Criminalisation de l'action syndicale et manipulation des casseurs

Publié le par FSC

Cédric Caubère secrétaire départemental de la CGT.

Cédric Caubère secrétaire départemental de la CGT.

Source : La Dépêche Interview de Cédric Caubère est secrétaire départemental de la CGT.Interview de Cédric Caubère est secrétaire départemental de la CGT.

Qu'entendez-vous par «criminalisation de l'action syndicale» ?

C'est lorsque les militants et les syndiqués sont traités comme des criminels. Elle a pour but de détourner le mouvement de ses vrais objectifs. Quand les syndicats tentent de sortir des griffes de la justice des militants innocents, ça détourne du cœur du combat qui est la lutte contre le projet de loi El Khomri.

Comment se traduit-elle concrètement dans la rue ?

L'un des derniers cas en date, c'est l'interpellation de militants lors de l'occupation de la permanence de la députée Martine Martinel, alors qu'ils n'avaient commis aucune dégradation et n'étaient à l'origine d'aucune violence.

Peut-on parler de violences policières ?

Oui. Les derniers exemples sont révoltants. Mercredi dernier, lorsqu'une manifestation spontanée s'est engagée vers le siège du PS, les manifestants ont été gazés et chassés à coup de grenades. C'était une dispersion violente pour une manifestation qui ne l'était pas.

Qui sont les casseurs qui se glissent parmi les manifestants ?

En marge des manifestations, il peut y avoir des gestes violents de la part d'individus connus de la police, c'est eux qu'on appelle les casseurs.

Pourquoi dîtes-vous qu'ils sont connus de la police ?

Ce qui laisse la CGT interrogative est que ces personnes-là ne sont jamais interpellées. Cela laisse penser qu'il y a des consignes venant de plus haut, pour laisser courir ces casseurs et ainsi générer une situation de violence. Ce sont des ordres qui visent à décrédibiliser le mouvement social.

Comprenez-vous la fatigue des policiers qui sont mobilisés au quotidien ?

Nous pensons que les salariés de la police sont les premières victimes. Aujourd'hui, la police reçoit des ordres qui vont à l'encontre de sa mission de protection de la population. Mais en parlant de «haine anti-flics», les syndicats policiers, ont une vision extrêmement corporatiste, ils se trompent d'analyse et ne perçoivent pas les vraies problématiques.

Êtes-vous d'accord pour dire qu'il existe une «haine anti-flics» ?

Non. Pour nous il n'y a pas de haine anti-flics mais une dénonciation de comportements qui ne sont en désaccord avec les missions de service public.

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