GM&S : propriété du capital contre propriété collective !

Publié le par FSC

Avec ce genre de décision : interdiction par le très récent acquéreur de l'entreprise de la possibilité pour les salariés dont certains dans l'entreprise depuis des dizaines d'années de faire visiter LEUR entreprise au cours des journées du patrimoine de ce week-end , on entre dans le dur du rapport entre le capital et le travail!

N'en déplaise à tous les réformistes partisans du dialogue social, des accords donnant-donnant, de la communauté harmonieuse que constituerait l'entreprise, l'antagonisme capital / travail est une réalité incontournable!

En envoyant les CRS et gendarmes en renfort pour empêcher les salariés de passer outre au veto d'Alain Martineau le message est double : le droit de propriété du capital sur les entreprises est sacré et le pouvoir politique est décidé à faire prévaloir ce droit par l'usage de la force!

On voit bien par là ce qu'il en est de l'enfumage qui consiste à évoquer dans les diners en ville l'intention d'associer les travailleurs à la gestion des entreprises!

Au-delà de la légitime lutte des GM&S pour empêcher les licenciements prévus la question de la propriété collective des outils de production et d'échange est bel et bien posée sur le chemin de l'émancipation des travailleurs!

 

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SOURCES : La Tribune

Une cinquantaine de policiers et une quarantaine de gendarmes ont été déployés, samedi 16 sepembre, autour de l'usine de GM&S à La Souterraine (Creuse) pour empêcher les salariés d'ouvrir le site au public comme ils souhaitaient le faire pour les Journées européennes du patrimoine (JEP). Selon la préfecture, il s'agit de "la simple application du droit de propriété". Le nouveau propriétaire de l'usine, Alain Martineau, PDG du repreneur GMD, a refusé que l'usine soit ouverte au public. 

 

 

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Samedi, les forces de l'ordre se sont déployées autour de l'usine de GM&S à La Souterraine dans la Creuse pour empêcher les salariés d'ouvrir le site au public comme ils souhaitaient le faire pour les Journées du Patrimoine.

 

Selon la préfecture, il s'agit de «la simple application du droit de propriété». Le nouveau propriétaire de l'usine, Alain Martineau, PDG du repreneur GMD, «a refusé que son entreprise soit ouverte au public et l'a publiquement indiqué. Il a demandé à l'Etat de protéger sa propriété. Il s'agit aussi d'une question de sécurité». Une cinquantaine de policiers et une quarantaine de gendarmes sont déployés.

Selon un élu CGT, Patrick Brun, joint par l'AFP et qui a réussi à pénétrer dans le site «avec cinq ou six collègues», «sept à huit cars de CRS sont positionnés devant les différentes entrées du site sur ordre du préfet». Selon lui, d'autres salariés étaient réunis devant l'usine où du public était en train d'arriver. «Ce qui me semble aberrant, c'est que depuis mercredi, ici, il n'y a plus personne de GMD, nous sommes livrés à nous-mêmes et aujourd'hui on nous envoie les CRS parce qu'on a souhaité ouvrir notre usine pour les Journées du Patrimoine», a-t-il déploré.

Le repreneur s'oppose à l'initiative des salariés

Jeudi, les salariés avaient annoncé qu'ils ouvriraient samedi au public leur usine, toujours à l'arrêt, pour ces Journées. L'entreprise GMD (Groupe Mécanique Découpage), spécialisée dans l'emboutissage, la plasturgie et la fonderie, repreneur du site, avait fait part de son opposition à un tel projet. Le PDG avait annoncé lundi que l'activité reprendrait «sous huit jours», «le temps de tout remettre en route».

Depuis la validation de la reprise par le tribunal de commerce le 7 septembre, les salariés de GM&S ont voté la continuation de leurs actions, avec pour mot d'ordre «plus de salariés repris» et une «prime supralégale» pour les salariés licenciés.

Deuxième employeur privé de la Creuse, GM&S avait été placé en liquidation fin juin, au terme de plusieurs mois de manifestations, blocages et tractations, qui en ont fait un dossier social chaud des derniers mois du gouvernement Cazeneuve, puis des premiers mois du gouvernement Philippe.

Le nouveau PDG selon Libération

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Silhouette longiligne, tempes noires et crâne chauve, visage émacié et sans âge, silences expressifs et verbe bien trempé, Alain Martineau est un patron tel qu’aurait pu se le figurer Michel Audiard. Et de l’avis général, ce septuagénaire a conduit de main de maître une négociation en coulisses avec l’Etat et les syndicats pour reprendre GM & S, un dossier miné dont il ne voulait pas forcément. «Je voudrais que vous nous voyiez comme des gens qui viennent sauver 120 emplois plutôt que comme ceux qui viennent en supprimer», avait-il argué devant les GM & S, lors d’une rencontre assez tendue à l’usine de La Souterraine (Creuse) le 27 juillet. Une visite au terme de laquelle il avait renoncé à sa dernière condition à la reprise : l’adhésion par vote des salariés à son projet. Et pour cause, avec un projet qui prévoit toujours plus de 150 suppressions d’emplois sur les 277 que comptait l’entreprise, le patron de GMD n’est pas vraiment vu comme un chevalier blanc par les salariés de GM & S, après de longs mois de lutte, de grèves, de manifestations et d’occupations musclées de leur usine.

Celui qui aura évité la fermeture pure et simple de l’usine de La Souterraine reste en tout cas un quasi-inconnu du grand public. Alain Martineau, qui fuit les projecteurs, figurait pourtant jusque récemment parmi les 500 plus grandes fortunes de France : en 2012, le magazine Challenges le rangeait au 385e rang de son classement, avec un patrimoine estimé à 80 millions d’euros… On est loin des potentats du CAC 40, mais Martineau appartient à un autre monde pour les ouvriers de GM & S menacés de perdre leur emploi.

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