Union départementale CGT Paris : Pour un haut rapport de force, organisé et pacifique !

Publié le par FSC

Pour un haut rapport de force, organisé et pacifique !

Communiqué de presse UD CGT Paris 4 mai 2017

La manifestation unitaire du 1er mai 2017 à Paris a été un vrai succès, avec 80.000 manifestant-es. Les revendications sociales, l’exigence de paix et de coopération internationale, qui sont l’ADN du 1er mai syndical, ont été portées avec détermination dans un cortège haut en couleur. Cette année plus que jamais, en raison du contexte politique, nous avons dit notre rejet des thèses racistes et xénophobes, notre combat déterminé contre le danger fasciste.

Nous regrettons les violences survenues pendant cette manifestation. Il y a plusieurs blessés du côté des forces de l’ordre et beaucoup de blessés du côté des manifestant-es. Le dispositif policier était pourtant important. Nous ne comprenons pas la stratégie choisie par la préfecture de police qui est loin de celle de l’anticipation et de la pacification. Comment une police qui a les moyens d’identifier en amont par ses services de renseignements les casseurs groupusculaires, ou de faire reculer des individus cagoulés décidés à en découdre avec elle, n’aurait-elle pas les moyens d’empêcher ces individus d’arriver sur le parcours de la manifestation transformé en lieu d’affrontements ?

A de nombreuses reprises depuis novembre 2015, et particulièrement au premier semestre 2016, ce sont les manifestant-es qui ont vu leur droit à manifester entravé par la police, tandis que ceux qui créaient les incidents se déplaçaient sans être inquiétés. Plusieurs policiers sur le terrain interrogés par les manifestant-es disant eux-mêmes leur incompréhension.

Depuis le 14 novembre 2015, l’état d’urgence crée une situation délétère dans le pays, sans hélas empêcher des attentats de se produire. L’UD CGT de Paris dénonce depuis le début cette situation qui produit un climat anxiogène par le déploiement des forces armées et de police dans les plans « sentinelles » et « Vigipirate ». Ajouté à la régression sociale vécue par une grande partie de la population, celle-ci est à bout de souffle.

La CGT dénonce les répressions patronales dans les entreprises et les administrations tout comme elle dénonce les violences policières dans les quartiers populaires et dans les manifestations. De même, elle dénonce la répression judiciaire qui a frappé des centaines de militants syndicaux et associatifs depuis novembre 2015. Nous revendiquons une loi d’amnistie pour tou-te-s nos camarades condamné-e-s en raison de leur action revendicative.

Nous appelons à ce que les prochaines manifestations revendicatives réunissent toujours plus de monde. La nécessaire hausse du rapport de force, face au patronat et face au gouvernement, se fera par l’expression massive d’une force organisée et pacifique.

Paris, le 4 mai 2017

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Entre nous, non seulement nous ne comprenons pas la stratégie choisie par la préfecture de police, mais nous la trouvons louche!

Et dans l'avenir ne compte-t-on pas sur l'action bien  utile des casseurs, pour tenter de briser la résistance qui s'annonce et dresser l'opinion contre les luttes ?

Sur le site Paris luttes qui défend systématiquement l'action de ceux qui s'intitulent "manif de tête" et qui systématiquement prennent effectivement la tête des manifs sans l'accord des organisations syndicales appelantes un récent article -ce n'est pas la première fois- s'en prend en particulier au service d'ordre de la CGT

https://paris-luttes.info/face-aux-so-il-est-temps-de-8047

"Je veux bien sur parler des services d’ordre, et notamment celui de la CGT. Il est temps de refuser sa présence parmi ce « nous »."

et  "Votre SO participe de cette criminalisation et marche main dans la main avec les flics."

accuse donc en fait ce dernier de collaboration avec les forces de l'ordre parle de  "dérives policières" de l'organisation.

Le texte tente de justifier auprès des militants le comportement des "manifs de tête" comprenant que leur comportement est de plus perçu comme suspect en désignant en quelque sorte en particulier le SO de la CGT comme ennemi, intimant aux militants et aux participant aux manifs d'avoir à choisir leur camp !

"N’en vous déplaise – vous qui dénoncez la violence du cortège de tête tout en acclamant la violence révolutionnaire ou insurrectionnelle de 36, 45 ou 68 – mais elle est face à vous cette violence que vous commémorez chaque année ou que vous chérissez tant dans les textes. Mais il est bien plus facile de célébrer la violence légitime des opprimé.es sur le papier plutôt que de la soutenir activement dans les actes."

et

"Choisissez votre camp, si possible celui de la lutte à nos côtés, et non celle du pouvoir aux cotes des SO. Crions tou.tes haut et fort : non aux flics dans nos manifs, non aux sous-traitants de la violence policière et de la réaction !"

Nous l'avons déjà dit, le caractère récurrent de ces comportements, la dénonciation des service d'ordre des manifs, la provocation des violences immédiatement utilisées contre la résistance syndicale pose un véritable problème aux organisations dans l'exacte mesure où cette situation vise à la fois à le discréditer en assimilant toute contestation des politiques réactionnaires à la violence et à faire la preuve de son incapacité à gérer ses propres initiatives.

Ce qui a donné lieu déjà sous Valls/Hollande à des tentatives d'interdiction et d'encadrement serré des manifestations.

Et au final nous posons la question aux "révolutionnaires" des manifs de tête : "comment se fait-il que le 1er mai vous ayez choisi de venir en découdre à la manif unitaire de lutte contre les politiques d'austérité et que vous ayez préservé de votre si importante présence les rassemblements de la CFDT et de Laurent Berger, soutien inconditionnel de Macron et de ses contre-réformes?"

 

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