Merci Patron! ... suite

Publié le par FSC

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Article de mediapart

Merci patron !: «On est plus forts qu'on ne le croit»

Et sur France inter :

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23 février 2016 | Par Rachida El Azzouzi

Merci patron !, documentaire inclassable qui montre un couple de chômeurs picards piégeant Bernard Arnault, l'un des milliardaires les plus puissants de ce monde, sort en salle mercredi 24 février. Signé François Ruffin, le film redonne sens et fierté à la lutte. Tout en pleurant de rire. Chronique et interview du réalisateur.

 

C’est un film qu’on aimerait voir avec François Hollande sous les ors de notre République qui ploie sous le poids de sa déchéance. Dans le molleton élyséen, entre 21 heures et minuit, ces heures bientôt plus considérées comme du travail de nuit pour tous ceux qui courbent l’échine au crépuscule pour gagner leur pain, leur loyer, leur vie quand le président aura signé, avec Manuel Valls, les derniers bons à tirer sur le code du travail. C'est un film qu'on aimerait voir avec le président parce que les blagues, les gags, les calembours, c'est son truc. Les arnaques aussi. Tromper, berner, filouter ceux qui l'ont porté au dôme de l'État. Son discours de gauche du Bourget, « mon adversaire, il n’a pas de visage, pas de nom, pas de parti, c'est le monde de la finance », c'était du pipeau. Du spectacle. Guignolesque. Comme ses envolées à l'oreille des ouvriers, des PSA, des Goodyear, des Arcelor, des masses de précaires, chômeurs, « sans dents » de souche ou binationaux qu'il n'en finit pas de déchoir de leurs droits et de plumer à coups de réformes anti-sociales, appliquant mieux que la droite avant lui la bible du Medef.

Ce film qu’on aimerait voir avec le président, juste pour le voir se tordre de malaise sur son fauteuil, lui, ses ministres chargés du sale boulot, Myriam El Khomri, Emmanuel Macron, et quelques grands costumes du capital, c’est « Merci patron ! ».

 

L’histoire d’une gigantesque arnaque où des prolos, cornaqués par un reporter acharné, ridiculisent le milliardaire qui les a licenciés et livrés à la misère : Bernard Arnault, première fortune de France, patron du premier groupe de luxe au monde, LVMH, et de tout un tas de médias. Ce n’est pas une fiction qui s’inspire du réel mais une histoire vraie, tellement vraie et jubilatoire qu’on n’y croit pas et qu'on se frotte les yeux.

Dans la grisaille du Nord saigné par les délocalisations, les licenciements, Serge et Jocelyne Klur, un couple de chômeurs, criblé de dettes, vivote d’un RSA, dîne à Noël d’une tartine de fromage blanc sans chauffage. Des trémolos fatalistes dans leur accent ch’ti, ils attendent avec leur fils que l’huissier vienne saisir leur petite maison acquise à la force du labeur à l’usine Ecce, filiale de LVMH qui fabriquait des costumes Kenzo, délocalisée en Pologne à l'aube des années 2000. Quand soudain « Ruffin des bois » – François Ruffin, journaliste en chef de Fakir, un canard amiénois confidentiel et militant « fâché avec tout le monde ou presque », qui trempe sa plume dans les plaies sociales de la région –, surgit sur le pas de la porte.

 

Introduit par Marie-Hélène – une syndicaliste de la CGT, une authentique, comme on n’en trouve plus que sur le terrain des luttes –, Ruffin, gaucho diplômé, petite bourgeoisie culturelle, fait la promesse de les « sortir de la merde », de « redonner l’argent aux pauvres » : « Je sais ce qui est bon pour vous. » Sans blague. Ce sera à une condition : que les Klur le laissent faire un film, son film. Comme il l’entend, avec son bagout, ses commandements, sa mégalomanie de mercenaire de la conquête sociale qui met en scène son engagement, son ego, un peu ses enfants. Et les Klur seront ses soldats. Le couple, qui guette le dernier coup de sabre qui les jettera à la rue et songe à mettre le feu à la maison « comme dans La Petite Maison dans la prairie », n’a plus à rien perdre. Il accepte d’être le cobaye de Ruffin qui ne maîtrise pas encore toutes les ficelles de sa « machination » mais il a un fil rouge, une obsession : le Français le plus riche du monde. Depuis des années, derrière une moue d’éternel adolescent qui ne se prend pas au sérieux, Ruffin traque Arnault, demande des comptes, se fait virer des assemblées générales par ses « barbouzes ». C’est lui qui a lancé la mode de l’irruption journalistique dans les AG des grandes entreprises après qu’un boursicoteur lui a expliqué qu’avec une seule action, on pouvait pénétrer les temples du capitalisme qui mettent à genoux le monde.

 

Mais ici, Ruffin, risque-tout monomaniaque, flanqué d’un tee-shirt et d’une camionnette « I love Bernard », tente un autre pari. Encore plus cinglé. Et sans aucun scrupule. Faire chanter Bernard Arnault avec des méthodes de pieds nickelés et des caméras cachées dans la salle à manger des Klur. Le pognon (35 000 euros) et un CDI pour Serge dans une enseigne du groupe ou on alerte les médias et Mélenchon. Et il y arrive à mesure que son nez s’allonge ! L’ami du Fouquet’s de Nicolas Sarkozy ou, en tout cas, l’étage de la rue Montaigne au siège de LVMH chargé de son image et sa sécurité, ont encore en tête le « Casse-toi riche con » de Libération en septembre 2012 lorsque le magnat du luxe, roi de l’évasion fiscale, a voulu prendre la nationalité belge avant d’y renoncer, confessant dans un élan patriotique si peu sincère « rester pour contribuer à l’effort de redressement de la France ».

À Poix-du-Nord donc, LVMH mandate un ancien commissaire des renseignements généraux pour acheter le silence des Klur en échange d’un chèque pour payer leurs dettes et un poêle à chauffer. Et c’est là que le film bascule, non, qu’il commence, grâce à cet envoyé spécial qui cherche des magnétophones sous les chaises du salon des Klur comme au temps de la guerre froide pendant que les caméras cachées tournent. Il s’agite en leur servant du « hein biloute ! » teinté d’un mépris de classe qu’il fait passer pour de l'empathie et en leur faisant promettre de ne rien laisser filtrer de leur accord secret, surtout pas à ce journaliste révolutionnaire de Fakir. Il ne faudrait tout de même pas que tous les Klur de France, spoliés par Bernard Arnault, débarquent rue Montaigne...

 

« Réconcilier la France d’en haut avec la France d’en bas »

 

« On n’a pas tous les jours la chance d’avoir des dialogues écrit par Michel Audiard à titre posthume avec un tonton flingueur congelé pendant des décennies qu’on ressort pour nous. C’est même du Alphonse Boudard. » À l’heure du dérushage, en découvrant le potentiel désopilant de l’ex-RG, Ruffin tombe de sa chaise. Celui qui a acquis « une renommée nationale », dit le dossier de presse, en publiant en 2003 les Petits Soldats du journalisme (enquête au vitriol sur les écoles de journalisme qui formatent et décérèbrent), tient son film avec le commissaire et les Klur. Un objet cinématographique inclassable, qui dépasse les frontières entre les genres, les catégories et casse tous les codes.

Il y a du Michael Moore, du Jean-Yves Lafesse, du Michel Audiard, du Molière, du Karl Marx qui nous rappelle que « l’histoire de la société jusqu’à nos jours n’a été que lutte des classes ».

Il y a le refrain entêtant du tube des Charlots, qui a donné son titre au film et aussi un peu de « Striptease » chez les Ch’tis avec bières, maroilles et dérision. Il y a du suspens même si on connaît la fin et du rire, de grands éclats de rire, « la supériorité de l'homme sur ce qu'il lui arrive », disait Romain Gary.

 

un suzerain socialiste, cumulard à la tête du PS de l’Eure et secrétaire général de LVMH

 

C’est ce que voulait Ruffin, sortir du misérabilisme social après seize années à couvrir les fermetures d'usines dans une région où « même les chips (Flodor) se sont barrés »« redonner de la vigueur à la contestation ». Et on se gardera bien de vous raconter les nombreux autres ressorts de son bal farcesque en Picardie. Si, pour la route, il ridiculise aussi un suzerain socialiste, cumulard à la tête du PS de l’Eure et secrétaire général de LVMH (les deux n’ont jamais été aussi compatibles), incarnation pathétique de la gauche néolibérale qui veut nous gouverner : le fabiusien Marc-Antoine Jamet. 

 

« C’est un film d’action directe (…) De celui-ci, on sort chargé comme une centrale électrique et avec l’envie de tout renverser – puisque pour la première fois, c’est une envie qui nous apparaît réaliste (…) De cet événement politique potentiel, il faut faire un événement réel », s’enflamme l’économiste atterré Frédéric Lordon dans les colonnes du Monde diplomatique où Ruffin collabore. Et il a raison. Ce documentaire rare, qui ne montera pas les marches des 20 heures ou de Cannes, financé par la foule via une plateforme de crowdfunding (60 000 euros en trois semaines) et sans un sou du CNC (Centre national de la cinématographie), doit circuler. Rassembler. Secouer. À quelques mois d'une présidentielle morbide dans une France anesthésiée, il faut aller le voir quitte à rouler des kilomètres en covoiturage s'il ne passe pas dans votre cinéma (toutes les salles ici). Parce que c'est un film populaire qui redonne le moral, l’envie de se battre collectivement et qu’il fait date. Signe qui ne trompe pas : le succès des avant-premières dans plus d’une quarantaine de villes et les médias. Même les moins libres recommandent Merci patron !. Enfin pas tous. LVMH est un annonceur de poids pour les journaux quasi tous entre les mains d’industriels milliardaires. Quant aux journalistes des Échos et du Parisien, propriété de Bernard Arnault, ils ont trouvé le film « génial » mais ils n’ont pas le droit d’écrire dessus...

 

Extraits du film et d'une courte conversation téléphonique avec François Ruffin entre deux avant-premières il y a quelques jours.

« I love Bernard »

« Ce film est né à l’automne 2012. Je me sentais morose dans une France morose. J’ai eu envie de mettre un brin de fantaisie dans ma vie sinon c'était la dépression. J’ai revêtu un tee-shirt « I love Bernard » et je me suis lancé à la rencontre d’anciens salariés de Ecce (cette filiale du groupe LVMH délocalisée en Pologne). J’avais sans le savoir fait un repérage. Depuis 2005, je travaille autour de la figure de Bernard Arnault à la fois pour la défunte émission de France Inter, « Là-bas si j’y suis », et pour mon journal Fakir. Je montre les liens qu'on a fini par oublier entre la misère de ma région et l’homme le plus riche de France. L’origine de sa fortune est à quelques kilomètres de chez moi. Quand il reprend dans les années 1980 Boussac-Saint-Frères en promettant aux pouvoirs publics, aux syndicats, aux salariés qu’il va conserver les emplois alors qu’il va les liquider et uniquement conserver Dior. 

J’avais rencontré tous les personnages du film à l’exception de ceux qui me seront envoyés par le groupe LVMH. L’idée de départ, c’était de réconcilier la France d’en haut avec la France d’en bas. Je voulais emmener ces licenciés rencontrer Bernard Arnault en assemblée générale, organiser une confrontation en direct entre le travail et le capital. Ça a échoué mais quand la lutte échoue par un biais, on prend un autre chemin qui produit autre chose. Là, ça donne ce film sur les Klur que je connais depuis 2005, particulièrement dans la merde puisque les deux travaillaient chez Ecce et ont perdu deux salaires d’un coup. Pour moi, ils allaient crever l’écran. Je n’ai pas eu à les convaincre. La première fois que je suis rentré chez eux, deux minutes, après on tournait. Le deal : c’était que je fasse tout pour les sortir de la merde mais en échange, je faisais mon film ».

 

La fierté de lutter

 

« C’est un film, une fable, une métaphore, pas un discours politique. Il s’agit de se reconnaître dans les Klur, dans une petite victoire faite avec ruse et filouterie, de réveiller une fierté de lutter, de redonner de la vigueur à la contestation, de ne plus trouver cela normal, les entreprises qui ferment, qui délocalisent, qui licencient, qui trouvent l’ouvrier français trop cher, pas assez compétitif. L’une des morales du film : on est plus forts qu’on ne le croit et ils sont plus fragiles qu’on ne le pense. »

« Je suis condamné de me transformer en acteur de la transformation »

Serge Klur, le contrat le plus sécurisé du pays

 

« Si Serge Klur qui travaille toujours chez Carrefour perd son emploi à cause du film, on lancera un appel aux dons sur internet. Compte tenu de sa popularité naissante, on trouvera sans mal 30 000 euros pour qu’il parte à la retraite sans avoir à se lever à 4 heures du matin à soulever des palettes de packs d’eau. Et puis il existe encore dans ce pays un droit du travail. La trésorière de Fakir est une conseillère prud’homale. On est entouré de syndicalistes, juristes, avocats en droit social. Une fois qu’on aurait fait partir en retraite Serge, on porterait plainte pour rupture abusive du contrat de travail. Ce serait une grande erreur de Bernard Arnault de se venger et de licencier Serge. On imagine les manifs devant les Carrefour du pays et on se chargerait de les organiser. Je pense que son contrat de travail est un des plus sécurisés du pays. »

 

Réinsérer socialement Bernard Arnault

 

« Je ne sais pas si Bernard Arnault a vu le film. Mais je souhaite qu’il lui permette de se réinsérer socialement, qu’il puisse le voir et se voir au milieu des gens qui rient. J’aurais pu lui envoyer le film mais comme il n’était pas encore étalonné et mixé et que Bernard Arnault est habitué aux produits de luxe, je ne voulais pas lui envoyer quelque chose qui ne soit pas parfait. Cela paraît vraisemblable qu’un type de LVMH soit venu à une avant-première enregistrer avec un téléphone portable le film. Cela m’amuse et me fait chaud au cœur de savoir qu’il craint Fakir [ndlr : 15 000 lecteurs ; 7 500 abonnés, 8 000 ventes en kiosque]. Je vois mes seize années à faire Fakir dans la clandestinité récompensé par mon adversaire. C’est plus flatteur d’être reconnu par ses adversaires que ses laudateurs. Mais je crois surtout qu’il craint l’alliance de Fakir et de la CGT, notre entêtement, qu’on ne le lâche pas, qu'on salisse son image en entraînant avec nous des médias, des politiques, des syndicats. » 

 

MERCI PATRON EXTRAIT 2 L'ASSEMBLEE GENERALE © jour2fete

Moi presque omniprésent à l’écran

 

« J’admire Michael Moore. Je me mets en scène comme lui mais là, où chez lui cela fonctionne par des séquences de trois à cinq minutes, moi, c’est une vraie histoire de A à Z avec des personnages au moins aussi importants que moi et des passages pendant lesquels on ne me voit pas. J’assume le rôle que je m’assigne. Quand on fait un journal comme Fakir, on ne peut se faire d’illusion sur les effets que vont produire nos émissions, on est minuscule, pas lu par les élites ni ministérielles, ni économiques, ni syndicales. On ne peut pas penser qu’il y aura une transformation de la société. Pas comme quand j’étais à « Là bas si j’y suis », où on avait l’illusion de la transformation et d’avoir du poids car on avait 700 000 auditeurs. Je suis condamné à me transformer en acteur de la transformation, pas seulement être informateur, et à assumer le service après-vente. C’est le cas dans ce film mais aussi sur des tas de dossiers qui n’ont pas été l’objet de films, des accidents du travail, des maladies professionnelles qu'on ne s'est pas uniquement contenté de raconter dans des articles. »

 

Un film qui passe aussi bien chez les travailleurs du BTP que chez Lordon

 

« Nos avant-premières dans une quarantaine de villes ont été bien remplies. À Amiens, j’ai invité l’électricien et le peintre qui refont ma salle de bains à venir au cinéma d’art et d’essai, mon entraîneur de foot. Ils ont été enthousiastes. J’ai produit un film qui passe aussi bien chez les travailleurs du BTP que chez Lordon et je suis assez fier. Maintenant est-ce qu’il passera partout, c’est une autre question. J’ai tout fait pour que mon film sorte du ghetto Fakir avec un producteur normal un distributeur, un attaché de presse. Après les journalistes, ils feront ce qu’ils veulent, ce qu’ils peuvent. Des journalistes du Parisien, des Échos (propriété de LVMH) ont bien aimé le film mais m’ont prévenu qu’il n’y aurait pas une ligne. Un autre aussi compte tenu du budget pub de LVMH dans leurs colonnes. Je me heurte à une double barrière : la barrière financière des groupes de presse et c’est un film fait par un inconnu qui parle d’ouvriers pendant une heure et demie. »  

 

Le réveil des betteraves

 

« Il y a plus que jamais la nécessité d’une alliance de Notre-Dame-des-Landes, de Goodyear, de Lordon si on veut affronter l’oligarchie. J’essaie de monter un truc sérieux sur le fond, drôle sur la forme en Picardie : le réveil des betteraves, le 12 mars à Amiens autour des Goodyear et de Merci patron ! avec des intellos parisiens devant le palais de justice de ce tribunal qui a condamné les Goodyear, mais aussi Xavier Mathieu et les Conti. On a un FN à 42-43 % dans le Nord-Pas-de-Calais avec des causes très compréhensibles. On ne peut pas faire ce que les Klur subissent sans que cela produise des dégâts psychologiques qui produisent des conséquences politiques. Il s’agit de rouvrir un truc en se substituant aux partis absents pour que la colère trouve des voix plus progressistes. »

Merci patron!, documentaire français de François Ruffin (1 h 23). En salle ce mercredi 24 février.

 

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François Ruffin à Europe 1 chez Lagardère ... et  Jean-Michel Aphatie

 

 

Sur Europe 1, François Ruffin a choisi de parler du patron de la radio Arnaud Lagardère plutôt que de son documentaire ''Merci Patron''.

Europe 1 doit s'en mordre les doigts. Jean-Michel Michel Aphatie a reçu ce mercredi 24 février dans ''Europe 1 Midi'' François Ruffin. Le réalisateur du documentaire Merci Patron, sorti en salle ce mercredi, devait à l'origine passer dans l'émission de Frédéric Taddeï, ''Social Club'', mais Europe 1 avait préféré annuler sa venue pour cause de sujet sensible.

Dans Merci Patron, qui tourne en dérision Bernard Arnault, François Ruffin filme un couple d'ouvriers du nord de la France au chômage depuis 4 ans après avoir été licenciés par LVMH. En échange de leur silence, le groupe accepte de leur verser 25.000 euros de compensation.

Un Maroilles pour Arnaud Lagardère

A la suite de la polémique liée à la déprogrammation de son passage, Europe 1 a finalement trouvé un nouveau créneau pour François Ruffin. Mal lui en a pris. Le rédacteur en chef de Fakir, "le journal fâché avec tout le monde", a donné le ton immédiatement en annonçant avoir ramené un maroilles pour remercier le propriétaire de la station, Arnaud Lagardère, de lui avoir assuré un tel buzz.

''Cela a suscité un élan de solidarité. Je le remercie pour cette censure'', a déclaré François Ruffin face à un Jean-Michel Aphatie, déjà tancé dans une lettre ouverte très corsée de son interlocuteur, qui n'a pas vraiment goûté cette interview. L'intervieweur a ainsi tenté de l'interrompre plusieurs fois alors que François Ruffin s'emportait contre l'oligarchie qui détient les médias.

La ''désinvolture'' du patron d'Europe 1

''On parle de votre documentaire ou pas là ?'', a lancé plusieurs fois Jean-Michel Aphatie. Mais le réalisateur lui a rétorqué : ''On peut aussi parler de votre patron''. Il a ensuite raconté que, si un salarié lambda s'abstenait d'assister à un conseil d'administration d'EADS, il serait viré, citant également une somme de deux milliards qu'aurait empochée Arnaud Lagardère, dont il a par ailleurs dénoncé la "désinvolture".

 

Jean-Michel Aphatie, de nouveau, a essayé de le faire changer de sujet en disant : ''On vous reçoit avec sympathie (…) votre film est plutôt bien fait même s'il tourne parfois à vide''.

Peine perdue, François Ruffin a préféré claquer la porte du studio.

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