Loi travail : tentatives de division au sommet de l'état !

Publié le par FSC

Du côté du pouvoir il y a sans doute une volonté d'isoler la CGT pour faire passer sa contre-réforme du code du travail en particulier.

Au-delà de l'habileté des manoeuvres ce qui compte c'est le contenu de cette contre-réforme : extension des domaines déjà inclus dans la loi El-Khomri, plafonnement des indemnités de licenciement en cas de licenciement abusif ...

Et reste la mémoire fraîche du combat du printemps  2016, la détermination des travailleurs à ne pas laisser remettre en cause ce conquis des luttes passées.

Plus que jamais la recherche de l'unité doit s'appuyer sur une activité indépendante d'explication et d'initiatives auprès des travailleurs pour surmonter les obstacles et les manigances d'un pouvoir qui n'a pas l'intention de renoncer à ses objectifs de régression sociale, de remise en cause des garanties des salariés inscrites dans les conventions collectives, le code du travail ...

 

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SOURCE : Yahoo news

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - La nomination à deux postes clés du ministère du Travail d'anciens hauts responsables du Medef et de Force ouvrière vise à isoler la CGT, enlisée dans son statut de syndicat protestataire, estiment les analystes interrogés par Reuters.

Ils y voient notamment le signe d'une volonté de ne pas laisser la CFDT jouer seule le rôle de partenaire privilégié et de transposer la méthode d'Emmanuel Macron à l'échelle d'un cabinet ministériel pour casser les clivages traditionnels afin de faire passer la délicate réforme du Code du travail.

Antoine Foucher, 37 ans, directeur de cabinet de la ministre du Travail Muriel Pénicaud, a été directeur général adjoint du Medef de 2012 à juin 2016, date de sa démission après l'échec d'un premier cycle de négociations avec les syndicats sur une nouvelle convention d'assurance chômage.

Passé avant 2012 par le cabinet de l'ancien ministre UMP (Les Républicains) Xavier Bertrand mais classé parmi les réformistes de l'organisation patronale, il a participé à la plupart des négociations sociales pendant cette période.

Il avait alors face à lui Stéphane Lardy, négociateur de Force ouvrière, qui fit un temps figure de successeur potentiel de Jean-Claude Mailly à la tête de FO, avant de rejoindre au printemps 2016 l'Inspection générale des affaires sociales.

Membre du Parti socialiste et considéré également comme un réformiste, Stéphane Lardy, 51 ans, sera le directeur de cabinet adjoint de Muriel Pénicaud, chargé de l'emploi, de la formation professionnelle et de l'apprentissage.

PREMIERS COMMENTAIRES POSITIFS DE MAILLY

Les analystes interrogés par Reuters notent également le ton inhabituellement conciliant des déclarations de Jean-Claude Mailly, également proche du PS, malgré la nomination d'un Premier ministre de droite, Edouard Philippe.

De même que son homologue de la CFDT Laurent Berger, il a fait bon accueil à la nomination de Muriel Pénicaud.

Plus surprenant, Jean-Claude Mailly a estimé lundi dans Les Echos, à rebours de la plupart de ses homologues, que légiférer par ordonnances, comme le souhaite Emmanuel Macron sur le marché du travail, n'était "pas un problème" si "on est d'accord sur le contenu" et qu'il y avait "des marges de manoeuvre".

Pour le directeur général de Dialogues, l'ancien membre de la CGT Jean-Dominique Simonpoli, il serait surprenant que Stéphane Lardy ait accepté sa mission au ministère du Travail sans en avoir au moins informé Jean-Claude Mailly.

"Il y a une volonté de remettre FO dans le jeu contractuel", a-t-il expliqué à Reuters. "L'intérêt est d'isoler la CGT et de favoriser un engagement des autres organisations syndicales. La CFDT seule, c'est compliqué."

"On a le sentiment qu'il y a chez Mailly une envie de revenir dans un jeu contractuel plus classique et de faire concurrence à la CFDT", renchérit Guy Groux, du centre de recherche de Sciences Po Paris, le Cevipof.

Antoine Foucher et Stéphane Lardy devront conjuguer leurs expériences pour gérer quelques-uns des chantiers les plus délicats de ce début de quinquennat : la réforme du marché du travail, puis celles de l'assurance chômage, de la formation professionnelle et, à plus long terme, des retraites, qu'Emmanuel Macron veut lancer d'ici la fin de l'année.

"LE PUZZLE SEMBLE S'ASSEMBLER"

Ils oeuvreront en liaison avec Pierre-André Imbert, conseiller social du chef de l'Etat, qu'ils connaissent également très bien.

En tant que directeur de cabinet des deux prédécesseurs de Muriel Périnaud, cet économiste de formation de 46 ans, qui a commencé à la gauche de la gauche avant de se rallier aux idées "sociales-libérales", a notamment piloté la loi Travail dite El Khomri, cause en 2016 d'un des plus grands mouvements sociaux depuis 1968, animé notamment par la CGT et FO.

Cette équipe de choc est complétée à Matignon par deux ex-collaborateurs de Xavier Bertrand quand il était ministre du Travail de Nicolas Sarkozy : Thomas Fatome, directeur de cabinet adjoint d'Edouard Philippe, et le juriste Franck Moral, qui sera son conseiller social pour l'emploi et la formation.

Pour Jean-Dominique Simonpoli, "le puzzle semble s'assembler" dans un sens favorable au succès du pari d'Emmanuel Macron, le principal problème étant selon lui la volonté du chef de l'Etat de plafonner les indemnités prud'homales.

 

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