Plusieurs milliers de SAPEURS-POMPIERS ont manifesté à Paris le 14 mars 2017 contre la baisse des effectifs et la précarisation

Publié le par FSC

Des milliers de sapeurs-pompiers des services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) venus de plusieurs départements à l’appel de sept syndicats ont manifesté à Paris le 14 mars 2017 contre la baisse des effectifs et la précarisation. « Actuellement, nous constatons une augmentation des interventions, le vieillissement des matériels et une baisse des effectifs ne nous permettant plus de garantir la qualité de votre service public de secours ce qui conduit notamment au rallongement des délais d’intervention des sapeurs-pompiers », ont dénoncé les syndicats dans un communiqué commun.

Les pompiers professionnels tirent la sonnette d’alarme. Ils étaient environ 2.500 selon la Préfecture de police à défiler, mardi à Paris, à l’appel de sept organisations syndicales sur les huit que compte la profession. « Nous sommes de plus en plus sollicités alors que nous disposons de moins en moins de personnels et de matériel », résume Jonathan, qui exerce dans le Nord depuis une quinzaine d’années.

Les pompiers des Services départementaux d’incendie et de secours (Sdis) pointent la diminution de la contribution de l’Etat aux collectivités territoriales qui répercutent cette baisse sur eux. « Les budgets fondent, et les effectifs aussi », assure Jérôme François, secrétaire général de l’Unsa Sdis, en charge de la communication. « L’Etat peut essayer de faire croire que le service sera le même, mais ce n’est pas vrai », ajoute Sébastien Delavoux, de la CGT des Sdis qui dénonce « un tassement des recrutements de pompiers professionnels »

Il y avait, en 2015, 246.900 sapeurs-pompiers, selon les chiffres communiqués par la Fédération nationale des sapeurs-pompiers. Parmi eux, 41.000 professionnels. Un chiffre quasiment stable depuis 2010. Entre-temps, le nombre d’événements sur lesquels ils sont intervenus a augmenté de 5,8 %, selon le ministère de l’Intérieur. « Les sapeurs-pompiers professionnels sont fatigués ! Ils sont de plus en plus nombreux à souffrir de burn-out », poursuit Jonathan, le nordiste. Et d’ajouter : « Tout ça a un impact sur nos vies de famille. »

Des pompiers de plus en plus âgés

Conséquence du ralentissement des recrutements, la moyenne d’âge des pompiers professionnels augmente, remarque Rémy Chabbouh, porte-parole du syndicat Sud Sdis National et pompier depuis 27 ans. « Pourtant, c’est un métier où il y a de nombreux risques physiques, notamment lorsqu’on travaille la nuit », note Frédéric, 38 ans, venu tout spécialement de Lyon pour exprimer son « inquiétude ». « Plus on avance dans l’âge, moins on récupère facilement », note pour sa part Vincent, qui exerce depuis 13 ans en Bretagne.

 

Selon plusieurs manifestants, les pompiers volontaires remplacent de plus en plus souvent leurs collègues professionnels. « Ça coûte moins cher », souffle Frédéric. « Ils ne doivent pas jouer le rôle de variable d’ajustement, compenser l’absence de recrutement de pompiers professionnels », estime pourtant Rémy Chabbouh. « Quand ils sont d’astreintes, ils attendent les alertes depuis chez eux. Par conséquent, ils mettent plus de temps pour intervenir sur un incendie. Ce qui laisse le temps au feu de se développer. »

« 30 minutes pour arriver sur les lieux »

Le recours aux pompiers volontaires impacte donc « la rapidité et la qualité des secours », remarque Frédéric. Vincent, le Breton, témoigne, une bière à la main : « L’autre jour, nous sommes intervenus sur un feu de maison dans une ville située à plusieurs kilomètres. Nous avons mis trente minutes pour arriver sur les lieux. Heureusement, il n’y a pas eu de conséquences. » Pourquoi un délai si long ? « Comme c’est arrivé un jour de semaine, peu de volontaires étaient mobilisables. Forcément, les gens travaillent. »

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