Nantes : universitaires contre la répression et contre la loi travail!

Publié le par FSC

Soutien aux précaires de l'ESR et au mouvement contre la « loi travail »

 

Conformément à la mission de service public que lui a confiée l'État, l'UFR de sociologie de l'Université de Nantes forme à l'analyse des transformations sociales et contribue de ce fait à aiguiser la vigilance sociale et le sens critique de ses étudiants. À Nantes, ces derniers ont été particulièrement investis depuis le début de la mobilisation contre la « loi Travail ».

 

L'UFR de sociologie de Nantes manifeste son inquiétude vis-à-vis du traitement dont cette mobilisation fait l'objet. Les interdictions de manifestations, le renforcement de la présence policière, la brutalité des nouvelles formes du maintien de l'ordre ainsi que la multiplication des gardes à vues et des comparutions immédiates traduisent un durcissement de la répression. Certain-e-s militant-e-s ou manifestant-e-s se voient exposé-e-s à des charges extrêmement accablantes : ainsi le cas d'une étudiante en licence de science politique à l’Université de Picardie dont la presse s'est fait l'écho, qui encourt 5 ans de prison ferme pour avoir lancé un micro en direction des forces de l’ordre, sans occasionner de blessure (Courrier Picard – 18/05/2016). D'autres – parmi lesquels un étudiant inscrit en Master 2 à l'UFR de sociologie de Nantes – tombent désormais sous le coup d'une législation dite « anti-terroriste » en se voyant interdire d'exercer leur droit de manifester jusqu'à la levée de l'état d'urgence.

 

Si l'omniprésence de la figure du « casseur » et la mise en spectacle des affrontements avec les forces de l'ordre dans les médias, de même que la multiplication des références aux « radicalisés » et à « l'ultra-gauche », procurent assurément un appui à une telle répression, elles offrent cependant une vision passablement biaisée du mouvement social en cours et des logiques qui le sous-tendent. Cette représentation médiatique et gouvernementale doit être « renversée » comme le souligne de nombreux universitaires et militants de la société civile (Libération – 26/05/2016).

 

Par ailleurs, l'UFR de sociologie de Nantes estime que les dispositions prévues par la loi El Khomri ne feront qu'entériner un contexte global de précarisation du travail qui, au demeurant, n'épargne pas le secteur de l'enseignement supérieur et de la recherche : la baisse constante des recrutements et le recours accru à des contrats précaires faiblement rémunérés entraînent des surcharges de travail considérables et détériorent les relations de travail ; in fine, elles impactent profondément la qualité de la recherche et des enseignements.

 

Pour toutes ces raisons, l'UFR de sociologie soutient le collectif national des précaires de l'ESR (3) et, plus largement, le mouvement social contre la « loi Travail ». Elle rappelle que la contestation est un droit garanti par la Constitution, et considère à ce titre que la tournure de la répression représente une grave dérive gouvernementale contre l'exercice de la démocratie.

 

 

(1) : http://www.cresppa.cnrs.fr/

 

(2) : http://precairesesr.fr/

 

Nantes, le 1er juin 2016

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