Ouverture du congrés de la CGT à Marseille

Publié le par FSC

 Olivier Mateu secrétaire de l'UD du 13 et Philippe Martinez à la tribune
 Olivier Mateu secrétaire de l'UD du 13 et Philippe Martinez à la tribune

Olivier Mateu secrétaire de l'UD du 13 et Philippe Martinez à la tribune

La CGT a certes d'énormes problèmes à résoudre, à commencer par des questions d'orientation et de stratégie en phase avec les enjeux auxquels sont confrontés les travailleurs et la nécessité dans l'immédiat de conduire l'actuel mouvement contre la loi travail à la victoire, c'est-à-dire au RETRAIT!

Mais avec les "grands" médias le décor est planté : la principale préoccupation du congrés et des délégués serait de garder la première place dans le monde syndical qui de surcroît serait menacée par ... la CFDT. Cette dernière pouvant bien sûr compter sur le PS et le MEDEF pour l'aider secrétement dans les consultations électorales de l'année 2017. ce qu'ils se gardent de révéler!

Les délégués ne s'y sont d'ailleurs pas trompé qui ont hué copieusement les représentants du PS et de la CFDT égarés dans le congrés.

En même temps silence sur les politiques régressives mises en oeuvre par la droite et à présent le parti socialiste et l'agression générale contre les conquis sociaux : c'est ça le devoir d'informer.

Toutes choses qui n'étonnent pas au fond et qui soulignent la responsabilité des militants.

Le vrai décor : celui des luttes et de la résistance

 

Et c'est le secrétaire de l'Union départementale des Bouches-du-Rhône, Olivier Mateu qui en allocution de bienvenue va rappeler la permanence de l'affrontement avec le capital et les forces qui le soutiennent en France et dans la région. Du Front populaire avec ses conquêtes en passant par les initiatives de réquisition des entreprises stratégiques à la Libération jusqu'aux luttes présentes de résistance à la casse des entreprises et des services publics avec la lutte emblématique des Fralib.

L'allocation d'ouverture de Philippe Martinez

 

Elle va réaffirmer les orientations actuelles de la CGT  dont on retiendra les traits saillants suivants :

- Si la CGT est attaquée comme elle est c'est qu'elle est bien vivante

- La répression contre ses militants (Goodyear, Air france ...), les attaques contre les Bourses du travail attestent de la vindicte  de la droite, du MEDEF et du pouvoir contre la résistance des travailleurs

- La loi travail, Sarkozy applaudit, le MEDEF en rêvait et Hollande veut le faire

- La CGT ne peut cependant se cantonner à la contestation et nos idées progressent comme c'est la cas des 35 heures

- Pas de syndicalisme d'experts et nécessité pour les militants et les délégués de rééquilibrer à tous les niveaux le temps passé dans les institutions et celui avec les salariés (risque d'institutionnalisation)

- Besoin de rexonstruire un secteur industriel public et donc de nationalisations

...

Mais c'est sur 2 questions que Ph. Martinez va insister  et qui il l'avoue font débat dans la CGT comme les vives réactions de la salle vont d'ailleurs en attester :

 

  • La question de la stratégie et de la convergence des luttes :

    sur ce point  Ph. Martinez s'en tient à des généralités (écart d'aucune forme y compris la grève générale reconductible les salariés étant  appelés à décider en dernière instance) sans aborder la responsabilité concréte et immédiate du congrés lui-même d'avoir à prendre une décision sur l'issue de la bataille engagée contre la loi travail.
    C'est d'ailleurs ce qu'un intervenant mandaté par son organisation rappelera un peu plus tard en inistant sur le fait que le congrés est attendu par l'actualité et en appelant à l'organisation d'une discussion de 2 heures sur cette seule question conclue par une décision et une motion d'actualité.
    On notera que la présidente de séance s'est empressée de renvoyer la décision au niveau du Bureau du congrés de ce mardi matin et on attend avec beaucoup d'impatience et d'attention la décision qui sera prise à l'égard de cette proposition.

     
  • La question de l'unité et du "syndicalisme rassemblé",

    orientation qu'il va tenter de justifier au final à l'instar du document d'orientation qui affirme l'attachement viscéral de la CGT au-dit "syndicalisme rassemblé". Tout en reconnaissant pour la première fois l'erreur d'une relation exclusive et privilégiée avec la CFDT. Il est vrai que l'accueil du congrés à la présence d'une délégation de la centrale de Laurent Berger ne laissait place à aucun doute sur le sentiment profond des militants.
    Il s'agit donc de justifier en particulier l'attitude de la direction confédérale dans la conduite de l'action contre la loi travail.
    Il s'agirait d'avancer avec certains (la CFDT n'est-ce pas?) sans en faire un partenaire privilégié, de travailler avec tout le monde sans écarter personne et au final de poursuivre avec tous ceux qui le souhaitent par exemple sur la base du retrait de la loi.
    Mais c'est un peu refaire l'histoire dans la mesure où la première intersyndicale nationale qui regroupait effectivement tout le monde, donc y compris la CFDT n'avait pas fixé l'objectif du retrait de la loi et avait cantonné le contenu revendicatif à la contestation du plafonnement des indemnités en cas de licenciement abusif en renvoyant de plus l'action  à la fin mars.
    Et il a fallu l'intervention des bases militantes et la contestation de cette orientation initiale pour que monte l'exigence du RETRAIT ET la volonté d'une action plus immédiate pour le 9 mars qui a marqué un tournant dans le conflit.
    Ce qui s'est passé et la montée du mouvement, ce n'est donc pas le résultat de la stratégie du syndicalisme rassemblé, mais précisément sa contestation en bas.
    C'est aussi dire que sur ce point la contestation de cette orientation est plus que jamais nécessaire!

C'est donc avec attention que ce mardi 19 avril on suivra la poursuite des travaux et des débats du 51e congrés.

Les interventions internationales

On notera enfin la longue intervention des représentants de la Confédération Syndicale Internationale (CSI) et du secrétaire général de la Confédération Européenne des Syndicats (CES) , Lucas Vincenti en espérant que les délégués qui exigent un débat de fond disposent du temps nécessaire eux aussi à l'exposé de leurs analyses.

Pour faire court et donner à sourire on retiendra cette révélation du secrétaire général de la CES qui avoue -sans doute un peu honteux- avoir un passé italien d'activiste "dans le feu des négociations" !!!

Mais on comprendra cette ardeur quand il martelle dans son intervention que son thème privilégié comme objectif du syndicalisme c'est "la négociation, la négociation et encore la négociation" sans laquelle d'après lui les syndicats n'existeraient plus.

Et son appel au respect des engagements pris par Jean-Claude Juncker au congrés de la CES à Paris en octobre 2015 en matière de droits sociaux oublie de signaler le comportement répressif et ignoble du personnage à l'endroit du peuple grec comme sa complicité avec la fraude fiscale dans le paradis fiscal européen qu'est le Luxembourg et dont il a dirigé le gouvernement jusqu'en 2013.

Mais il est vrai que dans ce domaine aussi les promesses n'engagent que ceux qui y croient ou font semblant d'y croire pour détourner les travailleurs des luttes nécessaires.

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Photographie du congrés :

980 délégués

dont 763 participants pour la 1ère fois

405 femmes

2 jeunes de moins de 25 ans

200 de moins de 30 ans

118 de moins de 35

869 CDI

882 actifs 91 retraités et 7 sans emploi

délégués du privé majoritaires avec 55,2%

 

384 employés

215 ouvriers

330 Ingéniers, cadres, techniciens

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Pour les vidéos en direct ou en différé adresse sur le site de la CGT :

http://www.51congres.cgt.fr/

 

 

 

 

Ouverture du congrés de la CGT à Marseille

Publié dans CGT 51E CONGRES

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