Élections présidentielles 2017

Publié le par FSC

Photo reprise du site Commun Commune :

 

Élections présidentielles 2017 :

ni abstention, ni illusion,

le changement de politique passera nécessairement par une forte mobilisation populaire !

 

Les élections à venir se déroulent dans un climat exacerbé de crise sociale, politique, institutionnelle et morale. Affaires, petits arrangements et petits cadeaux entre amis, mépris des engagements et de la parole donnée, mensonges à répétition, coups bas, candidats médiatiques fabriqués de toutes pièces par les puissances d’argent… tout cela témoigne de la faillite de ceux qui gouvernent depuis des années et de l'état de pourrissement préoccupant dans lequel ils ont plongé le pays.

 

Dans un système médiatique aux ordres, saturé de « primaires » et de sondages, œuvrant méthodiquement à la fabrique du consentement et de la soumission, façonnant chaque jour les prophéties dictées par les puissances d’argent et leurs relais politiques gouvernementaux, les classes dirigeantes continuent sans relâche de défendre leurs intérêts et de placer leurs pions.

 

Bien entendu, ces élections vont déterminer pour partie la situation à venir et il serait irresponsable, dans le contexte actuel, d’appeler les travailleurs écrasés par les politiques menées depuis de décennies au nom des profits, de l'UE, de la dette, à s'en désintéresser. Ce serait les appeler à être sans influence sur une situation qui peut les mettre en grave danger et laisser le champ libre à leurs pires ennemis.

 

En effet, les monopoles capitalistes, leurs gouvernements et leur Union Européenne adossée à l'OTAN n'ont qu'un programme en tête : poursuivre leur féroce guerre de classes contre le monde du travail, et en finir avec le « système social français » hérité de la Résistance en même temps qu'avec la souveraineté populaire par l’intégration complète dans l’Europe supranationale du Capital.

 

Dans ce contexte, le Front Syndical de Classe invite les travailleurs à se poser les questions suivantes par rapport aux 11 candidats :

 

  • Quels candidats proposent un programme visant la reconquête de la souveraineté populaire, c'est-à-dire la reconquête de la souveraineté industrielle, budgétaire et monétaire ?
  • Quels candidats proposent de sortir de l’OTAN et de lutter pour la paix en refusant l'alignement sur les puissances occidentales et sur les médias mensonges qui visent à conditionner l'opinion afin de faire approuver leurs interventions militaires impérialistes camouflées sous des prétextes « humanitaires » comme c'est actuellement le cas avec les bombardements des USA en Syrie ?

 

  • Quels candidats proposent, par-delà leur programme présidentiel, un programme parlementaire de reconquête des acquis sociaux et de développement des services publics ?
  • Quels candidats proposent de vraiment se donner les moyens de mettre en œuvre leur projet politique de progrès social en sortant de l’Union Européenne, condition nécessaire pour mettre en œuvre ce qu’interdisent les traités ?

 

Le Pen porte, derrière son discours « populaire » de façade, l'intérêt des puissants à diviser les travailleurs en fonction de leur origine et son slogan « La France en ordre » sonne de manière lugubre voire fasciste tandis que ce « parti de l’ordre » qui se présente comme le parti qui veut renverser l’ordre établi… est invité par le MEDEF à venir présenter son programme, certifié 100% libéral.

 

Fillon et Macron représentent directement, avec quelques nuances de teinte, le programme de l'euro-patronat : menaces sur les syndicats, sur le droit du travail (aggravation de la loi El Khomri, suppression de la durée légale nationale du travail, fin des statuts et des conventions collectives,« ubérisation générale »), sur la santé et la Sécu (privatisation), les retraites (retraites individuelles par points, recul de l’âge de la retraite et nouvel affaiblissement des pensions), la fonction publique et les services publics (- 120 000 fonctionnaires pour l’un, - 500 000 pour un autre, qui dit mieux ?), nouveaux cadeaux géants pour le patronat, destruction des diplômes nationaux, marche à une Europe renforcée réduisant à rien les souverainetés populaires …

 

Hamon quant à lui représente les lambeaux d'un PS en voie d'explosion, et il ressert comme à chaque élection les vieux plats ressassés depuis 30 ans d'un PS enfin de gauche, lui qui a été ministre de Hollande et a voté tous les budgets depuis 2012, qui compte Cazeneuve ou Najat Vallaud-Belkacem parmi ses soutiens, qui ne veut même pas abroger la loi travail et qui emprunte les chemins du pire social-impérialisme en réclamant l'augmentation des dépenses militaires et l'arrimage renforcé de la France au sein de l'U€ et de l'OTAN, via notamment un nouveau parlement de la zone euro, c'est-à-dire de nouvelles modalités de transfert de souveraineté !

 

Face à cette situation, et alors que les délocalisations continuent au nom des profits et d’une UE par nature inconciliable avec toute harmonisation fiscale et sociale, comme à Whirlpool Amiens, alors que la précarité, la misère, la violence sociale poursuivent leurs destructions quotidiennes de la société et de notre capacité à vivre ensemble, les travailleurs doivent rejeter tous ceux qui d'une manière ou d'une autre, portent la poursuite de la politique des intérêts du capital. Les Le Pen, Fillon, Macron et autres Hamon doivent être balayés par la colère populaire.

 

A l'inverse, tandis que les travailleurs de Guyane se révoltent à juste titre tous ensemble et en même temps contre l'exploitation et le mépris, c’est la voix du monde du travail qu’il faut faire entendre, celle des fonctionnaires dévoués au service de l’intérêt général, celle des salariés du privé qui ont besoin d'emplois, de bons salaires, d’une bonne retraite, d’une bonne sécu, de conditions de travail améliorées et de garanties nationales, d'une école de qualité, de projets d’avenir fondés sur le développement et la coopération et pas sur la concurrence de tous contre tous.

 

Comme travailleurs gardons en tête que notre intervention dans la vie politique et sociale est nécessaire et toutes les configurations politiques ne sont pas équivalentes.

 

En même temps, plus que jamais, quel que soit le résultat des présidentielles, comme en 1936, 1945 ou 1968 les grandes conquêtes sociales, le maintien et le développement de nos grands conquis, de nouvelles conquêtes ne résulteront pas seulement de l’accès au pouvoir d’un candidat porteur d’une véritable politique alternative.

 

Aujourd’hui comme hier, les forces réactionnaires ne s’en laisseront pas compter.

Aujourd’hui comme hier, pour garantir le maintien de l’ordre social et politique dont elles ont besoin pour continuer leurs affaires, elles sont prêtes à jouer la carte de l’extrême droite.

 

Aujourd’hui comme hier, de nouvelles conquêtes résulteront de notre capacité à construire d'immenses mobilisations populaires repoussant la domination sans limite des forces du capital et d’un appareil d’État prioritairement à leur service depuis bien trop longtemps.

 

Front Syndical de Classe, 11 avril 2017

Commenter cet article

smp 12/04/2017 21:13

Salut, oui comme l'écris le camarade Richard ce qu'il nous faut c'est un changement DE société.
il n'appartient pas à un syndicat de faire des choix parmi les 11 candidats mais de relever ce qui dans leurs programmes (pas dans leurs blabla de meeting) emportera décision. Il n'y pas a avoir d'illusion sur le véritable pouvoir d'un président de la république (hormis qu'il est le vrp des multinationales françaises et non le représentant des travailleurs et couches populaires) le véritable pouvoir est celui des monopoles, et, il ne peut y avoir de femme(s) ou d'homme(s) providentiel(s) à moins de plonger dans le culte de la personnalité.... Non je ne vois pas qui est en mesure de changer quoi que ce soit et l'expérience des renégats de syriza témoigne que la classe ouvrière, les couches populaires ne doivent faire confiance en aucun cas à celles et à ceux qui se sont fourvoyés dans les fourgons de la collaboration de classe. chacune (s) chacun(s) fera son choix, amicalement rouge mtn.

richard PALAO 12/04/2017 17:53

les camarades du FSC appellent à voter MELENCHON , c'est leur droit .
Pour ma part je pense qu'en raison de la crise systémique du capitalisme qui ne peut plus redistribuer de "grain à moudre" , ces élections ne changeront rien au sort des travailleurs , ce n'est pas d'un changement de président , ni de politique , ni de république que nous avons besoin mais d'un changement de SYSTEME !!! et là je rejoins le FSC , ce changement de système ne surviendra que grâce à la mobilisation des masses .
En conséquence je crois qu'une organisation syndicale comme la CGT a raison de ne pas appeler à voter pour un quelconque candidat , en fonction de cette crise systémique du capitalisme un syndicat de classe doit lutter pour l' amélioration du quotidien tout en agissant pour un changement de société sans bercer les travailleurs d'illusion en leur faisant croire que ce changement de société peut survenir grâce à leur vote .
FRATERNELLEMENT

RICHARD PALAO

FSC 15/04/2017 13:39

Comme nos matériels le rappellent, il n'y aura pas de changement social sans mobilisation populaire et mouvement social.
Pour autant, quelle serait la meilleure situation pour les travailleurs : l'élection d'un candidat se réclamant se réclamant du progrès social, de la sortie de l'OTAN, de l’abrogation de la loi travail, de la défense des retraites, de la sécu à 100 % et de la mise en question de l'UE ou l'élection d'un Fillon, Macron Le Pen ou Hamon pour finir de détruire tous les conquis aux ordres du MEDEF et de l'UE ?
Pas d'illusion électorale certes mais l'intervention sur tous les terrains de la lutte de classe et sur tout ce qui a une influence sur les conditions pour la mener.
Bien fraternellement.

COMTE 11/04/2017 23:31

Pas question de se désintéresser des élections, mais au contraire, il est grand temps de les refuser et d’intervenir dans le brassage d’idées actuel en commençant ou continuant à dénoncer ce système électoral qui permet aux candidats de se présenter sur des promesses de programmes sans que rien ne garantisse le respect de leur mandat. Il ne peut y avoir de démocratie véritable tant que l’élu est autre chose que le mandataire contrôlable et révocable à tout instant de ses électeurs, engagé à mettre en oeuvre les mesures qui lui ont été dictées par ses mandants.
Cette dénonciation, ce boycott des élections telles qu’elles sont déterminées par la constitution actuelle, doit s’inscrire au premier rang de la lutte de la classe ouvrière