Neuilly, le pétainisme est de retour : le maire de droite M. FROMANTIN ne veux plus d’organisations syndicales à Neuilly et l’assume

Publié le par FSC

Source : l'Union départementale CGT des Hauts-de-Seine

 

De Neuilly le 18 Octobre à Amiens le 19 …

… J’écris ton nom : liberté !

 

L’arbre et la forêt ...

 

En ce qui concerne les attaques patronales et gouvernementales contre les libertés syndicales, il y a l’arbre et la forêt, les attaques à peu près visibles et les autres, plus sournoises et dissimulées aux yeux des médias (lesquels, dans leur grande majorité, n’ont pas forcément envie de savoir ! …). L’arbre de GOODYEAR et d’AIR France, de l’affaire TEFAL avec une Inspectrice du Travail condamnée pour avoir pourtant fait son travail, … et puis il y a la forêt des trop nombreuses atteintes quasi quotidiennes au droit syndical, qu’elles touchent les moyens syndicaux, droits et prérogatives des IRP, subventions et locaux, ou frappent directement les femmes et les hommes qui militent.

 Dans les Hauts de Seine, la CGT est confrontée à plusieurs remises en cause de ses locaux syndicaux.  

 A Neuilly notamment, où face à la menace que la CGT soit privée des locaux de son Union Locale (voir courrier ci-joint), un rassemblement, organisé par l‘UD, se tenait hier Mardi 18 Octobre, de 11 h 30 à 13 h, sur le parvis de la Mairie.

 18 Octobre à Neuilly : un rassemblement qui appelle des suites

 

Une  quarantaine de syndiqué-e-s ont participé à cette initiative : quelques bases CGT de Neuilly, comme la M.A.S, et une belle délégation de l’APEI, et aussi une forte présence des camarades de la FAPT 92 qui avaient judicieusement décidé de venir avant la tenue de leur réunion départementale (CE).

 Une délégation, paritaire, de quatre militant-e-s (Anne, secrétaire générale de l’UD, Patrick, le responsable de l’UL, Mickaël pour la CE UD et Karine pour la FAPT 92) a été reçue durant environ 30 minutes par le Maire, Mr J.C FROMANTIN.

-        Ce fut pour nous l’occasion de rappeler notre demande de maintien de locaux pour  l’activité syndicale, soit  dans les locaux actuels de l’UL (20, rue Beffroy) soit par un relogement.

Cette rencontre avec le Maire fut aussi l’occasion d’entendre de sa bouche une profession de foi antisyndicale, un discours bien réactionnaire.

Ce n’est évidemment pas tout à fait une surprise mais ce n’est pas non plus à banaliser tant les mots employés et les idées affichées, l’autoritarisme ouvertement revendiqué par le Député- Maire sont choquants et s’inscrivent dans le climat néo-pétainiste que la droite, presque unanime, s’efforce d’activer (voir par exemple, l’annonce par Juppé, Fillon, Copé, Le Maire, que s’ils sont élus Président de la République, ils gouverneront par ordonnances et ne s’embarrasseront pas de démocratie sociale : à eux les pleins pouvoirs, presque comme Pétain les avait obtenus d’une Assemblée Nationale sombrant dans le déshonneur un 10 Juillet 1940).  

              

Des propos réactionnaires inacceptables

 Que nous a dit M. FROMANTIN, Maire de Neuilly ?

 « Je ne veux plus d’organisations syndicales à Neuilly et je l’assume » ;

« Ce n’est pas la CGT qui décide à Neuilly, c’est moi ».

 « Nous ne sommes plus au temps d’Achille PERETTI » (Elu maire de Neuilly sur Seine de 1947 à 1983 – ancien résistant, Compagnon de la Libération).

 Tout cela pour nous signifier qu’il n’entend pas maintenir l’usage des locaux dont nous disposons actuellement au 20 rue Beffroy. La seule proposition étant que nous lui fassions connaître les créneaux horaires que nous pourrions solliciter pour l’accueil des salariés dans la Maison des Associations !

 Que répondre à ces affirmations péremptoires ?

 

1.     Si la CGT n’entend absolument pas contester la démocratie municipale qui fait du Maire, premier magistrat de la ville, le décideur de la politique délibérée et votée par le Conseil Municipal, elle n’entend pas pour autant renoncer à faire valoir le droit à l’existence du syndicalisme et à une implantation locale reconnue publiquement comme utile à l’intérêt général. C’est même une condition indispensable à l’exercice de la démocratie municipale car comment une ville de 62.000 habitants pourrait-elle mener une bonne politique et gérer au mieux l’intérêt de ses administrés en ignorant les intérêts des salariés qui travaillent sur son territoire : 46.400 salariés environ pour Neuilly, répartis sur 13.600 établissements ? (Chiffres INSEE 2013)

 2.    Il est particulièrement grave pour les libertés de tous, libertés citoyennes et syndicales, qu’un Maire tienne un tel discours antisyndical. Alors qu’un récent rapport de l’IGAS, sur les locaux syndicaux, recommandait de "consolider l'usage de la mise à disposition des locaux ». De plus, la rupture assumée avec une figure gaulliste de la Résistance telle qu’Achille PERETTI, est significative Rappelons sur le fond les valeurs et convictions qui irriguent notre combat syndical, résumées dans les arguments ci-dessous, que nous avions d’ailleurs indiqués au Maire de Neuilly dans un premier courrier :  

« L'hébergement des organisations syndicales date de la création des Bourses du Travail à la fin du 19ème siècle.

 - Leurs missions, qui au départ portaient sur l'information, l'éducation ouvrière et la solidarité entre syndiqués, se sont aujourd'hui diversifiées et élargies à l'ensemble des salariés, et les activités déployées, - comme par exemple celle de soutien juridique -, contribuent en conséquence localement à servir l'intérêt général (ce qui a été reconnu par l'arrêt du 4 Avril 2005 du Conseil d'Etat qui a rendu légale l'attribution de subvention municipale aux organisations syndicales).

 Nous demandons à ce que soit étudiée et prise en compte par le Conseil Municipal de votre ville de Neuilly, une des recommandations formulées dans le rapport de l'IGAS établi en Mai 2013 par Monsieur Philippe DOLE :

 -        "consolider l'usage de la mise à disposition des locaux dans la loi selon les principes suivants : les collectivités (communes, groupements de communes, départements, ...) pourvoient au logement des syndicats interprofessionnels (affiliés à une confédération ou à une union nationale) qui en font la demande. Les frais, loyers et charges donneraient lieu pour l'occupant à la gratuité ou exonération. Ils pourront être financés par subvention des collectivités territoriales (par voie de conventions bilatérales ou multilatérales) ou par péréquation".

 Sans attendre qu'une loi adopte cette disposition mais en prenant en compte tout à la fois l'histoire du fait syndical et les usages établis sur la ville de Neuilly en matière de libertés syndicales, les réalités du tissu très dense d'activités économiques auxquelles se consacrent environ (46.000) salariés, l'importance de votre ville aux portes de Paris et de La Défense, nous revendiquons la mise en œuvre de cette recommandation de l'IGAS et par voie de conséquence le relogement, ou à défaut le maintien, de notre hébergement dans des locaux municipaux ».

 3.    Il faut maintenant poursuivre et élargir la mobilisation afin que toutes les bases CGT présentes sur Neuilly, relayent la motion à envoyer au Maire et fassent connaitre à l’UD leur démarche afin que nous puissions, tous ensemble, mieux peser pour nous faire entendre : la CGT doit disposer de locaux sur la ville pour accueillir et renseigner les salariés, organiser l’activité revendicative et effectuer tout son travail syndical !

 

Neuilly, le pétainisme est de retour : le maire de droite M. FROMANTIN ne veux plus d’organisations syndicales à Neuilly et l’assume

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closson daniel 20/10/2016 11:15

C'est tout à fait dans la logique de l'amplification de l'exploitation de l'homme .