La lutte pour la paix : une urgence de l'heure ... et une grande tradition !

Publié le par FSC

Le syndicalisme et la lutte pour la paix

 

Le mouvement ouvrier, syndical et politique, a toujours été partagé entre révolutionnaires et réformistes, entre tenants de la lutte des classes et du changement de pouvoir et de société et tenants de la collaboration de classe et de la soumission à l'ordre établi. La question de la paix et de l'internationalisme n'a pas échappé aux luttes entre ces deux courants, en particulier au sein de la CGT.

Fondée en effet sur des bases pacifistes, la CGT a ainsi été trahie par l'engagement de la plupart de ses dirigeants (dont Léon Jouhaud) dans « l'Union sacrée » de 1914, alors que de nombreux syndicalistes de terrain poursuivaient leur lutte pour la paix.

Après-guerre, c'est avec la révolution bolchévique et la naissance de l'Internationale Communiste que les syndicalistes de classe vont militer de manière organisée pour la paix d'abord avec la CGT-U (après l'exclusion des « rouges » de la CGT par les réformistes - dont Léon Jouhaud) puis avec la CGT réunifiée à partir de 1936 sur des bases de classe et de masse : engagement anti-colonial et anti-impérialiste, soutien à la République espagnole, participation active des CGTistes de classe dans la Résistance contre le fascisme et pour l’indépendance nationale en même temps que la justice sociale, sous la direction de Benoit Frachon, débouchant sur la participation au CNR.

C'est sur les ruines du fascisme que naît la « Fédération Syndicale Mondiale » en octobre 1945 à Paris dont Louis Saillant, Secrétaire de la CGT, est le premier Secrétaire général, auquel succède Pierre Gensous de 1969 à 1978.

Articulant luttes pour le progrès social en même temps que pour le changement de société, lutte pour l'internationalisme et la décolonisation (qui supposent l’indépendance nationale et la souveraineté populaire) et lutte contre la construction européenne capitaliste, la CGT participe activement, jusqu'aux années 80, aux luttes contre la « guerre froide » imposée par le Bloc Américain, contre la prolifération nucléaire et pour le désarmement général, contre la guerre de Corée, la guerre d'Algérie, contre la guerre du Vietnam, les euromissiles ...

Toutefois, les évolutions de la direction confédérale à partir des années 90 l'ont amenée (sous l'impulsion notamment de Bernard Thibault - mais aussi de J.-C. Le Duigou, Imbrecht, Le Paon…) a renier une partie des principes lui ayant permis de devenir la première OS du pays et d'obtenir d'importantes victoires : disparition des fondamentaux de classe et de masse, syndicalisme rassemblé avec la CFDT, départ de la FSM et adhésion à la Confédération Européenne des Syndicats puis à la CSI, ralliement à la construction européenne sous couvert de « l'Europe sociale »,...

Cette dérive a bien évidemment concerné aussi les questions internationales et de la paix. En particulier, l'engagement pro-européen de la direction CGT et son intégration aux « internationales syndicales » de collaboration de classe (CES, CSI) ont signifié l'abandon de l'internationalisme et de la lutte pour la paix, jusqu'à la signature de déclarations « syndicales » appelant ouvertement à l'intervention occidentale en Syrie (La CGT, FSU et Solidaires aux côtés du peuple syrien – 5 septembre 2012) sous couvert d'intervention humanitaire…

A la faveur de l'arrivée de P. Martinez à la tête de la confédération et de la poussée des bases combatives, une inflexion est intervenue récemment dans le discours confédéral, marquée notamment par une déclaration en février 2016 faisant justement porter la responsabilité des guerres aux brigands impérialistes et à leurs créatures.

C'est une premier pas qui en appelle d'autres. Car la situation actuelle est lourde de graves dangers pour la paix et pour les peuples.

Outre les multiples interventions militaires directes récentes (Yougoslavie, Irak, Libye…), les pays occidentaux se servent de leurs alliés pour détruire la Syrie, le Yémen, le peuple Palestinien… tout en menaçant ouvertement la Russie et la Chine par des déclarations et des manœuvres militaires et en continuant les agressions sur les pays progressistes d'Amérique Latine et le pillage des ressources et des peuples Africains à coups de mercenaires et de soutien aux régimes complices !

Comme en 1914 ou dans les années 30, le système capitaliste-impérialiste en crise met le monde à feu et à sang et avance inexorablement vers un troisième conflit mondial tandis que les dépenses d'armement gonflent les profits de l'appareil militaro-industriel et réduisent d'autant les budgets sociaux.

Face à la terrible menace, il est temps de reprendre tous ensemble la tradition populaire de lutte et il est du devoir des organisations se réclamant du monde du travail de s'unir au plan national comme international (notamment au sein de la Fédération syndicale mondiale) :

- contre l’impérialisme états-unien et contre l'OTAN,

- l’impérialisme français en Libye, en Afrique subsaharienne et au Proche-Orient

- contre l’augmentation des budgets militaires, contre une « défense européenne » (et in fine contre l'UE capitaliste).pour la Paix, pour que les moyens ainsi économisés soient consacrés à toutes les dépenses vraiment utiles aux populations

- contre l'impérialisme européen en formation et toute initiative de « défense européenne »

- Pour la sortie de la France de l'OTAN

- Pour la paix et le développement dans la coopération et la fraternité

 

 

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Nestor MAKHNO 28/02/2017 13:37

OK l'impérialisme a sa part de sang sur les mains. Mais , camarades, vous oubliez un peu facilement l'annexion des états baltes, de la Pologne, avec les nazis,la "libération" de la Hongrie et de la Tchécoslovaquie, l'invasion de l'Afghanistan et je ne parle pas de la Syrie.On pourrait aussi évoquer la répression contre le POUM et la CNT ou la répression contre les anarchistes ukrainiens.
Un impérialiste est toujours un salaud. Qu'il soit blanc, brun ou rouge ne change rien à l'affaire