Conventions collectives : 30.000 salarié concernés dans le Hainaut

Publié le par FSC

SOURCE : La Voix du Nord

Combien seront-ils, jeudi matin ? Difficile à dire, même pour Ludovic Bouvier, président de la CGT Métaux. Mais l’enjeu est d’importance : selon lui, il s’agit d’une «  attaque sans précédent  » : «  Sur fond de loi Travail, l’UIMM, le patronat de la métallurgie, annonce remettre en cause l’ensemble des conventions collectives nationales et territoriales.  »

Ces conventions touchent l’ancienneté, les trois jours de carence en cas de maladie, le paiement et la majoration des jours fériés, les primes panier, vacances, la reconnaissance des diplômes, les grilles de qualification… Cela concerne presque 30 000 salariés, dans le Grand Hainaut (Valenciennois, Cambrésis, Sambre-Avesnois), et plus de cinq cents entreprises.

« Les CDI en voie de disparition »

 

Au-delà de cette négociation, Ludovic Bouvier s’inquiète de l’état de la métallurgie et de la sidérurgie dans le Hainaut. «  Ce n’est pas que l’industrie se porte mal, détaille le syndicaliste, c’est que le mot d’ordre, c’est productivité pour plus de rentabilité : on supprime des postes à tour de bras.  »

Et le délégué de citer PSA, Sevelnord, la Française de mécanique, Vallourec, Toyota… Autant de sociétés en cours de «  rationalisation  » au détriment de l’emploi. «  Il y a aussi une précarisation importante, avec le recours à l’intérim, aux contrats de professionnalisation d’un an ou deux qui ne seront jamais embauchés. Les CDI vont devenir une espèce en voie de disparition.  »

«  Il y a un mélange des genres  », regrette Virginie Brunat, secrétaire générale de l’UIMM, dont le siège pour le Hainaut-Cambrésis est situé route d’Aulnoy à Valenciennes. Tout d’abord, et pour revenir aux conventions collectives, «  nous en sommes au tout début, indique-t-elle. Les cinq organisations syndicales nationales, CGT comprise, ont signé un accord de méthode, le 27 juin, sur l’évolution du dispositif conventionnel de la branche. Le souhait est de revoir l’ensemble du dispositif, pour avoir un socle commun sur l’ensemble du territoire national, comme c’est le cas pour les cadres.  »

« Nous ne sommes pas impactés par ces négociations »

La secrétaire générale de l’UIMM l’affirme, cette négociation nationale «  n’enlève pas notre possibilité de négocier  » localement. Et n’occasionne en aucun cas la précarisation annoncée par la CGT. Les primes d’ancienneté, les carences, les vacances, etc., «  ce sont des points qui n’ont pas été abordés  ».

«  La métallurgie n’est pas en crise, nous a dit en écho un grand patron du Hainaut. Et nous ne sommes pas impactés par ces négociations nationales. Les conventions collectives territoriales resteront.  »

Ludovic Bouvier n’en démord pas, «  si les garanties collectives sautent, tous les verrous sautent : les conventions collectives sont un frein à l’application totale de la loi Travail. Jeudi, ça ne sera que la première manifestation d’une longue série. On va re-huiler la machine  ».

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