Chercheurs précaires de l'enseignement supérieur en lutte contre la loi travail

Publié le par FSC

 

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Nous, doctorants et docteurs sans postes du Laboratoire des Sciences Sociales du Politique (LaSSP, IEP de Toulouse), ATER, vacataires ou personnel contractuel de l’IEP de Toulouse, exprimons publiquement notre opposition totale au projet de loi dit «Travail» et nous associons au mouvement inter professionnel du public, du privé, lycéens, étudiants et autres réclamant son retrait sans concessions.

Le Code du travail, produit de nombreuses luttes sociales depuis sa création en 1910 au lendemain de la plus grande catastrophe minière d’Europe à Courrières, est aujourd’hui le principal outil de protection des travailleurs et travailleuses. Au-delà des attaques ciblées de cet outil - que d’autres ont bien mieux analysé que nous ne pourrions le faire (Gérard Filoche, nos collègues du LEST, etc.) - nous contestons la vision du travail et des relations professionnelles véhiculées par cette réforme.

Elle favorise une précarisation et une flexibilisation généralisée des travailleurs et travailleuses en renforçant leur subordination aux employeurs. En faisant primer les négociations d’entreprise sur la loi et en encourageant l’individualisation de la relation d’emploi, cette réforme prive les travailleurs et travailleuses de leur principale ressource pour lutter contre leur sujétion : l’action collective.

Ce projet de loi s’inscrit dans une succession d’autres mesures (LOLF, LRU, etc.) consistant en un désengagement massif de l’État au profit de politiques néolibérales (impératif de réduction des coûts et de maximisation des profits, rentabilité à court terme, généralisation de l’évaluation et de la mise en concurrence des salariés), mises en place sans concertation des travailleurs et en toute ignorance des réalités professionnelles. Ces processus, que le projet de loi tend à généraliser à l’ensemble des secteurs professionnels, sont déjà bien ancrés dans l’Enseignement supérieur et la Recherche, notamment depuis l’entrée en vigueur de la LRU en 2007. A tous niveaux, les personnels de l’Université sont précarisés : multiplication des CDD sans réelle promesse d’embauche, individualisation de la relation salariale, baisse des ressources et augmentation de la population étudiante… Les jeunes chercheurs subissent particulièrement ces effets :

 

http://icons.iconarchive.com/icons/tatice/cristal-intense/16/Fleche-droite-rouge-icon.png Organisation de la pénurie des postes, accroissement des contrats courts, paiement à la tâche, généralisation du travail gratuit, financement des thèses et du travail par les allocations chômage ;

http://icons.iconarchive.com/icons/tatice/cristal-intense/16/Fleche-droite-rouge-icon.png Intensification de la compétition, élévation sans fin des critères de recrutement, recrudescence des inégalités d’accès aux emplois stables et à la formation ;

http://icons.iconarchive.com/icons/tatice/cristal-intense/16/Fleche-droite-rouge-icon.png Soumission de la recherche à des impératifs de productivité et de rentabilité immédiates, multiplication des tâches administratives et des financements au projet, normalisation et standardisation des « résultats », injonction à toujours « en faire plus » dans des délais qui sans cesse se réduisent, laboratoires et salles de cours qui tombent en ruine, amphis pleins à craquer ;

http://icons.iconarchive.com/icons/tatice/cristal-intense/16/Fleche-droite-rouge-icon.png Isolement croissant des jeunes chercheurs dans leur travail, pression permanente, instabilité financière et insécurité matérielle durables, primat des logiques de survie sur la vie.

L’Enseignement supérieur et la Recherche est l’exemple frappant que la précarisation de l’emploi ne mène pas à la création de postes pérennes. Depuis plus de 20 ans, les réformes de l’Université ont constitué l’avant-front de ce que nous réserve la loi « Travail ». Elles ont eu pour seul effet de produire un épuisement généralisé et une colère durable chez les personnels de l’Université de tous statuts, en premier lieu les plus précaires.

Pour ces raisons, les jeunes chercheurs et chercheuses du LaSSP s’associent au mouvement de contestation de la loi dite « Travail » et soutiennent toutes les initiatives visant à :

http://icons.iconarchive.com/icons/tatice/cristal-intense/16/Fleche-droite-rouge-icon.png Réaffirmer la nécessité d’un code du travail ambitieux et solide, protégeant l’ensemble des travailleurs et travailleuses, et mettre en place des mesures créant des emplois stables et décents pour tous.

http://icons.iconarchive.com/icons/tatice/cristal-intense/16/Fleche-droite-rouge-icon.png Rompre avec l’idée selon laquelle le travail est la seule voie de réalisation et d’épanouissement des individus.

http://icons.iconarchive.com/icons/tatice/cristal-intense/16/Fleche-droite-rouge-icon.png Promouvoir les initiatives visant à la suppression des rapports d’exploitation et de subordination dans les processus créatifs

 
 Pour ces raisons également, nous soutenons la mobilisation des précaires de l’ESR (http://precairesesr.fr) qui aura lieu ce mercredi 13 avril dans le cadre du mouvement d’opposition à la loi « Travail » : nous participerons au cortège toulousain et nous encourageons l’ensemble des collectifs de précaires à rejoindre les rassemblements qui s’organiseront partout en France.

 

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