Hôpital de Montluçon : l'action se poursuit contre le sabotage du service public de santé!

Publié le par FSC

SOURCE : Regard Actu

Une trentaine d'agents d'agents du service de maternité se sont rassemblés dans la cours en face du pôle logistique de l'hôpital de Montluçon pour protester contre la suppression de 10 à 12 postes au service de maternité, voire 16 postes à termes si la direction parvient à imposer son projet.

Parmi les manifestants, la tension était palpable et chacun se demandait de quoi serait fait l'avenir. Surtout, c'est la sécurité des patientes hospitalisées qui revenait le plus souvent dans les conversations entre les uns et les autres, ce qui atteste, s'il fallait une preuve, du professionnalisme du personnel de l'hôpital.

Avec eux, et surtout avec elles d'ailleurs, car le personnel féminin était en très grand nombre, comme on peut s'en douter, une petite dizaine de militants du Comité de soutien de l'hôpital public (CDHP) se tenaient à leurs côtés pour les soutenir, mais aussi pour représenter les usagers, confrontés à des situations parfois difficiles dues au manque de personnel dans les services.

Les membres du CDHP sont venu soutenir le personnel de la maternité
 

C'est donc ensemble que tous se sont invités dans la salle de réunion où devait se tenir le Comité technique paritaire d'établissement (CTP) vers le pôle logistique de l'hôpital. Là, le directeur, les cadres qui l'assistent dans ses fonctions, et les élus avaient déjà pris place ont dû interrompre la séance qui avait à peine commencé, pour écouter les représentants syndicaux de FO et de la CGT, puis le personnel soignant de la maternité.

La dernière restructuration du service de maternité avait eu lieu en 2014. Le personnel avait déjà dû revoir entièrement l'organisation du travail pour compenser la baisse d'effectifs. Non sans mal comme elles l'expliquèrent fort bien au Directeur qui demeurait parfaitement impassible pendant toute la durée de l'exposé. Déjà, il avait fallu faire la chasse au moindre temps mort pour faire face à toutes les situations, ce qui avait eu pour effet de dégrader fortement les conditions de travail et d'augmenter le stress dans de forte proportion.

Or à peine absorbée cette nouvelle organisation, voici que la direction de l'hôpital remet le couvert en demandant à nouveau que des efforts considérables soient consentis avec 10 Postes en moins, voire 16 à termes. Or, tous les témoignages qui remontent du terrain, témoignent qu'il n'est pas possible de supprimer plus de postes sans baisser la qualité des soins, et ainsi,  mettre le personnel en grave difficulté, c'est-à-dire en situation de ne pas pouvoir remplir toutes les missions qui lui sont confiées.

Le Directeur, Monsieur Vidal s'est alors déplacé vers l'écran, là où étaient projetés les résultats financiers de l'établissement et comme si l'hôpital était une entreprise comme une autre, ce dernier s'est lancé dans une explication complétement ahurissante.

 

Les syndicats et le personnel du service de maternité font irruption pendant la séance du CTP
 

D'abord, il a reconnu que grâce aux efforts précédemment consentis, les comptes étaient revenus pratiquement à l'équilibre. Mais voilà, il y a un problème et de taille. Il existe des prêts contractés par l'hôpital qu'il faut rembourser, mais auxquels la trésorerie ne permet pas de faire face. Les autorités de tutelle veulent bien avancer les sommes pour faire face aux échéances, mais en contrepartie, elles exigent des efforts supplémentaires en terme de réduction de postes.

La situation n'est pas plus compliquée que cela, si l'on peut dire. Pour rembourser des prêts probablement toxiques, (si l'on en croit l'association ATTAC Vichy qui avait désigné plusieurs établissements de l'Allier, dont l'hôpital de Montluçon) il faudra que les personnels acceptent de subir des coupes sombres dans les effectifs. Jusqu'où ? Demandent unanimes les syndicats et le personnel. Il faudra bien que ça s'arrête un jour ! Clament-ils en cœur. Désabusé, le directeur acquiesce. Trop tard, le mal est fait, et on sent bien qu'il n'a plus la confiance du personnel.

On comprend bien que dans ces conditions, le personnel n'a pas suspendu la grève dans le service. L'après-midi, ils ont continué à manifester en sollicitant le soutien de la population via une pétition.

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