En mémoire de toutes les victimes de Nice : unis face à la barbarie

Publié le par FSC

RASSEMBLEMENT DE RECUEILLEMENT 

A LA MÉMOIRE DES VICTIMES DE L ATTENTAT DE NICE 

PLACE DE LA REPUBLIQUE 

LUNDI 18 JUILLET 2016  - 18H30

 

 

Chers-es tous tes 

Nous appelons à un Rassemblement le Lundi 18 juillet 2016 à 18h30 place de la République pour un recueillement,  à la mémoire de toutes les victimes de l' attentat de Nice.

- Dépôt de gerbes de fleurs à leurs mémoires  

Nos condoléances à toutes les familles des victimes de l'attentat de Nice, aux familles des victimes d'origine tunisienne, Olfa Bent Souyah 31 ans , Bilal Labaoui 29 ans, originaire de Kasserine et Mohamed Ben Abdelkader Toukabri 28 ans 

Premiers signataires 

- Fédération des Tunisiens  Citoyens des deux Rives - FTCR 

- Association Démocratiques des TunisIens en France - ADTF 

- Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens - UTIT 

- Association Interculturelle de production de Documentation et de Diffusion - AIDA 

- Collectif 3C 

- Collectif des Femmes Tunisiennes - CFT

- Union des Tunisiens pour une Action Citoyenne - UTAC 

- Association Vérité et Justice pour Farhat Hached - AVJFH 

- Association des Tunisiens du Nord de la France - ATNF

- Comité pour le Respect des Libertés et des  Droits de l'Homme en Tunisie -CRLDHT

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Communiqué de Jean-Jacques Candelier, Député du Nord
 

Nice : Hommage aux victimes et à leurs familles

Hier, jour de la fête nationale, un acte barbare et d’une incroyable lâcheté a causé la mort de plusieurs dizaines de personnes à Nice. Mes pensées les plus émues et les plus solidaires vont vers les victimes et les familles touchées par ce drame odieux.  Après Paris, Bruxelles, Istanbul, Bamako, Abidjan, Bagdad, la France se sent à nouveau profondément meurtrie.

Le président Hollande a annoncé que l’état d’urgence serait à nouveau prolongé de trois mois. Ce dispositif ultra sécuritaire n’a pourtant pas pu empêcher qu’un fou furieux puisse s’engager en camion dans l’un des plus importants sites touristiques du pays pour produire le massacre d’hier soir.

Je continue de penser que l’efficacité des mesures d’exception est discutable. La commission d’enquête parlementaire sur les attentats a elle-même adopté dans ses conclusions que l’état d’urgence avait une « portée limitée ».

La vraie urgence pour moi, c’est celle des moyens donnés au renseignement, à la police et à la justice.

Concernant le terrorisme, la question à poser est également celle de notre politique étrangère. Riposter à la violence terroriste par la seule voie militaire, sans stratégie politique visant le retour de la paix et le développement des territoires touchés, serait une grave erreur qui permettrait aux barbares d’atteindre leurs objectifs. Nous ne pouvons continuer à nourrir nous-mêmes les logiques de guerre dans lesquelles les terroristes veulent nous entraîner. Le sécuritaire et le militaire ne sauraient absorber tout le politique, même en ces temps exceptionnels.

Plus que jamais, soyons forts et unis. Relevons la tête, rassemblons-nous.

Le 15 juillet 2016

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Jean Ortiz

Dans grand Soir et dans l'Humanité

La peluche ensanglantée

Elle gît la peluche, près du petit corps recouvert du voile de la mort. Cette photo, insupportable, inconcevable (devait-on la publier ?) va nous hanter longtemps, sans doute jusqu’au bout du chemin. Comment la dépasser ? Impossible résilience. Il y a des peluches qui hurlent, qui pleurent, qui geignent, qui implorent, qui accusent, qui condamnent à mort...

On n’a pas le droit de faire du mal à une peluche. Que deviendrait ma Lucie sans sa peluche ? Elle dort dans les bras de « Vlad », son copain l’ours peluche, et tient par la main

son « bébé » peluchette, qu’elle caresse jusqu’au beau « pays des merveilles ». Elle n’aime pas le « marchand » de sable ; le sable, cela ne se vend pas.

Ce soir, les peluches de Lucie se taisent, essuient leurs yeux qui n’en finissent pas de couler ; quelques unes se dressent et crient « salopard ». C’est primaire, instinctif je l’avoue, et dangereux ; la haine peut soulager, mais ne fait rien avancer. Comment est-il possible que notre monde produise de tels monstres, manipulés, instrumentalisés, ou pas ? Faut-il qu’il soit agonique, cannibale, faut-il que notre société soit en passe de perdre toute humanité, tout espoir, pour écraser ainsi la tendresse et tuer une peluche ?

Et qu’ils sont laids la plupart de nos « politiques », ceux qui n’attendent même pas que le sang sèche pour s’approprier la peluche, pour en tirer quelques misérables bénéfices. L’histoire retiendra qu’ils ont osé , que des médias ont « mis en boucle » pour faire bouillir la colère et flamber « l’audimat », nous expliquer qu’ils n’avaient finalement pas grand chose à dire... mais qu’il fallait occuper l’antenne. J’ai trouvé la peluche bien plus digne que ces charognards. La peluche se suffit à elle-même.

J’ai aimé la retenue, la dignité des miens, les communistes, les humanistes sincères, les révolutionnaires, les syndicalistes, les militants « de verdad »...

Et qu’ils sont vilains, les uns et les autres, tous ceux qui en rajoutent, qui sans être juges mènent quand même l’enquête à leur façon, signalant d’emblée les présumés responsables, tous ceux qui récupèrent avec « opportunisme » les monstruosités, la douleur, l’horreur, pour soigner leur côte de popularité, pour ouvrir des brèches criminelles entre les peuples , pour désigner toujours les mêmes « fous », les mêmes « loups sauvages ». Sont-ils vraiment « fous », ces « loups sauvages », ou fanatisés, aveuglés, fascisés ? Le résultat est certes le même, horrible, mais réfléchissons un moment : le terrorisme ne tombe pas du ciel. Il naît de fractures, de fêlures, de rejets, de discriminations, d’intolérances ; de violences sociales, guerrières, de frustrations, d’humiliations... C’est contre tout cela qu’il faut être « en guerre ».

La France, et c’est douloureux, n’incarne plus pour des millions d’hommes, chez elle et dans le monde, les valeurs fondatrices du « 14 juillet », celles pour qui des milliers de militants, de Résistants, donnèrent leur vie, celles que nous aimons et portons en nous dans nos résistances, nos combats pour un monde plus juste, plus solidaire. Désirable. Un monde où des avions de « muerte » n’iraient pas la nuit, loin de « chez nous », bombarder d’autres peluches. Pourquoi ? Pour qui ? Un monde où les gamins palestiniens pourraient se baigner en paix. Sans drones à la place du soleil. Un monde où les enfants de Nice et d’ailleurs joueraient toute la nuit sur les fronts de mer. Un monde sans « fous ».

Ne pleure pas peluchette... Nous allons écarter les méchants, tout faire pour réduire les fractures, et pour créer du lien, du sens, de la compréhension, de l’humanité, et t’aimer davantage. Ensemble. T’aimer davantage, peluchette.

Jean ORTIZ
Samedi, 16 Juillet 2016.

 

 

En mémoire de toutes les victimes de Nice : unis face à la barbarie

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