dans l'héritage colonial "et la gestion guerrière  des revendications d'indépendance" du peuple algérien.

Et c'est à l'occasion de la proclamation de cet état d'urgence et des circonstances que les gouvernements successifs Laniel (à participation socialiste déjà avec Mitterrand, Jules Moch ...), Mendès-France, Gy Mollet, Bourgès-Maunoury, Félix Gaillard, Pierre Pflimlin et enfin de Gaulle interdiront durant 14 ans la manifestation du 1er mai, de 1954 à 1968.

Et il a fallu la puissante poussée des luttes et l'immense mouvement de mai 68 pour que la manifestation du 1er mai redevienne autorisée.

Comme quoi l'état d'urgence est toujours d'"une manière ou d'une autre tourné contre le mouvement ouvrier et le mouvement social.

Raisons de plus de s'opposer à sa prolongation comme Hollande et Valls le souhaitent et encore plus à son inscription dans la constitution

 

Dans une lettre en date du 15 février 1955, le gouvernement indique que le décret-loi du 23 octobre 1935 soumet les manifestations sur la voie publique à une déclaration préalable et permet de les interdire si elles sont jugées de nature à troubler l'ordre public. Il déclare que la mesure d'interdiction dont il est fait état s'inscrit dans le cadre des pouvoirs généraux de police et a été motivée, eu égard aux circonstances du moment, par le seul souci du maintien de l'ordre public.

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photo d'illustration

 

58 personnalités de différents mouvements, artistes, intellectuels, députés et responsables politiques lancent un appel pour la liberté de manifester, contre la criminalisation des mouvements sociaux et en solidarité avec les manifestantEs poursuiviEs.

 

L’interdiction de manifester met en cause  la liberté d'expression, d’opinion, et fait le jeu des ennemis de la démocratie et de la liberté. 

Suite à la manifestation de solidarité avec les migrantEs de dimanche 22 novembre à Paris, 58 personnes ont été identifiées par la police. Il leur est reproché « la violation de l’arrêté d’interdiction de manifester ». Moins de 48h plus tard, des forces de police ont été mobilisées pour amener à leur domicile des convocations et mener les auditions. Les poursuites sont lancées.

Notre meilleure arme face aux terroristes et aux désordres du monde c'est de nous réunir, nous parler, nous rassembler et manifester nos opinions. Voilà ce que Daesh et d'autres veulent interdire. Voilà ce que nous défendons. 

Nous déclarons que nous avons manifesté ou que nous manifesterons pendant l’état d’urgence. 

Nous affirmons notre solidarité avec les 58 personnes poursuivies. Nous exigeons la levée immédiate de toute poursuite à leur égard ainsi que pour toutes celles et ceux qui seraient poursuivies pour le même motif. 

Nous refusons toute criminalisation des mouvements sociaux.

Nous exigeons la levée des interdictions de manifester.

Si le gouvernement cherche, au travers des 58 convoquéEs à nous intimider, nous 58 signataires appelons à être 5800 puis 58 000. Nous ne cèderons pas sur nos libertés. C'est la meilleure façon de rendre hommage aux victimes, de soutenir ceux et celles qui fuient la misère, Daesh et la guerre, de construire la paix.

 

Les 58 signataires : 

Jean-Claude Amara, Clémentine Autain, Sihame Assbague, Jeanne Balibar, Ludivine Bantigny, Francine Bavay, Amal Bentounsi, Olivier Besancenot, Saïd Bouamama, Rony Brauman, Serge Coronado, Annick Coupé, Léon Crémieux, Laurence de Cock, Christine Delphy, Virginie Despentes, Rokhaya Diallo, Cédric Durand, Annie Ernaux, Jean-Baptiste Eyraud,Geneviève Fraisse, Dan Franck, Yves Frémion, Bernard Friot, Jacques Gaillot, Isabelle Garo, Dominique Grange, Kaddour Hadadi (HK), Eva Joly, Nicolas Jounin, Almamy Kanouté, Razmig Keucheyan, Pierre Khalfa, Stathis Kouvelakis, Olivier Lecour Grandmaison, Gilles Lemaire, Frédéric Lordon, Henri Maler, Noël Mamère, Christiane Marty, Xavier Matthieu, Saïmir Mile, Marie-José Mondzain, Gérard Mordillat, Olivier Neveux, Ugo Palheta, Willy Pelletier, Serge Pey, Christine Poupin, Michèle Riot-Sarcey, Julien Salingue, Francesca Solleville, Michelle Sibony, Omar Slaouti, Anzoumane Sissoko, Jacques Tardi, Marcel Trillat, Marina Vlady.

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