Les FRALIB en Avignon : quand la lutte, la culture et la solidarité se conjuguent !

Publié le par FSC

 

SOURCE : La Provence

Habitué d'Avignon, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, était hier, place des Carmes, en pleine effervescence festivalière. Une tribune idéale pour le syndicaliste, qui a évoqué l'actualité nationale et notamment la loi travail. "Nous avons proposé un Code du travail trois fois moins épais que l'actuel mais qui renforce les droits des salariés. Le problème, c'est que M. Macron a décidé d'un calendrier parlementaire. Donc, les députés discutent d'une loi d'habilitation qui va donner le cadre de ce qui va se passer après, alors même que les discussions avec les syndicats ne sont pas terminées !". Philippe Martinez en a profité pour annoncer un grand mouvement de mobilisation le 12 septembre prochain.

Il n'a pas manqué non plus d'afficher un soutien marqué à la coopérative Scop-TI, composée des ex-salariés de Fralib, qui a lancé depuis Avignon un appel à la solidarité nationale en ce jeudi.

Un appel à la solidarité

Pour Gérard Cazorla, président de Scop-Ti, être au festival d'Avignon est un moyen de se faire connaître et de faire découvrir aux touristes comme aux Avignonnais, les produits proposés par Scop-Ti. L'idée est aussi de les sensibiliser à son combat. La motivation des ex-Fralibs (lire ci-dessous) illustre la compétence et l'autonomie des salariés selon Philippe Martinez. "Si on leur donne les clés, ils sont capables de s'occuper d'une usine. Ils ont pu mettre en oeuvre en toute liberté leur savoir-faire. C'est un projet qui prouve que l'on peut conjuguer développement industriel et préservation des acquis et de l'environnement".

Le levier fiscal créera-t-il le choc de confiance ?

"Aujourd'hui nous sommes toujours là, débout !", a affirmé de son côté Gérard Cazorla. "Devant ces réalités, nous ne baissons pas les bras, nous agissons" a-t-il ajouté.

SCOP-TI prône avant tout la qualité de ses produits en bannissant les ingrédients chimiques et les arômes artificiels. Les thés Scop-Ti et 1336 sont uniquement composés de plantes naturelles locales. Aider l'entreprise c'est également favoriser l'emploi local ainsi que l'agriculture française au niveau des plantes aromatiques. Scop-Ti tend à développer des circuits courts en faisant travailler des producteurs locaux de tilleuls par exemple, notamment de la Drôme.

La lutte de Fralib

Il y a deux ans, la coopérative a créé deux marques, Scop-Ti et 1336, en référence aux 1336 journées de lutte de Fralib contre la multinationale Unilever. Même si l'activité de la société a repris des forces, la jeune entreprise manque encore de moyens pour garantir sa pérennité. Gérard Cazorla et son équipe ont donc décidé de lancer une campagne de financement participatif.

Cette levée de fonds nationale, si elle est suivie, a pour ambition de permettre à la société de se développer, de se faire connaître et de, progressivement, gagner en notoriété. "On appelle à la solidarité, on a vraiment besoin d'un coup de pouce populaire pour maintenir l'activité". Chacun peut aujourd'hui acheter du thé Scop-Ti en supermarché ou via la e-boutique. Il y a deux ans, l'entreprise a eu recours au même système pour démarrer son activité. Cela lui a permis d'acheter un camion afin de livrer les produits dans la région marseillaise. Cette action a plutôt bien fonctionné puisque la société a récolté près de 200000€ à l'époque.

Nouveaux temps, nouveaux espoirs : la campagne de financement participatif est désormais lancée !

Les chèques de soutien (libellés à l'ordre de Scop-Ti sont à adresser à Scop-Ti, Sociofinancement, 500 Avenue du Pic de Bertagne, ZA de la Plaine de Jouques, 13420 Gémenos.

 

Les Fralib, sujets d'espoir et objet théâtral 

Comme avant eux les "Conti" ou les "Lejaby", les "Fralib" de Gémenos se sont fait un nom à travers la lutte qu’ils ont menée. Après trois ans et demi de combat, ils ont obtenu, il y a deux ans, de reprendre à l’euro symbolique l’appareil de production afin de l’exploiter à travers leur société coopérative qui emploie désormais 41 des 180 salariés de l’ancienne filiale d’Unilever.

Mais de la lutte contre une puissante internationale à l’expérience de l’autogestion, les "Fralib" sont aussi devenus un sujet d’étude aussi bien qu’un objet artistique. Déjà trois films ont été tournés retraçant leur épopée ainsi qu’un autre sur la difficile gestation de leur coopérative, une anthropologue suisse réalise une étude pour ses recherches sur "l’économie de l’espoir" et de leur longue lutte fraternelle, sont nés un groupe de musique et un de théâtre. Il y a quelques semaines, les "Fralibs" étaient même au centre d’un sujet du baccalauréat. Et voilà que dans le Off d’Avignon, un spectacle leur est dédié au 11 Gilgamesh Belleville.

1336 jours de lutte

"1336 (parole de Fralib)", est un spectacle écrit, mis en scène et interprété par Philippe Durand de la Comédie de Saint-Etienne, sur la base des nombreux entretiens qu’il a eus avec les ouvriers au cours de leurs 1336 jours de lutte entre la fermeture de l’usine et la relance de l’activité par leur propre coopérative. Il en tisse l’histoire et en restitue la texture : "J’ai voulu garder cette parole brute, il y a là une vraie richesse populaire à laquelle je ne voulais pas toucher".

Pour Olivier Leberquier, le leader du mouvement désormais directeur de la Scop, "c’est très émouvant pour nous de réentendre cette histoire avec nos mots et de savoir qu’elle sera apportée au public". Présent pour un débat à Avignon, il a aussi annoncé le lancement d’une souscription populaire afin de collecter le million d’euros qui manque encore à la trésorerie pour tenir jusqu’à l’année prochaine, quand plusieurs gros contrats devraient commencer à remettre les comptes à flot. "Nous n’avons pas réussi à faire tomber le système capitaliste alors nous devons travailler avec. Pour obtenir les volumes suffisants, la grande distribution est incontournable, ça fait partie de nos contradictions mais notre combat, aujourd’hui,

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