Hôpital d'Auch : Ras le bol ! grève illimitée des personnels de restauration

Publié le par FSC

SOURCE : La Dépêche

Soutenue par la CGT, grève illimitée depuis mardi des personnels du service de restauration du centre hospitalier. Un sous-effectif chronique asphyxie le service.

Décidément les temps sont durs pour le pôle santé auscitain. Alors que les personnels de la polyclinique de Gascogne s'inquiètent vivement pour l'avenir de leur établissement (cf. édition du mercredi 24), que le centre hospitalier spécialisé reste mobilisé dans un bras de fer avec l'Agence régionale de la santé, que l'on apprend encore que le bloc opératoire de l'hôpital frisant la crise de nerfs a flirté avec une «grève-fermeture»... voilà que le service restauration de ce même centre hospitalier montre une certaine indigestion. Depuis mardi en effet, épaulée par le syndicat CGT, une grève illimitée a été entamée par le personnel de cuisine ! Disons-le tout de go, évidemment, les repas aux malades restent normalement assurés. La diète concerne uniquement le personnel du site et, éventuellement, les visiteurs de malades.

Huit renforts souhaités

«Depuis plusieurs mois, les personnels de la cuisine et leurs représentants de la CGT alertent la direction sur les manques d'effectifs et la dégradation continue des conditions de travail.

Dès 2016, lors d'actions pour un paquet de problèmes à régler, nous avions notamment ciblé les dysfonctionnements de la cuisine centrale, indique Julien Mascaras, secrétaire adjoint CGT du site. Le service s'affiche en sous-effectif chronique, du fait en particulier du non-remplacement d'arrêts maladie, dont certains de longue durée. 14 arrêts non remplacés ! Et avec l'épuisement du personnel ça ne risque pas de s'arranger.»

Et le secrétaire adjoint d'expliquer le déclenchement de ce mouvement en cette fin de mois de mai : «Nous arrivons aux congés d'été. Les agents vont-ils pouvoir partir ? Si oui, quid de la situation des collègues qui restent en postes ? Avant la catastrophe annoncée, on dit «stop» ! Nous voulons un renfort de 8 personnels jusqu'à fin septembre. La direction en accepterait 5… on ne passera pas. Le mur arrive !» Et le syndicaliste de pointer du doigt en forme de soupçon accusateur : «A se demander s'il n'y a pas une volonté de laisser faire : en effet, la direction cherche à supprimer des fonctions dites supports pour externaliser. Blanchisserie, ateliers… restauration !»

«Il n'y a aucune intention cachée, rétorque Julien Couvreur, le directeur. La preuve : nous avons mis en place une commission paritaire de réflexion (N.D.L.R. : 10 agents et 2 membres de la direction réunis 2 heures les jeudis depuis janvier) pour pérenniser le service.»

Négociations : vers un accord ?

Bien qu'absent mardi une bonne partie de la journée, alors que l'organisation syndicale CGT souhaitait ardemment le rencontrer pour ouvrir des négociations, le directeur du centre hospitalier a «pu avoir depuis plusieurs temps de discussions» avec les représentants du personnel et/ou l'encadrement. Des propositions en ont été tirées et ont été présentées par ses soins aux agents de la restauration. «Au regard des plannings prévisionnels d'été, nous pouvons afficher de 6 à 7 renforts selon les semaines, indique le directeur. Ainsi, les personnels qui le souhaitent pourraient obtenir 3 semaines de congés et nous pourrions même solder une partie des heures supplémentaires», affirme le directeur. Heures sup' en suspend qui s'établissent tout de même à «5 300 heures», selon le syndicat ! Sans parler des «140 jours de congés 2015 et 2016 ou encore des 400 jours de récupération», qui seraient eux aussi en attente…

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