SNES-FSU, réforme du collège : déclaration de la tendance Emancipation

Publié le par FSC

C’est un fait : les enseignants sont très majoritairement opposés la réforme du collège, ils ne veulent pas de la remise en cause des disciplines, du cadre national des horaires et enseignements, et de la soumission aux pressions locales ! Les résistances qui se manifestent contre les formations-formatages à la réforme, notamment le 25 Novembre dans l’académie d’Aix-Marseille, en attestent.

Mais le ministère tient encore pour l’instant. Et pour cause, il affirme que la réforme du collège est « une réforme globale, inscrite dans la loi Peillon », il explique que "c'est un ensemble de décrets qui s'emboitent les uns dans les autres et qui ne prennent véritablement leur sens que quand on les voit tous ensemble".

En effet, la réforme du collège EST une application de la loi d’orientation de Juillet 2013, qui fait du socle « le principe organisateur de l’enseignement obligatoire ». Elle annonçait la réforme du collège, programme la territorialisation de l’enseignement, l’autonomie des établissements et l’individualisation des parcours.

La réforme du collège est inséparable de la réforme des programmes, totalement reliés au socle, et de l’évaluation. Elle est calibrée pour imposer l’enseignement par compétences, contre lequel les enseignants résistent depuis 2005, et adapter les contenus en fonction des contextes locaux.

La réforme des statuts (décret d’Août 2014, IMP) constitue la pierre angulaire de la réforme du collège, comme le dispositif de formations obligatoires en donne un aperçu. Le gouvernement ne masque pas que la réforme « donne un cadre pour le travail en équipe qui vient en écho au décret d’Août 2014 reconnaissant toutes les missions liées à l’enseignement ».

La suite, on la connaît. La dérégulation amorcée dans l’éducation prioritaire en donne un avant-goût ; un rapport évoque la possibilité de parvenir à des établissements publics du socle commun (EPSC) regroupant collège et écoles et menaçant les garanties statutaires ; des « concertations » ont démarré sur le lycée, forcément dans la continuité du nouveau collège ; d’autres sont annoncées sur l’évaluation des enseignants.

Une chose est sûre, la refondation de l’école menace toute l’éducation nationale, elle doit être stoppée. Ce qui commence par cesser de participer aux « concertations » avec le gouvernement.

Nous nous félicitons que l’intersyndicale nationale (SNES, SNEP, FO, CGT, SUD, …) se prononce pour l’abrogation de la réforme du collège. Mais nous estimons nécessaire d’avoir une orientation claire face à l’offensive du gouvernement.

Nous considérons que combattre pour l’abrogation de la réforme du collège implique d’exiger :

  • le retrait des « nouveaux » programmes, des nouvelles modalités d’évaluation et du nouveau DNB.

  • l’abrogation des nouveaux décrets statutaires.

Nous nous adressons à l’intersyndicale nationale, afin qu’elle reprenne ces revendications.

Sur ces bases, il est possible d’organiser la résistance dans les collèges et lycées, et de porter un coup aux projets du gouvernement.

Sur ces bases, nous considérons indispensable que les organisations syndicales appellent à tous les niveaux à des AG, permettant aux enseignants de décider dans l’unité de l’action pour obtenir l’abrogation de la réforme du collège, ce qui ouvrirait la voie à la remise en cause de toute la politique scolaire du gouvernement et fournirait un point d’appui à la satisfaction des multiples revendications des personnels (postes, salaires, …).

Publié dans FSU

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RICHAUDEAU 08/02/2016 19:38

Je le trouve juste car il relie la loi Peillon avec le socle (de connaissances et de compétences) et la réforme des collèges (la réforme des statuts n'était pas expressément inscrite dans la loi Peillon). Trop souvent nos syndicats limitent leur opposition à la réforme des collèges alors qu'ils ont approuvé la loi Peillon et la réforme des statuts des enseignants du second degré.
Jean-Pierre richaudeau