Les « veuves de l’amiante » reprennent leur marche à Dunkerque, pour la reconnaissance de la responsabilité pénale de ce crime !

Publié le par FSC

La preuve que derrière les phrases humanistes, les "droits de l'homme" ... pour le capitalisme et ses défenseurs patentés c'est le profit qui seul compte !

Une justice plus prompte à condamner les travailleurs en lutte qu'à son prendre au patronat qui en toute connaissance de cause à envoyé à la mort à petit-feu des dizaines de milliers de salariés.

Pour mémoire  source Le Figaro santé :

Amiante : 2200 nouveaux cancers et 1700 décès par an en France

Entre 68.000 et 100.000 décès d'ici à 2050

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SOURCE : La CROIX

Vingt ans après les premières plaintes déposées, les veuves des ouvriers victimes de l’amiante organisent mardi 4 avril une nouvelle marche à Dunkerque pour réclamer un procès pénal.

Elles ont pris quelques cheveux blancs mais affichent la même détermination. Après sept ans de silence, les « veuves de l’amiante » ont décidé de se remettre en marche à Dunkerque mardi 4 avril, arborant les photos de leurs maris décédés pour réclamer justice. Comme elles l’avaient fait en 2009 et surtout en 2005-2006, tournant pendant plus d’un an régulièrement autour du palais de justice derrière la banderole : « Nos empoisonneurs doivent être jugés ».

Une très longue affaire

Vingt ans après les premières plaintes déposées contre les chantiers navals de la Normed, les dossiers sont toujours à l’instruction. Et les veuves attendent toujours un procès pénal.

Marjorie se souvient avec émotion avoir défilé dès 2004 avec son mari avant de passer du côté des veuves. Il avait travaillé entre 1978 et 1986 comme électricien sur le chantier naval, en contact direct avec cette poussière qui lui provoquait une « toux inexpliquée ».

 

« À l’époque, les patrons, les médecins savaient que cette matière était dangereuse. Mais pas nous. » Son mari avait bien tenté de s’informer « mais on ne lui avait rien dit ». Ce n’est que vingt ans plus tard que les symptômes de son mésothéliome (le cancer de l’amiante) sont apparus. Il en est mort en 2007, à l’âge de 53 ans, après trois ans de douleurs, de chimiothérapie, de chirurgie, raconte-t-elle. Il avait, avant de mourir, déposé lui-même une plainte contre son employeur.

Une faute « inexcusable »

Le Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (Fiva) a reconnu la « faute inexcusable ». Mais depuis, plus rien. Marjorie en est convaincue : « Il est difficile d’obtenir justice quand on s’attaque aux puissants et aux lobbyistes dont les seules convictions sont le pouvoir et l’argent au détriment de la vie humaine. »

 

Fin 2004, elles étaient 140 veuves regroupées au sein de l’Association régionale de défense des victimes de l’amiante (Ardeva) du Nord-Pas-de-Calais. Aujourd’hui, 670 personnes en sont membres, des veuves, mais aussi des veufs et des victimes. Partagés entre tristesse et colère.

Des sanctions attendues

« Ça fait trop longtemps qu’on attend », dit Rosalba, veuve de Jean Chelbowski, décédé en 2007 à l’âge de 59 ans, bien décidée à manifester le temps qu’il faudra. Son mari avait travaillé pendant 37 ans dans l’usine ArcelorMittal à Longwy, puis à Grande-Synthe. C’est elle qui lavait ses bleus. « Quand je les secouais par la fenêtre, je voyais toute cette poussière blanche qui volait autour de moi. Je ne pensais pas que ce qui nous faisait gagner notre vie nous faisait mourir aussi. »

Quand Jean a quitté l’entreprise en 2004, il avait des plaques pleurales (lésions de la plèvre, NDLR)« reconnues comme maladie professionnelle à 5 % seulement ». Un an après, il était déjà en chimio. « On avait 37 ans de mariage, on s’aimait », dit-elle simplement, un sanglot dans la voix. « On était des bosseurs. On a construit notre maison tout seuls. On était heureux »… Aujourd’hui, elle veut « que ceux qui l’ont empoisonné paient et soient punis ».

La reconnaissance des responsabilités pénales

Au-delà de l’émotion qu’elle suscite, l’action de ces veuves témoigne des résistances auxquelles se heurtent ces victimes pour se faire entendre en justice. « Il est inacceptable que dans des catastrophes sanitaires de cette ampleur, les responsables ne soient jamais jugés », s’indigne Pierre Pluta, 71 ans, président fondateur de l’Ardeva Nord-Pas-de-Calais, qui a travaillé pendant vingt-cinq ans sur les chantiers navals de Dunkerque et en a gardé de nombreuses séquelles.

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