Le conflit MacDonald's ville de Florence : un avant-goût des risques majeurs des traités de libre échange

Publié le par FSC

Avec l'affaire de la plainte de MacDonald's contre la ville de Florence on voit bien que les multinationales sont bien décidées à imposer leur logique aux populations, aux collectivités locales pour faire prévaloir leurs intérêts et leurs profits.

Et à utiliser pour se faire les lois et les instruments de justice largement imprégnés des intérêts des grandes entreprises tant il est vrai que la justice elle même n'échappe évidement pas à la pénétration des logiques de classe et de la domination de la classe dominante.

L'adoption des traités de libre échange avec le Canada (CETA) ou avec les USA (TAFTA) en privilégiant en particulier le rôle des tribunaux qu'ils soient publics ou privés dans le traitement des conflits ente multinationales et états, collectivités, puissance publique ne manqueraient pas de fournir des armes supplémentaires et décisives auxdites multinationales pour imposer leurs intérêts contre les peuples.

Raisons majeures de poursuivre la lutte contre l'adoption de ces traités en rappelant que même si au final les dirigeants wallons se sont couchés devant les pressions de l'Union européenne, pour être définitivement validés ils doivent recevoir l'approbation de tous les parlements.

Ce qui laisse un espace pour l'intervention populaire en direction des élus.

 

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© 2016 AFP

Le géant de la restauration rapide MacDonald's réclame près de 18 millions d'euros de dommages et intérêts à la ville de Florence après le refus de son maire d'autoriser l'implantation d'un fast-food sur la célèbre Piazza del Duomo, a-t-il confirmé lundi à l'AFP.

Le projet de la firme américaine d'implanter un de ses restaurants sur ce site mondialement connu, classé au patrimoine mondial de l'Unesco, avait été rejeté en juin dernier par le maire de centre-gauche, Dario Nardella, un proche du chef du gouvernement Matteo Renzi.

Ce rejet avait été confirmé, début juillet, par une commission technique chargée de la préservation du centre historique de Florence.

"MacDonald's a le droit de déposer une demande parce que c'est prévu par la loi mais nous avons le droit de pouvoir dire non", avait déclaré Dario Nardella devant le conseil municipal.

"Nous n'avons aucun préjugé contre cette chaîne internationale qui a ouvert des restaurants dans d'autres lieux de la ville", avait-il ajouté justifiant sa décision par sa volonté de soutenir le "commerce traditionnel".

Dénonçant une "injustice", MacDonald's a décidé de riposter devant le tribunal administratif réclamant 17,8 millions d'euros à la capitale toscane en réparation du préjudice subi.

Contacté par l'AFP, la firme américaine n'a pas souhaité faire de commentaire, confirmant toutefois son action en justice ainsi que le montant de l'indemnisation demandée.

Selon plusieurs médias, la multinationale s'estime d'autant plus lésée qu'elle s'était engagée à revoir son modèle économique pour se conformer à une règlementation florentine.

Instaurée en janvier 2016, celle-ci impose notamment l'utilisation dans les restaurants du centre historique de "produits typiques" de la ville ou de la région toscane.


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LE MONDE |

Florence ne veut pas d’un McDonald’s sur la piazza del Duomo

Si elle veut s’implanter dans le centre-ville touristique, la multinationale devra transformer son modèle de restauration en profondeur.

 

La piazza del Duomo à Florence, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, fait l’objet depuis le début de l’année d’une nouvelle réglementation « pour la protection du patrimoine du centre historique ». Elle interdit l’installation de tout restaurant qui utiliserait des produits précuits et surgelés, pour privilégier la cuisine italienne et les produits locaux. Une règle qui exclut donc les fast-foods.

Avec ce genre d’interdits, McDonald’s n’aurait a priori aucune chance. La multinationale avait déjà essayé de s’établir sur la place en 1989, sans succès. Elle a des restaurants dans d’autres endroits moins centraux de la ville, mais ça ne suffit pas. Elle a déjà dit qu’elle comptait demander une dérogation, et exposé son plan pour contourner des mesures destinées précisément à empêcher l’installation de restaurants de son acabit.

Pour ce faire, la firme au « M » envisage une transformation du modèle qu’elle a exporté dans toute la planète, adapté aux exigences florentines. Le service se fera à table (donc techniquement, ce ne sera plus vraiment du fast-food) et des produits italiens seront intégrés au menu. Giovanni Bettarini, adjoint au développement économique à la mairie, donne plus de détails :

« L’établissement n’aura pas les caractéristiques du fast-food mais du restaurant avec le service à table, accompagné d’éléments supplémentaires de valorisation de l’offre à travers un espace culturel, une librairie et des points d’information pour les citoyens. »

La dérogation sera étudiée par la mairie, la chambre de commerce et l’Unesco. Un premier verdict devrait être rendu le 5 juillet. S’il est négatif, McDonald’s pourrait ensuite tenter d’autres recours.

Tripes à la toscane ou McTripes à la toscane

Le maire de Florence, Dario Nardella, a pris position contre l’installation d’un McDo’, même remanié, dans sa ville, et s’est dit prêt à « mener cette bataille, y compris devant les tribunaux ».

« Ce n’est pas cohérent avec la bataille que nous menons depuis des années contre les fast-foods et les supérettes pour la sauvegarde de la tradition et de l’identité de la ville. »


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