CGT, Fonderies du Nord à Hazebrouck : Victoire, les trois salariés réintégrés

Publié le par FSC

CGT, Fonderies du Nord à Hazebrouck  : Victoire, les trois salariés réintégrés

Source : La voix du Nord

La CGT avait mis les gros moyens pour se faire entendre : pneus embrasés, drapeaux, banderoles, mégaphone... Ils étaient une centaine, ce vendredi, à manifester devant les Fonderies du Nord, rue de Merville à Hazebrouck, pour protester contre la mise à pied de trois salariés. Et ils ont eu gain de cause.

Il est 9 h 30, ce vendredi, rue de Merville. Une épaisse fumée noire s’élève dans le ciel. Elle émane des piles de pneus brûlés devant les Fonderies du Nord, pas très loin du Leclerc. C’est là qu’à l’appel de la CGT, une centaine de personnes, drapeaux rouges et banderoles à l’appui, sont venues dire leur soutien aux trois salariés mis à pied pour fait de grève. Tous les trois – Patrick Turpin, Pascal Poiret et Sébastien Bernard – sont là, près des grilles de leur entreprise. « Ça nous fait chaud au cœur de voir un rassemblement comme ça », témoigne Patrick Turpin.

Une situation « scandaleuse »

Les « copains » de la CGT sont venus d’un peu partout. D’Armentières, comme Brigitte : « On est solidaire avec les copains. C’est quand même dommage d’en arriver là à notre époque. »

De Tourcoing pour Samuel : « La CGT, c’est notre famille. Ce qu’on voit ici, c’est une volonté de faire taire toute voix qui se lève dans ce pays pour s’opposer aux régressions. On ne peut pas tolérer ça. » Jean-Pierre D’Haudt était lui venu de Cassel, sous les couleurs du Parti de gauche, pour dénoncer « une situation abominable ». Damien, venu de Lille sous la bannière du NPA (Nouveau parti anticapitaliste), jugeait la situation « scandaleuse. Le droit de grève, c’est encore un droit dans le pays. On est là pour le faire respecter ».

Les manifestants ont fait le pied de grue toute la matinée devant les Fonderies du Nord, barrant la circulation rue de Merville. Régulièrement, des slogans fusaient. « Liberté syndicale, Germinal, c’est fini », pouvait-on par exemple entendre.

« On ne licencie pas pour fait de grève. La dernière fois qu’on a vu ça, c’était en 1948, c’était avec les mineurs ! » Remonté, David Waegemacker, à l’origine du mouvement, a émaillé la matinée d’actions coups de poing. Comme à 10 h 40, quand il a emmené plusieurs manifestants coller des affiches revendicatives sur les grilles de la maison de François Segard, patron des Fonderies du Nord.

« On a gagné ! »

Les trois salariés mis à pied ont été reçus, chacun leur tour, par François Segard. Vers 12 h 30, c’est Sébastien Bernard qui est venu transmettre la nouvelle aux collègues, le sourire aux lèvres : « On a gagné ! Il lâche l’affaire. » « C’est un soulagement pour nous, pour nos familles, commentait Patrick Turpin. Et c’est une grande victoire pour la CGT. On continuera néanmoins la lutte contre la loi El Khomri. »

Les trois salariés reprendront le travail lundi. C’est sous les applaudissements nourris d’odeurs de barbecue que le rassemblement s’est dispersé. Satisfait.

 

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