Travailleurs détachés : à Dunkerque Valls et Sapin n'ont rien vu d'anormal

Publié le par FSC

Le plus souvent les grands médias quand ils dénoncent la situation des travailleurs détachés en dénoncent ce qu'ils appellent les abus.

Sauf que ces pratiques sont complétement dans la logique de la concurrence libre et non faussée et dans les pratiques du dumping social favorables à la mise en concurrence des travailleurs et profitables aux profits patronaux.

La preuve dans l'enquête dont il est question ci-après (Cash investigation diffusé mardi soir) lorsque la justice met son nez dans ces affaires le patron incriminé (Bouyghes pour la circonstance) n'est condamné qu'à une amende 100 fois inférieure au montant des cotisations fraudées.

De quoi donc  être encouragé à continuer n'est-ce pas avec une justice bien plus clémente que vis-à-vis des travailleurs d'Air France ou de Goodyear!

Et lorsque le pouvoir politique se déplace en visite de contrôle comme c'est la cas de Valls et de Sapin sur le chantier d'un terminal méthanier à Dunkerque ils trouvent que la situation est tout à fait normale!

Mais sur cette question comme sur bien d'autres tout continuera "normalement" dans "l'Europe sociale" tant que les travailleurs n'interviendront pas avec détermination pour remettre en cause ce système totalement dévoué au MEDEF et à ses soutiens!

Mais il faudra dans la même foulée mettre en cause l'Union européenne elle-même qui n'est que le fondé de pouvoir des défenseurs de la libre entreprise et le vassal de l'empire US.

 

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Source de l'article : le site de Nicolas Maury

Avec la directive "détachement des travailleurs", l’Europe a inventé la délocalisation près de chez soi. Un travailleur détaché, c’est un Européen qui vient exercer son métier en France

Salariés à prix cassé : le grand scandale (Cash Investigation)

Les conditions ? Le patron doit lui payer un salaire français et prévoir de quoi le nourrir et le loger. L’avantage ? Les cotisations sociales sont payées dans le pays d’origine. En France, c’est 38% en moyenne de cotisations patronales, alors qu’en Roumanie, c’est 27%, au Portugal 23%, et en Pologne tout juste 18%... Ce "dumping social" est une aubaine totalement légale pour les employeurs.

Aujourd’hui, on compte officiellement 230 000 travailleurs détachés en France, 30 fois plus qu’il y a quinze ans. Et certains patrons n’hésitent pas à frauder ce système déjà avantageux : ils imposent des salaires au rabais et des horaires de forçat à cette main-d’œuvre docile, qui n’est parfois même pas déclarée. La perte sèche de cotisations pour le système de protection sociale est estimée à 400 millions d’euros. "Cash Investigation" dévoile les méthodes des entreprises pour casser le prix du travail.

Un Meccano à échelle européenne

L’enquête démarre à Dunkerque, sur le chantier d’un terminal méthanier piloté par EDF. Sophie Le Gall a découvert que des ouvriers roumains trimaient jusqu'à 55 heures par semaine, pour moins que le Smic. Certains mois, ils ne sont même pas payés… Des entreprises pourvoyeuses de main-d’œuvre se sont fait une spécialité de ce "détachement frauduleux". La championne européenne toutes catégories s’appelle Atlanco, une entreprise irlandaise d’intérim qui fournit des travailleurs low cost à toute l’Europe, notamment dans l’agroalimentaire ou le BTP. Parmi ses clients, on retrouve des mastodontes comme Bouygues. L’entreprise irlandaise a fait signer des contrats de travail chypriotes écrits en grec à des ouvriers polonais pour travailler en France… Un jeu de Meccano social dans lequel des milliers de salariés ont été bernés et des millions d'euros de cotisations sociales sont partis en fumée.

Fraude sociale et travail dissimulé

Le chantier de l’EPR de Flamanville, le plus grand chantier français de Bouygues, est un exemple emblématique de cette fraude à grande échelle. Une partie des salariés fournis par Atlanco n'étaient pas déclarés. Le préjudice s’élève à de plus de 2,5 millions d’euros pour l’Urssaf. Autant de moins pour les retraites, les allocs, la sécu ou le chômage… Condamné en première instance pour "travail dissimulé", le groupe Bouygues a écopé d’une amende de… 25 000 euros. Un montant 100 fois moins important que les cotisations non versées ! En France, l'ardoise d’Atlanco s’élève à 23 millions d’euros en cotisations et impôts impayés.

Les forçats de la route

Pour le dernier volet de l’enquête, il faut prendre la route. Avec l’ouverture du marché européen, une entreprise française peut sous-traiter le transport d’une cargaison allemande à une firme italienne avec un camion belge conduit par un chauffeur polonais… Dans cet imbroglio de nationalités et de réglementations, les contrôles sont peu efficaces et les chauffeurs européens sont devenus des forçats de la route. Des "esclaves modernes", selon ce chauffeur roumain "détaché" en France qui touche un salaire de 237 euros brut par mois, vit dans son camion et passe ses week-ends sur le parking de son entreprise, faute de pouvoir rentrer chez lui. Son employeur ? Geodis, une entreprise française filiale de la SNCF… Le grand scandale des salariés à prix cassé touche aussi les fleurons du secteur public.

"Salariés à prix cassé : le grand scandale", une enquête de Sophie Le Gall.

On peut revoir l'emission à l'adresse :

http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/cash-investigation/cash-investigation-du-mardi-22-mars-2016_1361051.html

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