Polyclinique de Gascogne : «Syndicalistes, pas terroristes !»

Publié le par FSC

Deux cents personnes étaient rassemblées hier après-midi devant le commissariat en soutien aux syndicalistes de la CGT. /Photo DDM, Nedir Debbiche

Deux cents personnes étaient rassemblées hier après-midi devant le commissariat en soutien aux syndicalistes de la CGT. /Photo DDM, Nedir Debbiche

Source : La Dépêche

Deux leaders de la CGT auditionnés par la police

Société - Le fait du jour

Deux représentants de la CGT gersoise ont été auditionnés hier au commissariat. La direction du groupe propriétaire de la polyclinique de Gascogne a déposé plainte pour «séquestration» lors de la longue grève de septembre dernier.

La grève avait été longue, les négociations rudes. Visiblement, le rapport de force se poursuit à la Polyclinique de Gascogne, où les salariés avaient cessé le travail durant 29 jours, en septembre dernier. En effet, deux représentants de la CGT ont été auditionnés hier au commissariat d'Auch après une plainte déposée par Jacques Delfosse, le directeur général adjoint du groupe Elsan, propriétaire de la structure, pour «séquestration». Et les deux syndicalistes visés sont bien connus : il s'agit d'Éric Cantarutti, le secrétaire départemental de la CGT, et de la responsable départementale CGT Santé, Angèle Léger. Pour les soutenir, pas moins de 200 personnes s'étaient rassemblées hier après-midi devant le commissariat d'Auch, issues de la CGT mais également de Sud, Solidaires, FSU ou encore du Parti communiste.

«Syndicalistes, pas terroristes !»

Au cri de «Libérez nos camarades !» ou de «Syndicalistes, pas terroristes», les militants rappelaient le contexte de «criminalisation de l'action syndicale», citant les exemples des salariés d'Air France ou de Goodyear.

«C'est incroyable que M.Delfosse dise qu'on l'a séquestré, assure Mme Léger. Il faut savoir que la porte de la salle où on négociait était toujours ouverte. Et puis il nous accuse sur une négociation au 24e jour de grève. Ce jour-là, à la fin de la journée, ses propositions étaient plus basses que le matin… Alors, il y a eu de la colère des salariés : elles ont chanté, hué, tapé dans les mains… Mais c'est tout !» Autre argument : «Il dit qu'il a signé sous la contrainte, mais une semaine après, il signait le même accord à la préfecture devant le médiateur…», assure la syndicaliste. Qui conclut : «Ce qui m'inquiète le plus, ce n'est pas forcément cette plainte, mais c'est cette tendance qu'ont les patrons à casser du syndicaliste…»

Éric Cantarutti, micro en main, juste après être sorti du commissariat, déclarait : «Je veux remercier très chaleureusement les camarades des départements voisins, des syndicats amis. La direction a porté plainte, alors que nous avons juste dit ce que nous demandions. On l'a dit fermement. Il va falloir continuer à combattre fermement quand des camarades sont harcelés du fait de leur militantisme, alors que le code du travail va être démonté.»

Jacques Delfosse et la direction du groupe Elsan, contactés hier par nos soins, n'ont pas donné suite à nos sollicitations.

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