Meeting cheminots Miramas : LE RAIL, UNE VILLE, UNE VIE !!

Publié le par FSC

LE RAIL, UNE VILLE, UNE VIE !!

Pour l’être humain, cela pourrait se traduire par : « une bonne circulation, un bon cœur, la vie est là » !

Le samedi 3 décembre le Front Syndical de Classe était présent à Miramas pour assister à un « meeting-cheminots » organisé par le syndicat CGT des cheminots de Miramas. La gare de triage de Miramas est la plus grande de tout le sud-est de la France…

Plusieurs responsables syndicaux participaient à cette rencontre, anglais, belges et d'autres syndicats de France.

Renationalisation du chemin de fer, tel était le thème de cette soirée.

Le Secrétaire Général  du syndicat de Miramas a ouvert les débats en saluant et honorant Fidel Castro qui venait de nous quitter. Révolutionnaire reconnu pour avoir menait son peuple au socialisme pour une société plus juste !

Il a énuméré les actions de ce début d’année 2016 menées par les cheminots pour défendre le service public ferroviaire et mis en lumière la lutte menée en même temps contre la loi dite « Loi-Travail ».

Ces deux attaques sont étroitement liées. L’une est sous le signe de l’ouverture à la concurrence libre et non faussée dictée par l’Union européenne : privatisation des transports ferroviaires, devenu un holding financier !

L’autre, la loi El khomri, est tout simplement l’application des injonctions européennes, baptisée sous d’autres noms dans d’autres pays de l’UE.

Conséquences pour les cheminots : accentuation de la flexibilité et de la mobilité du personnel, exploitation à outrance, suivies de la réduction du personnel à statut. Ce schéma, sous le signe de gains de productivité financiers, se fera au détriment des règles les plus élémentaires de la sécurité des circulations à l’exemple de la catastrophe de Brétigny S/Orge… ou de l’accident mortel le 6/12 en Moselle d’un cheminot écrasé au travail !

L’ensemble des dirigeants politiques et d’entreprises, non cheminots, veut faire table rase de la réglementation spécifique du travail gagné après 68.

Le Détricotage complet du statut (actifs et retraités), notamment la grille des salaires et la caisse de prévoyance (sécurité sociale SNCF), a toujours été l’objectif des différents gouvernements que nous avons connu depuis plusieurs décennies et plus encore depuis les accords de Maastricht en 1992.

La réalité est là, il en va également de la santé de la population. Depuis 1992, le transport du fret, des marchandises, se fait de moins en moins par le rail, de plus en plus par la route (bravo l’écologie !), accompagnée de la casse des gares de triages et ça mène aujourd’hui à ce que des tonnes de marchandises sont transportées par la route aux frais des contribuables et au détriment de leur santé. Des mesures préfectorales ahurissantes, au moment où j’écris cet article, sont prises dans les grandes agglomérations pour réduire la pollution qui est dangereuse pour les malades, les personnes âgées et les enfants. Des circulations alternées sont mises en place pour les voitures. Pendant ce temps les périphériques, autoroutes et autres routes de notre pays, voient se déverser des kilomètres de camions  !!

Malheureusement peu de personnes savent que la SNCF fait partie des plus grands transporteurs européens, que ce soit en camions, bus ou autocars !

A ce sujet, l’intervention des représentants belge et anglais, a permis de mettre en lumière les côtés néfastes (il n’y en a pas de positif !) de la privatisation de leur réseau ferré suite aux directives de l’Union européenne.

Le représentant anglais nous a fait part du Brexit, de ses conséquences, du mécontentement de la classe ouvrière, et de son engagement personnel pour plutôt un « Leftxit », c’est-à-dire « une sortie par la gauche » de l’UE. Instant solennel, il a fait promettre aux travailleurs présents dans la salle, de « ne jamais se laisser séduire par le vote FN ».

Il rajoute : « pour ce qui est de la CES (confédération européenne de syndicats), mon syndicat y reste pour voir ce qui s’y passe, mais comme il n’y s’y passe rien… » .

Pour le FSC, après avoir entendu les différentes interventions, nous constatons que l’avenir de la SNCF, en tant que première entreprise national de transports, dont le personnel hautement qualifié conjugue compétence et sécurité, est menacé. Elle est la moins polluante et de loin la moins coûteuse pour ceux qui se rendent quotidiennement au travail.

Malheureusement, à présent nous nous retrouvons au chevet du malade dont les problèmes ne datent pas d’hier.

Il faut revenir à la période Giscard D’Estaing (1979) pour mesurer les coups portés contre la SNCF. Ce fut le plan Guillaumat qui voulait réduire et préparer la circulation ferroviaire au seul TGV. Encore un des « grands » projets de cette époque tels les abattoirs de la Villette et le Concorde qui, eux, ont été cassés. Pour le chemin de fer il n’en a pas été de même. Les luttes incessantes des cheminots ont permis de protéger de nombreuses lignes secondaires et des triages, permettant ainsi la vie et les relations de ville à ville, de province à province.

En 1981, le plan Guillaumat a été gelé. Avec le réchauffement climatique sont arrivés les contrats de plan suite à la transformation de la SNCF en EPIC.

Trois ans après Maastricht, en 1995, un grand mouvement de grève en France se forme contre le plan Juppé qui avait le soutien de Nicole Nota (Cfdt). Cette même année un nouveau contrat de plan était proposé aux cheminots : 6000Km de fermeture de lignes, casse de gares, de triages, modification du statut, recul de l’âge de la retraite, du déroulement de carrière etc….

Fin 95 Juppé craque. Ensuite il propose la mise en place de RFF (réseau ferré de France) soit disant pour résorber la dette. Le Président Chirac dissout l’Assemblée nationale en 1997. Un gouvernement dit de gauche plurielle (PS/Communiste) est en place. Cette période de Jospin premier ministre, a été marquée par des privatisations plus importantes que Juppé/Balladur réunis.

Pour les cheminots, malgré un ministre « communiste », RFF n’est pas supprimé et l’unicité de la SNCF est toujours une illusion.

Ceci étant, les choses s’accélèrent au niveau de l’Europe avec les directives européennes et les accords de Schengen. Le rail est dans le collimateur du capitalisme financier et ce jusqu’à ce jour. Trop de profits leur échappent alors que nous savons fort bien qu’un cheminot sur trois travaille pour les banques (remboursement de l’emprunt, sur la place mondiale, de la SNCF pour se moderniser).

Au niveau syndical, la stratégie et tactique de luttes se modifient aussi dès 1997. La CGT qui rompt avec la FSM, rejoint la CES et plus tard la CSI. La CGT opte très rapidement pour l’abandon de la lutte des classes et de la socialisation des moyens de production et d’échanges. Le projet de changement de société (pour le socialisme) n’a plus lieu d’être… Nous sommes arrivés dans l'ère du syndicalisme rassemblé, d’accompagnement et de partenariat social.

Dans ces conditions, difficile de lutter sur des bases de classe contre la casse de la SNCF… Avec le soutien de la CES, dont J.Decaillon cheminot fut SG adj pendant plusieurs années, et lors de la signature du traité de Lisbonne, l’U.E peut promulguer, comme elle l’entend, ses « paquets » ferroviaires dévastateurs.

Dans nos instances, en France, ce n’est pas mieux avec le partenariat social. Le 27 juin 2012 au CESE (Conseil Economique Sociale et Environnemental), T. Lepaon, futur SG de la CGT, sur saisine du gouvernement (Sarko), donne lecture de son rapport et déclare d’entrée : « Ce texte présente une grande unité de ton révélatrice d’un consensus assez fort sur le sens que devrait avoir une expérimentation, (privatisation de la SNCF) si l’Etat le décide », ensuite : «Nous avons imaginé des évolutions possibles au plan social dans la perspective d’une ouverture à la concurrence qui semble se dessiner », parlant du devenir du personnel il dit : « en cas de changement d’opérateur », mais ne condamne pas.

Ensuite, il précise : « Le thème de l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire régional voyageurs s’inscrit dans le cadre d’une orientation prise au niveau européen ».

Pour finir, après avoir fait un historique du chiffon rouge et de l’arrêt d’Urgence (grèves) dans cette profession, Le Paon rajoute, à titre personnel : « dans cette affaire, il faut bannir autant l’attentisme que la précipitation. Brûler les étapes, c’est risqué d’aller dans le mur, mais à trop jouer la montre, on peut aussi louper le train et rester sur le quai de la gare. »

D’autre part, il faut savoir que le représentant CGT au Conseil Economique et Social , Minter, dit : « … la CGT votera le texte ».

Politiquement les choses sont identiques quand Chassaigne PCF déclare : « A la suite de ce constat partagé, ça me fait dire que la réforme est bienvenue ».

A partir de ce constat politique et de ces positionnements syndicaux, comment les cheminots, les municipalités, les citoyens et voyageurs peuvent-ils espérer bénéficier d’un transport de qualité et sur dans ces conditions?

Comme le fait et le dit le FSC et de nombreux syndicats de terrain : il faut développer les actions tous azimuts pour un véritable syndicalisme de luttes de classe et de masse et pour le développement d’un grand service public.

Comme le disent les cheminots de Miramas : RENATIONALISATION !

Oui dit le FSC et DE TOUS LES SECTEURS CLES.

Tous ensemble et en même temps !

Le FSC fera paraître une analyse plus complète à l'occasion du congrès de la Fédé des cheminots qui se tiendra fin janvier 2016.

Marseille le 8 décembre 2016.


 

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