Pujadas et Nathalie Saint-Cricq n'arrêtent pas de s'essoufler!

Publié le par FSC

Pujadas et Nathalie Saint-Cricq n'arrêtent pas de s'essoufler!

Source : Article du site d'ACRIMED :

http://www.acrimed.org/Loi-Travail-un-mouvement-qui-n-en-finit-pas-de-s

Loi Travail : un mouvement qui n’en finit pas de « s’essouffler »

par Olivier Poche

Notre Lexique pour temps de grèves et de manifestations en donnait la définition dès 2003 :

« Essoufflement » : Se dit de la mobilisation quand on souhaite qu’elle ressemble à ce que l’on en dit.

Lors de chaque mobilisation sociale d’ampleur en effet, difficile de ne pas entendre ou lire, dans les « grands médias », cette formule, qui, sous la forme d’une interrogation ou, pire, d’un constat, informe moins sur l’évolution du conflit que sur la vision qu’en ont les médias qui le (mal)traitent. Si la mobilisation a le malheur de s’amplifier, on parlera de « contagion » qui « s’étend », de « jeudi noir » et de « galères » tous azimuts. Au moindre reflux apparent, généralement fondé sur les chiffres officiels, souvent mieux adaptés, on annoncera avec soulagement le « début de la fin ».

Le mouvement contre la Loi Travail, qui dure depuis mars dernier, n’a pas dérogé à la règle : ces derniers jours, en particulier, les articles et les reportages se sont ainsi multipliés pour diagnostiquer un « essoufflement » de la mobilisation qui, c’est certain, ne « passera pas l’été ». Mais depuis quand ce diagnostic – qui n’est encore, à l’heure où nous écrivons, qu’un pronostic… – a-t-il été posé ? Nous nous sommes penchés sur la question, en tentant de remonter le fil médiatique de « l’essoufflement » du mouvement. Et le verdict est sans appel : à en croire les médias dominants, le mouvement s’essouffle… depuis le début.

Un mouvement s’essouffle toujours (au moins) deux fois

Nathalie Saint-Cricq, éditorialiste figaresque égarée sur le service public, l’avait annoncé dès le 23 mai dernier, en réponse à une question de David Pujadas s’inquiétant de savoir si on assistait « à une radicalisation de la CGT » :
– Nathalie Saint-Cricq : « Ah ben clairement David, à une radicalisation tous azimuts et une technique révolutionnaire bien orchestrée ou comment paralyser un pays malgré une base rabougrie et même si le mouvement s’essouffle. »

C’était donc entendu, le mouvement s’essoufflait. Trois semaines plus tard, la journée de manifestation nationale du samedi 14 juin est marquée (notamment) par de colossaux écarts entre syndicats et préfecture de Police dans le décompte des manifestants. On en a compté, sur toute la France, 120000 selon la Préfecture, et 1,3 million selon les syndicats. À Paris, Préfecture et syndicats sont d’accord pour relever des chiffres en hausse, mais qui n’en sont pas moins très éloignés : 75000 selon la Préfecture, 1 million selon les syndicats. À Marseille, 5000 selon la Préfecture, 140000 selon les syndicats. Difficile d’y voir clair… Il est donc logique de faire appel à l’experte maison, accessoirement cheffe du service politique, pour répondre à la question qui préoccupe l’éditocratie française, représentée ce soir-là, comme de coutume, par David Pujadas :
– David Pujadas : « Alors, va-t-on vers la fin du mouvement ? […] Peut-on parler de démonstration de force ou de chant du cygne pour ce mouvement ? »

La réponse, d’une remarquable impartialité, mérite d’être savourée à petites lampées :
– Nathalie Saint-Cricq : « Eh bien un peu des deux, David, parce que ça devait être ce soir une sorte d’apothéose, vous savez, le fameux “Ça va être énorme !” de Philippe Martinez, résultat une assez forte mobilisation, mais beaucoup moins que ce qu’annonce la CGT, et peut-être un petit peu plus que ce qu’annonce la police, mais c’est en même temps très clairement le chant du cygne, car ce qui compte, ce qui pèse, c’est-à-dire les grèves, et bien là, ça s’essouffle, le pays n’est pas bloqué, donc cela s’appelle le commencement de la fin. »

Nathalie Saint-Cricq, elle, ne s’essouffle jamais [1]. Mais elle n’est pas la seule. En réalité, la prophétie (que les prophètes espèrent auto-réalisatrice) de l’essoufflement est une constante au sein des médias dominants, comme on s’en convaincra aisément avec ce petit passage en revue – non exhaustif – du « commencement de la fin » qui a commencé en réalité dès le début…

Le commencement de la fin

L’essoufflement du mouvement commence en effet très tôt. Après un mois de mars marqué par des manifestations le 9, le 17, puis une grande manifestation nationale rassemblant entre 400000 et 1,2 million de manifestants le 31, la question se pose dès le 9 avril, sur RFI :

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