Gardanne : l'union locale renouvelle sa direction

Publié le par FSC

Source : La Provence

Des larmes, il y en a eu, des fleurs, aussi, et un surprenant kit du parfait nouveau secrétaire général d'union locale CGT de Gardanne avec ses cachets anti-migraine et son tube de vaseline, allez savoir pourquoi. Réunie en congrès à la Maison du peuple de Gardanne, l'UL qui regroupe 17 communes jusqu'à Trets et Les Pennes-Mirabeau a réfléchi aux enjeux à venir sur le territoire national et celui du bassin minier en particulier.

Et procédé à l'élection de sa nouvelle direction syndicale pour trois ans, Muriel Martin-Pettavino passant la main après treize années. Les militants ont salué, comme disait Guy Bonnet (CGT des mineurs) celle qui est arrivée un jour avec alors, des cheveux noirs avant que la lutte ne les blanchisse un peu, et "a su prendre sa place malgré son petit mètre 60". "Au fil des luttes, tu as syndicalement grandi, tu as su dynamiser les liens". Et marqué les esprits de quelques envolées lyriques que ne renierait pas Audiard.

Celui qui la succède n'est pas un inconnu dans le milieu syndical : Eddy Tenza, 37 ans, est délégué syndical et délégué du personnel CGT à STMicroelectronics où il est opérateur ; sa direction, fait rare dans le privé, l'a détaché pour qu'il puisse pleinement exercer son mandat.

La loi El Khomri a apporté des bases pour la lutte

Le voilà à la tâche, pour "combattre sur le terrain la loi Travail, détaille-t-il : ça va arriver dans les entreprises et il va falloir structurer, former les salariés. Localement, le gros dossier reste celui de l'usine Alteo à Gardanne et dans ce combat pour le maintien de l'emploi, on n'est pas aidés par les médias : jamais l'usine n'a aussi peu pollué en mer, mais on refuse d'opposer écologie et emploi. Nous ne sommes pas écologistes parce que c'est un parti politique, mais l'écologie aura désormais toute sa place dans nos débats, surtout quand un patron prend les mesures en ce sens et que cela pérennise l'emploi. On veut aller au dialogue, être le contre-pouvoir de la parole unique. Uniper (la centrale thermique) sera aussi au centre de nos préoccupations avec le danger d'une taxe carbone pesant sur l'activité charbon".

Face à la fragilisation dans les faits et le discours politique des syndicats, Eddy Tenza rétorque : "La CGT s'est construite dans la douleur, la loi El Khomri nous a apporté de nouvelles bases de luttes et dans les très petites entreprises, des salariés s'organisent et font appel à nous. De tous côtés, le combat syndical s'avère nécessaire contre le burn-out, contre les attaques sociales ; ça bouge dans telle entreprise de transport de Bouc, telle société pharmaceutique, dans les boîtes de logistique qui se multiplient, ou à Lidl où la situation sociale reste fragile".


Muriel Martin passe la main après 13 ans de mandat.

Eddy Tenza a été élu nouveau secrétaire général de l'union locale CGT de Gardanne qui regroupe quelque 17 communes pour trois ans.

Couverture

"Je ne quitterai le militantisme que le jour où j'aurai un pied dans la tombe, lançait Muriel Martin-Pettavino très émue. Il y a des expériences qui vous marquent, j'espère que cela fera de moi quelqu'un de plus juste, de plus humain". Et de lancer à son successeur : "Il y a des moments où tu vas me détester. J'ai vécu mon poste comme mes grossesses : c'est long, angoissant, quelquefois ça fait mal, mais au bout du compte, c'est la plus belle chose du monde". Militante depuis ses 20 ans, la jeune future quadragénaire a les pieds plantés dans cette terre minière qui l'a vu naître : "Je suis Icissienne, née ici, et Mouliéroise avant tout", ce quartier de Mimet quasiment autonome. Elle a connu son premier piquet de grève en 1988 avec un père mineur, lui-même militant syndical. Son engagement, elle le doit, dit-elle en s'esclaffant, au maire de Mimet, Georges Cristiani : "J'avais 25 ans, il venait d'être élu, il a licencié deux employés dont il n'aimait pas les opinions politiques : deux mois de grève". Un de ses plus grands souvenirs : la lutte contre le travail du dimanche à Plan-de-Campagne, les réunions multiples, les grandes manifs avec, à l'époque, Bernard Thibault. "J'ai eu aussi des moments de doute, de profondes angoisses : si on se plante, ce sont les salariés qui payent".

Elle passe la main pour "faire pousser droit ses petits arbres" : Anthony, 6 ans, et Irina, 3 ans. Même si, en ce jour de grève au conseil régional où elle est salariée, elle se dit que ce n'est pas demain qu'elle va ranger sa carte du combattant...

 

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