En 2010 un résistant refusait déjà le diplôme de l'Elysée

Publié le par FSC

En 2010 un résistant refusait déjà le diplôme de l'Elysée

La résistance ce n'est pas que le passé et le programme du CNR "Les jours heureux" demeure vivant, même s'il doit être actualisé, prolongé, enrichi adapté de manière progressiste et révolutionnaire à notre époque.

L'acte posé par Charles Paperon répondait aux attaques anti-sociales du pouvoir sarkozyste d'alors.
Aujourd'hui l'attaque frontale du pouvoir socialiste épaulé par les dirigeants de la CFDT vient confirmer de quel côté obscur ces forces se rangent et comment ils prolongent et aggravent l'offensive de la droite.

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Source : Le Télégramme de Brest

 

Charles Paperon, ancien combattant volontaire de la Résistance, a refusé hier à Brest (29) de recevoir un diplôme d'honneur attribué par l'Etat. Il estime que le gouvernement actuel démantèle les valeurs du Conseil national de la Résistance.

Cette année, Hubert Falco, secrétaire d'Etat aux anciens combattants a souhaité marquer le 70e anniversaire des combats de 1940 en remettant à chacun des 250.000 anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale, "quels que soient leurs origines, leur lieu de résidence et leurs unités", un diplôme d'honneur.

Un "enfumage" de l'Elysée

Charles Paperon est l'un de ceux-là. Co-président du comité du Finistère de l'Association des anciens combattants de la Résistance (ANACR), il a lutté comme combattant volontaire de la Résistance durant les années sombres.

A l'heure de recevoir son diplôme, pendant la cérémonie commémorant la libération de Brest hier, Charles Paperon a décliné. Il s'en explique. Soutenu par l'association "Citoyens-Résistants d'hier et d'aujourd'hui" qui compte en ses rangs Raymond Aubrac et Stéphane Hessel, Charles Paperon voit en ce diplôme un "enfumage" de l'Elysée qui n'a pas tenu la promesse du candidat Sarkozy de créer une journée nationale de la Résistance le 27 mai, date de la première réunion du Conseil national de la Résistance en 1943.

Un geste appuyé

Si Charles Paperon n'entend pas contester que le gouvernement a reconnu "le rôle actif et décisif de la Résistance", il estime en revanche qu'il démantèle sciemment le programme politique du Conseil national de la Résistance (CNR) publié en mars 1944 sous le titre "Les jour heureux".

Selon l'association de Raymond Aubrac, qui a republié ce texte il y a peu, le programme du CNR annonçait un ensemble ambitieux de réformes économiques et sociales, où figuraient en bonne place la Sécurite Sociale, les retraites par répartition et la liberté de la presse.

"La Résistance ce n'est pas que le passé"

L'association "Citoyens résistants d'hier et aujourd'hui" a été créée pour "réagir à l'imposture sarkozyenne". Ce jeudi, Charles Paperon a indiqué que son geste avait reçu l'aval de l'un des derniers Compagnons de la Libération ainsi que de la fille du colonel Rol-Tanguy.

Pour justifier son refus, il cite enfin Lucie Aubrac : "la Résistance ce n'est pas que le passé, aussi héroïque soit-il, elle s'inscrit aussi dans le présent".

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