A l'occasion du 30 mars, reprenons véritablement l'offensive sur les retraites !

Publié le par FSC

Depuis des décades on nous bassine avec l'idée qu'il ne faut pas se contenter de revendiquer, de protester, mais qu'il faut être aussi force de proposition.

Soit!

Mais force de proposition dans quel cadre ?

Dans les cordes de ce qui est autorisé par les forces dominantes et l'oligarchie?

Dans les limites autorisées par les contre-réformateurs de tout poils?

Pour s'exclamer que le compte n'y est pas à partir de leurs attaques initiales ?

A l'occasion de l'action des retraités le 30 mars prochain qu'en est-il ?

il est parfaitement justifié bien sûr de défendre le pouvoir d'achat des retraités, le droit à se soigner, les services publics; de réclamer une place pour les retraités dans la société.

Certes!

Mais qu'en est-il pour nous, pour notre propre compte et nos contemporains, pour la jeunesse de l'exigence fondatrice des retraites et de la protection sociale, de la fidélité à l'esprit des fondations mises en place en 1946 par les CROIZAT, THOREZ, Marcel PAUL ?

Les présidentielles

Dans les différents programmes annoncés ça s'affronte sur la durée de cotisation, l'âge ouvrant droit au taux plein, la qualité des années de prise en compte (25 dernières années pour le privé et 6 derniers mois pour le privé ou avec Macron sur l'annonce de réforme plus structurelle dans le sens de la retraite par points en vigueur dans les pays du Nord et prônée par la CFDT.

Alors bien sûr tous ces programmes ne sont pas équivalents et il n'est pas anodin que Mélenchon reprenne la revendication de l'âge de départ à 60 ans.

Et les propositions de Macron sont de loin les plus dangereuses. se reporter à cet égard à l'analyse sur le site Commun Commune : http://www.communcommune.com/2017/03/retraites-le-pire-des-programmes-c-est-celui-de-macron.html?utm_source=flux&utm_medium=flux-rss&utm_campaign=politics

Mais pour le mouvement social et les organisations syndicales, pour la CGT faut-il s'en tenir là ?

Faut-il rester prisonnier des conceptions qui ne conçoivent les pensions de retraite que comme un coût et les différents régimes et le régime général en particulier comme devant d'abord être en équilibre?

Notre propre point de vue et démarche

 

Faut-il formuler nos revendications à partir de LEUR vision de ce qu'est et que doit être la retraite?

De leurs campagnes médiatiques permanentes pour persuader l'opinion qu'on n'a plus les moyens de, que les caisses sont vides, que le déséquilibre financier impose des mesures drastiques et d'urgence et tout cela au nom de l'affirmation mensongère que c'est dans l'intention de sauver notre modèle social ?

Ou bien à partir de notre propre conception comme travailleurs exploités et à partir de ce que le mouvement ouvrier a déjà construit, qu'ils n'ont jamais accepté et qu'ils ne cessent d'affaiblir, d'édulcorer, de détricoter ?

ET DONC fondamentalement renouer avec le projet transformateur et révolutionnaire de la Libération, du programme du Conseil national de la résistance fortement inspiré des propositions d'une puissante CGT et mis en oeuvre par le ministre ouvrier et communiste Ambroise CROIZAT, poursuivi et conforté dans les années 60 !

ET EN QUOI CE PROJET INITIAL PROFONDEMENT TRANSFORMATEUR ETAIT REVOLUTIONNAIRE ?

 

Ce qu'Ambroise CROIZAT a fait à partir d'octobre 1946, dans le court laps de temps (1 an et demi) propice à ces mesures  et contre toutes les autres forces politiques, en instaurant le régime général, c'est d'abord de procéder à une très forte augmentation du taux de cotisation, en doublant ce taux (passage de 16 à 32% du salaire brut), en confiant la gestion des caisses aux travailleurs sur la base d'élections.

 

 

C'est que le modèle qui préside à ces propositions c'est le modèle de la retraite des fonctionnaires qui comme plus tard les régimes spéciaux (en particulier à EDF) pose la retraite comme salaire continué, comme salaire à vie.

Ni comme pension différée, ni comme reversement des actifs sur des inactifs.

Cela est si vrai que dans sa phase offensive les revendications syndicales et de la CGT en particulier s'inscrivent dans une dynamique visant à la fois le départ le plus tôt possible à taux plein (les 55 ans)  accompagné de l'exigence des 75% du dernier salaire net vers les 100% concrétisant la continuation du statut de salarié, cette fois libéré de la subordination au capital et à son marché !

Et les attaques des contre-réformateurs outre la volonté de réduire le niveau des pensions concernent précisément ces caractères modelant la réalité et la représentation dans les idées de la retraite : allongement récurrent de l'âge ouvrant droit, refus farouche de l'augmentation des cotisations, baisse continuelle du taux de recouvrement s'éloignant toujours davantage de l'objectif des 100%.

Au nom de prétextes financiers qui masquent la volonté d'affirmer l'hégémonie du capital sur notre sort alors que les profits prédateurs sur les richesses produites (en gros 2000 milliards d'euros par an) représentent 700 milliards dont seulement 20% seront réinvestis pourraient largement pourvoir au financement d'un salaire à vie (qui n'a rien à voir avec le revenu universel béquille du capital de HAMON et PIKETTY!) .

A condition de s'en prendre résolument au détournement de richesse des prédateurs actionnaires et à la domination du capital, à condition de socialiser suffisamment de ressources financières dans des caisses gérées par les travailleurs eux-mêmes !

RAPPEL :

Le 30 MARS action des retraités

Pour l'Ile-de-France

On marche de la gare du Nord à République

rendez-vous 14h 30 de la rue de Maubeuge et Bd. Magenta

__________________

Pour une information plus complète voir ci-après les conférences de Bernard FRIOT  :

"La retraite c'est Révolutionnaire" conférence à l'invitation du Front Syndical de Classe à l'hôpital Cochin en octobre 2013.

Et plus récemment, le 4 mars dernier à la Sorbonne,

" Sécurité sociale, valeur, révolution"

 

Commenter cet article

smp 22/03/2017 10:49

Salut, certes, certes, mais en 2017 nous ne pouvons plus nous retrancher sur les conceptions qui avaient leurs mérites en 1944-1945. Aujourd'hui l'impérialisme dont français à une telle concentration que tenter de revenir à ces anciennes conceptions d'aboutirait à rien, à des cul de sac. La question cardinale aujourd'hui est la question du pouvoir! car dans le cadre du capitalisme impérialisme rien sans luttes résolues et avec des millions de personnes faisant irruption dans la vie politique rien ne viendra contrer la machine capitaliste. Souvenons nous des mots de Lénine, repris par Fidel Castro, Hugo Chavez! La question du financement de la retraite doit se faire par la spoliation des spoliateurs.
Nationalisation sans indemnisation des monopoles pharmaceutiques et financement des retraites comme de la Sécu par la taxation directe du capital; contrôle ouvrier également car les travailleurs contrôleraient tout, recherche, développement et production (même dans les domaines abandonnés aujourd'hui par les capitalistes) sans les coûts exorbitants qu'ont ces monopoles privés.
De plus il serait temps que les luttes soient unitaires à la base, le tous ensemble et en même temps c'est ce qui fait peur à la classe dirigeante, allons encore un peu de courage et on y arrivera, amicalement rouge, mtn.