L'Hôpital malade de la financiarisation : Le Centre Hospitalier de l'Agglomération Montargoise

Publié le par FSC

Source : République du Centre

À Amilly, la CGT dénonce notamment la réorganisation de la chirurgie. La direction assume et assure que la qualité des soins sera préservée.

 

Il n'y a décidément que peu de moments d'accalmie médiatique au centre hospitalier de l'agglomération montargoise (Cham). C'est cette fois le syndicat CGT qui pointe du doigt la politique menée par le gouvernement envers les hôpitaux, mais aussi la direction.

La section, qui n'a pas été suivie par la CFDT, appelle à un mouvement de grève le 8 novembre.

Quelques mois à peine après la pétition, lancée par des usagers, contre l'instauration des groupements hospitaliers de territoire. Les pétitionnaires pointaient du doigt la menace pour l'avenir même du Cham, qui risquait d'être absorbé dans un avenir proche par le CHR Orléans.

Que se passe-t-il au service chirurgie ? Cette fois, c'est pour défendre la réorganisation de la chirurgie que le directeur Didier Poillerat doit monter au créneau. Dans une lettre ouverte datée du 24 octobre, le syndicat déplore la fermeture d'un service de chirurgie, effective début 2017.

Moins d'un an après la réduction du nombre de lits dans deux services (orthopédie et viscérale). De 80 lits début 2016, la chirurgie passera, début 2017, à 60 lits.

L'avenir passera par la médecine ambulatoire

 

Selon Didier Poillerat, il ne s'agit que d'un ajustement : « Nous avons remarqué que sur les 68 lits, on en avait à peine 60 de remplis. C'est la raison pour laquelle j'ai décidé de réorganiser en deux couloirs de trente lits, mais nous gardons bien trois services (urologie, orthopédie, viscéral). L'offre de soins ne variera pas », insiste-t-il.

Quel sort pour les agents ? La CGT dénonce, en moins d'un an, la suppression de 17,5 temps plein en chirurgie. Pas de licenciements à prévoir, mais des changements de service et des CDD qui pourront servir de variable d'ajustement.

Ces changements de service inquiètent le syndicat, qui voit d'un mauvais œil l'obligation de polyvalence imposée aux personnels : « Moins de personnels de pointe et spécialisés, c'est dangereux pour les patients », expliquent des membres de la CGT : « Va-t-on voir des agents de médecine aller travailler en psychiatrie ? »

Sans aller jusque-là, Didier Poillerat concède qu'il est demandé aux personnels « un peu plus de polyvalence », tout en assurant que des formations sont envisagées, en interne avec les chirurgiens ou des remises à niveau en externe.

La CGT voit dans cette demande de flexibilité une explication à l'absentéisme pour épuisement professionnel « qui a battu tous les records cet été ».

Le Cham va-t-il réduire son activité ? En juillet, Didier Poillerat confirmait qu'il entendait bien développer l'activité de l'hôpital. Et sa position n'a pas varié d'un iota.

Un enthousiasme que ne partage pas la CGT : « Durant des années, le Cham s'est enrichi, mais depuis quelque temps, on craint un retour en arrière ». Selon les chiffres fournis par l'établissement, l'activité ne semble pas faiblir pour l'instant : selon la plupart des critères d'évaluation (nombre de passages aux urgences, d'interventions au bloc, de consultations, etc), elle est même en augmentation par rapport à 2015.

Le Cham, qui emploie plus de 1.900 agents (1.800 équivalents temps plein) manque en revanche, comme tout le Montargois, de médecins.

La recherche d'économies, nerf de la guerre ? L'objectif est un secret de Polichinelle, car national : 3 milliards d'économies entre 2015 et 2017. Un audit est d'ailleurs en cours au Cham, afin d'établir le rapport entre le nombre d'agents, la capacité et l'activité de chaque service.

Bouchons dans certaines chambres !

Les réorganisations sont, selon la direction, d'abord dues à l'orientation médicale (plus d'ambulatoire). « Si en ayant une bonne prise en charge du malade on peut au passage réaliser des économies, je ne vais pas mentir, on va les faire », annonce Didier Poillerat.

Reste que, régulièrement, selon la CGT, (exceptionnellement, selon la direction), la recherche d'économie entraîne des situations délicates : devoir doubler ou tripler des chambres, c'est-à-dire mettre deux patients dans une chambre simple et trois dans une chambre pour deux.

Le développement de l'ambulatoire, avenir de la médecine ? C'est peut-être l'un des seuls points sur lesquels le syndicat et la direction sont d'accord et ce, depuis un bon moment : la nécessité de développer l'ambulatoire. Une politique qui consiste, dans la mesure du possible, à limiter l'hospitalisation à une journée.

Une façon de générer de l'activité, faire des économies et de laisser le patient regagner très vite son domicile. En somme, tout le monde y trouve son compte. Même le ministère, qui visait la barre des 50 % d'interventions chirurgicales en ambulatoire pour 2016 sur le plan national.

Ce qui n'est pas encore le cas à Amilly, même si l'activité s'est nettement développée entre 2013 et 2016 (de 24,2 % à 32,3 %).

Jean-Baptiste Dos Ramos

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