ECOPLA : justice de classe !

Publié le par FSC

ECOPLA : justice de classe !

Il n'y a pas que dans la répression que le caractère de classe des décisions de justice s'exprime

Le verdict vient de tomber : la proposition des salariés d'Ecopla pour sauver la production et sauver les emplois est jugée "irrecevable" !

Priorité aux créanciers, priorité au capital contre l'emploi, contre les salariés, contre la production nationale!

Dans la collusion entre le pouvoir politique, la justice, les tribunaux de commerce au service exclusif des patrons, des propriétaires du capital, des actionnaires!

 

En vérité même des lois complémentaires des juridictions ne suffiront pas à faire prévaloir les intérêts des travailleurs. Même si la parquet n'a pas fait appel, laissant les salariés exposés aux appétits voraces d'un concurrent.

Parce que toute la législation en France comme dans l'Union européenne et les orientations de la droite et du pouvoir socialiste visent au travers de la remise en cause de tous les conquis issus de la Libération et du programme du Conseil national de la Résistance  à affaiblir, à rendre inopérants tout droit de regard et d'intervention des travailleurs dans la vie économique et dans les entreprises.

L'exception des Fralib confirme la règle.

Quant au fond la philosophie de la loi travail c'est de mettre les salariés à la merci totale du marché et des chefs d'entreprise en brisant à la fois toute velléité de se réclamer de garanties générales (code du travail, accords de branche ...) et d'exercer quelque droit de regard que ce soit sur la stratégie des entreprises. Et à l'inverse au-delà de l'aggravation de l'exploitation, d'enraciner l'idée que les salariés sont sous la totale dépendance des chefs d'entreprise, toute résistance, proposition alternative aux rapports sociaux dominants étant renvoyée à l'impuissance!

La réponse donnée aux travailleurs d'Ecopla c'est donc à la fois une réponse économique (priorité aux créanciers) et une réponse politique et idéologique : "bas les pattes face aux aux droits exclusifs du patronat de droit divin !"

Il faudra donc bien pour le mouvement syndical remettre aussi en débat et en perspective la question de la propriété des moyens de production et d'échange et de la maîtrise par les travailleurs des entreprises y compris dans les batailles quotidiennes!

Même si dans le combat quotidien et la résistance il est nécessaire d'activer toutes les possibilités (y compris juridiques) existantes.

 

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Source : France Bleu

Ecopla : l'appel des anciens salariés est jugé "irrecevable" par la cour d'appel de Grenoble

Par Denis Souilla, Antonin Kermen et Alexandre Berthaud, France Bleu Isère jeudi 20 octobre 2016

 

Le recours des ex salariés d'Ecopla a été jugé irrecevable par la cour d'appel de Grenoble jeudi, confirmant un réquisitoire du Parquet. Ceux-ci souhaitent reprendre leur fabrique de barquette en aluminium en SCOP. En juin dernier, le tribunal de Grenoble leur avait préféré un concurrent italien.

Encore un coup dur pour les salariés d'Ecopla. Même si l'appel des "Amis d'Ecopla" (nom de la SCOP regroupant les anciens salariés) avait peu de chance d'aboutir, voilà qu'une fois de plus les ex-salariés de l'usine de Saint-Vincent-de-Mercuze sont déboutés par le tribunal. La cour d'Appel de Grenoble a jeudi suivi l'avocat général : en tant que candidat évincé à la reprise, la SCOP ne peut pas faire appel, seul le parquet peut le faire, et il ne l'a pas fait. Les Ecopla sont donc en colère. Pour eux, ni la justice ni l’État n'a fait son travail dans cette affaire. " Il y a une forme d'injustice " assure à la sortie du palais de justice Christophe Chevalier, l'un des anciens salariés " aujourd'hui ce sont les salariés qui sont lésés et pas les créanciers, depuis le début on se bat pour notre emploi, hier c'était les Goodyear, il y a Alstom, ça suffit ! ".

Contacté le parquet de Grenoble, explique que s'il n'y a pas eu d'appel, c'est parce que le projet italien retenu en juin est le meilleur concernant la reprise des actifs de l'usine. Les Ecopla ne sont pas d'accord, pour eux leur SCOP, seul projet permettant de sauver des emplois aurait du être privilégié.

Poursuivre le combat

Les membres de la SCOP s'accrochent à un dernier espoir judiciaire. Le 3 novembre prochain, un autre appel sera examiné. Cette fois les salariés font appel en leur nom propre, et non pas la SCOP, déboutée au profit de l'italien Cuki. En attendant les ex-salariés sont déterminés à se battre. Dès vendredi, ils rencontreront Michel Sapin, ministre de l’Économie et des Finances, à Strasbourg. Remontés contre le manque de soutien de l'Etat depuis le début de leur lutte, Christophe Chevalier et ses anciens collègues veulent des réponses : " C'est de leur faute, donc on veut qu'ils nous aident. Michel Sapin doit nous expliquer ce qu'il va faire pour qu' Ecopla retrouve son activité ".

 

" Un combat politique " François Ruffin, réalisateur de "Merci patron"

Enfin, les Ecopla veulent que leur cas serve d'exemple en suggérant un projet de loi, pour que dans des cas similaires, les projets de reprise par les salariés soient privilégié par rapport aux droits des créanciers. C'est aussi l'avis de François Ruffin, le réalisateur du documentaire "merci patron" venu à Grenoble soutenir les Ecopla : " C'est un combat politique. Imposer une loi pour que lorsque les tribunaux de commerce jugent, ils disent c'est plus important de conserver les salariés que de payer les dettes. Ce qui quand même parait normal à tout le monde ".

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Source : Le dauphiné

Dans son arrêt, la présidente a expliqué qu’en tant qu’anciens salariés, les Amis d’Ecopla, candidats à la reprise de leur entreprise (leader français dans la fabrication de barquettes en aluminium), "n’avaient aucun droit à faire valoir".

Elle a néanmoins ajouté "qu’il en aurait été autrement si le ministère public avait fait appel au moment de la liquidation de l’entreprise".

Les anciens salariés d’Ecopla, regroupés devant le palais de justice, ont promis qu’ils ne lâchaient pas leur combat pour sauver leur emploi et le site de Saint-Vincent-de-Mercuze. Un deuxième recours doit être jugé le 3 novembre prochain. D’ici là, ils ont d’ores et déjà prévu de rencontrer demain à Strasbourg le ministre de l’Economie Michel Sapin.

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ECOPLA présenté par France Bleu en février 2016

Une cinquantaine des 77 salariés d'Ecopla à Saint-Vincent-de-Mercuze (Isère) étaient ce mercredi matin devant le Palais de Justice de Grenoble pour réclamer au tribunal de commerce le temps de reprendre eux-même leur société et pour attirer l'attention sur leur cas.

"On est la seule entreprise française a faire des barquettes aluminium pour l'agroalimentaire, et on ne va pas le lâcher comme ça notre outil de travail". Devant le Palais de Justice de Grenoble ce mercredi matin, le délégué CGT Christophe Chevalier résume ainsi à la fois la frustration et la détermination des salariés d'Ecopla France. Ils se battent depuis bientôt deux ans pour tenter de sortir des griffes d'un actionnaire sino-australien, Jerry Ren, dont ils ont bien peu de nouvelle et qu'ils accusent d'être à l'origine des difficultés de trésorerie.

 

Une usine fantôme

Et si il n'y avait que l'actionnaire. "Aujourd'hui" poursuit Christophe Chevalier "nous avons des clients, mais nous n'avons plus de matière première et plus d'interlocuteur". Le directeur de site n'aurait plus que le pouvoir de représenter l'actionnaire devant le tribunal et un ancien directeur, écarté, serait tout simplement chez lui. "Nous continuons à occuper l'usine, à venir au travail, les salaires sont versés... mais on fait rien".
A l'origine d'un trou de trésorerie qui avoisinerait les 3 millions d'euros, les salariés dénoncent les jeux financiers de leur patron. Entre autre "on a beaucoup pas mal d'argent à la maison mère" expliquent-ils, et il n'est jamais revenu. Leur activité? Ils la disent rentable. Ecopla était un des leaders du secteur, n'a que des concurrents européens (italien, anglais), et des clients importants comme Pasquier, Senoble, Marie... etc. Des clients qui seraient près à revenir vers eux "mais il faut vite, vite mettre ce projet de scop en place" dit Christophe Chevalier.

Une scop après le redressement... ou après la liquidation

Leur solution : une scop, société coopérative et participative. En clair ils veulent reprendre leur entreprise. Un projet de scop a déjà avorté mais "de la faute de l'actionnaire" qui aujourd'hui semble se détourner d'Ecopla alors pourquoi ne pas y croire. Reste à savoir ce que va décider le tribunal de commerce, qui a renvoyé sa décision au 1er mars, le temps sans doute de réfléchir si une procédure de redressement plus ou moins longue est encore valable. Mais même si la société est liquidée les salariés sont bien décidés à aller jusqu'au bout. "Moi ça fait 15 ans que je suis là-bas" dit Christophe Chevalier " d'autres ça fait 30 ans... ils n'ont connu que Ecopla, donc non on ne va pas lâcher comme ça".

 

 

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