Congrès Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône

Publié le par FSC

Congrès Union départementale  CGT des Bouches-du-Rhône

Source : la Marseillaise

Le temps de la riposte et celui de la réflexion pour la

vendredi 5 février 2016 12:32

 
Retrouver les valeurs du syndicat, attirer de nouveaux adhérents et dissiper tous les brouillages idéologiques. Photo umut akar L'utilisation de l'article, la reproduction, la diffusion est interdite - LMRS - (c) Copyright Journal La Marseillaise

Le congrès de l’Union départementale s’est achevé jeudi avec l’élection d'Olivier Mateu comme secrétaire général.

« Je voudrais adresser un nouveau message, clair, net et précis, à ceux qui dans ce pays rêvent de voir les travailleurs qui luttent, qui résistent, être jetés en prison, condamnés, salis. Nous ne vous laisserons pas emprisonner les 8 de Goodyear ni aucun autre travailleur. Nous ne vous laisserons pas museler le mouvement social. Nous n’avons pas peur, nous savons ce que vous voulez et nous ne plierons pas ! »

C’est par ces mots que Olivier Mateu, nouveau secrétaire de l’Union départementale de la CGT des Bouches-du-Rhône, a clôturé le 56e congrès de son organisation. Faisant ainsi écho au rassemblement (lire pages 2 et 3) qui, quelques minutes auparavant, a amené l’ensemble des congressistes à se rassembler, comme c’était le cas dans de nombreuses villes de France pour témoigner de leur soutien aux salariés de Goodyear et de leur volonté à ne pas céder d’un pouce sur les libertés syndicales.

La construction d’alternatives

La veille, c’est un salarié de la Sodexo qui témoignait de la chasse aux sorcières dont il a été victime, ainsi que dix-sept autres de ses camarades, pour avoir exercé leur droit de grève. Mais c’est leur combat, soutenu par l’Union départementale et les Unions locales qui a eu raison de cet acharnement patronal.

« C’est cela notre ambition, notre raison d’être. Capables d’œuvrer à l’amélioration des conditions de travail, tout en participant à la construction d’alternatives porteuses de transformation sociale »,poursuit Olivier Mateu. Lors de la première journée de congrès, une table ronde consacrée à la question industrielle, avait montré la grande diversité des chemins empruntés par les salariés et par leurs représentants syndicaux pour s’opposer aux volontés de destruction d’emplois et des outils de travail. « Face à ces attaques incessantes, patronales et gouvernementales, il nous appartient de créer les conditions (...) pour démonter ces logiques mortifères et les mettre en échec. » Même constat du côté du secteur privé. « Et la soumission au même régime. Pour arriver à leurs fins, tous les stratagèmes sont bons pour détourner la colère et brouiller les repères idéologiques. » Les deux secteurs étant soumis au même régime « assurant au patronat de pouvoir atteindre son objectif de casse du service public ».

Travailler au taux de syndicalisation

Pas d’autre solution pour s’opposer à cette offensive que « d’investir tous les champs de syndicalisation, être partout aux côtés de tous ceux que le capital exploite, exclue, isole. L’évolution des activités, les stratégies patronales, notamment dans l’industrie, ont conduit à une évolution importante du salariat. » Lors des débats, plusieurs intervenants ont souligné tout le travail à mener auprès des ingénieurs, cadres et techniciens, et des avancées notables obtenues quand le syndicat fait réellement son travail en direction de ces catégories de personnel. « Force nous est de constater que notre implantation auprès de ces dernières est encore largement insuffisante au regard de la réalité de nos entreprises. »

Il est vrai que les salariés, comme l’ensemble de la population, sont soumis à un brouillage idéologique sans précédent. Une très dure bataille des idées à laquelle tout le monde doit être associé, attend l’organisation syndicale en une période « où les idées les plus réactionnaires nourrissent le fatalisme, le renoncement et exacerbent toutes les peurs et les haines, conduisant au rejet de l’autre et à la division ». Et Olivier Mateu de rappeler que « la CGT, dans les pires moments de notre histoire, a toujours poursuivi en conscience et sans peur, son combat contre le capitalisme et tous les fascismes. Il nous faut en permanence mener la bataille idéologique contre le FN, sans jamais la déconnecter de notre combat contre le capitalisme. »

Un vaste chantier attend donc tous les militants de l’organisation, de la base au sommet, qui souhaitent que les citoyens disposent de tous « les moyens pour résister et au salariat de ne plus subir et devenir maître de son destin ».

Au sein de ce congrès, des débats très vifs, gages de la vivacité de l’organisation, « nécessaire à la vie démocratique de la CGT ». Et la certitude que revendication et réflexion peuvent faire bouger les lignes.

Gérard Lanux

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