Le ministère du travail autorise Sodexo à licencier un délégué CGT à Marseille!

Publié le par FSC

 Le ministère du travail autorise Sodexo à licencier un délégué CGT à Marseille!

En janvier, l'inspection du travail avait refusé la demande de Sodexo de pouvoir licencier pour faute lourde un délégué CGT marseillais. Le ministère du travail vient d'annuler cette décision. Le délégué central CGT de l'entreprise dénonce une décision politique, sur fond de mouvement contre la loi travail.

“Pour nous c’est politique. Le ministère veut se payer un délégué CGT.” Gilles Sevilla n’en revient pas. Vendredi, dans un contexte de mobilisation contre la loi El Khomri, le délégué syndical central CGT de Sodexo, a appris la validation par ce même ministère du licenciement d’Yvon Caprice, délégué CGT à Marseille.

___________________________

Source : Rouge midi

Les lectrices et lecteurs de Rouge Midi se rappellent de ce conflit hors norme de l’hiver dernier au cours duquel la multinationale SODEXO s’était crue autorisée à licencier tous les salariés d’un service, les chauffeurs-livreurs des cantines scolaires marseillaises, parce qu’ils avaient fait grève. L’employeur avait qualifié celle-ci d’abandon de poste. Cette attitude, intervenant en plus à la veille de Noël, avait suscité, bien plus largement que dans la région marseillaise émotion, colère et protestation légitimes. L’écho de cette affaire avait même franchi les frontières puisqu’on avait retrouvé à l’international et jusqu’ en Asie des articles sur le sujet !

La protestation avait été telle que, malgré les lenteurs de la et les atermoiements de la justice, SODEXO avait fait machine arrière et avait été contrainte de réintégrer les grévistes.

Elle l’avait fait d’autant plus que parmi les 23 grévistes il y avait Yvon, délégué CGT pour qui l’autorisation de licencier était soumise à l’accord de l’inspection du travail. Tout à fait logiquement l’inspection du travail avait refusé le licenciement et Yvon a repris son poste en début 2016 dès la décision connue. Depuis plusieurs mois donc, les salariés ont repris le travail et on les croise régulièrement dans les actions contre la loi dumping social. On pensait donc l’affaire close.

Si l’employeur a mangé son chapeau et a dû se résoudre à accepter le fait syndical chez lui il n’en a pas moins continué son attitude revancharde et fait un recours auprès du ministre du travail contre la décision de l’inspection du travail. La décision du ministre vient de tomber : il casse la décision de l’inspecteur en deux pages à l’argumentation bâclée et autorise le licenciement de Yvon. Rien, sur le plan légal ne peut justifier la décision du ministère : la justification est à chercher ailleurs.

SODEXO aurait ses entrées dans un ministère et auprès d’une ministre qui ne peut rien lui refuser ?

Est-ce une vengeance et un signe fort que le gouvernement veut envoyer à la CGT alors que le syndicat est en conflit avec lui sur la loi de dumping social qu’il vaut imposer au mépris de toute démocratie depuis 4 mois ?

Un mélange de tout cela ?

C’est d’autant plus scandaleux que ce même gouvernement vient d’être pointé du doigt par la très modérée confédération syndicale internationale qui , dans son rapport annuel, classe la France comme l’un des pays dans le monde où les droits syndicaux sont bafoués ce qui est une première pour notre pays depuis que ce rapport existe soit 2010. Dans son rapport sont pointés des conflits comme celui de Goodyear, mais aussi au chapitre des atteintes au droit de grève, SODEXO.

 

Commenter cet article