Union départementale CGT du Var : hommage à Pierre SEMARD

Publié le par FSC

SOURCE : La Marseillaise

L’institut d’histoire sociale de la CGT rend hommage à Pierre Semard et rappelle le parcours de ce dirigeant politique et syndical exécuté en 1942. Victime de sa renommée la rue qui porte son nom est aujourd’hui plus souvent désignée par l’activité qui s’y développe.

 

Mardi, 17h30, rue Pierre-Semard, à Toulon. Fleuron de la revitalisation du centre urbain, celle qu’on nomme aujourd’hui, un peu trop communément pour certains, la rue des arts recommence à faire parler d’elle.

Longtemps désignée par les Toulonnais « rue du canon », probablement beaucoup pour la pièce d’artillerie toujours présente en bout de rue aux abords de la place d’Armes - mais aussi, un peu, paraît-il, pour la plastique des dames qui venaient ici vendre leurs charmes dans la partie haute du petit Chicago d’antan -, la minuscule artère du Port du Levant vient de reprendre du galon après être tombée pendant longtemps dans la décrépitude et dans l’oubli.

Et les Mocos n’ayant en rien perdu leur incorrigible sens pratique au cours du temps se mettent aujourd’hui à l’appeler « rue des arts », puisque depuis peu galeries et ateliers ont remplacé les boutiques à l’abandon restées longtemps portes closes.

Hier après-midi, c’est donc à l’initiative de l’Institut d’histoire sociale CGT du Var que pas mal de monde était venu battre le pavé et rafraîchir les mémoires de la population.

« Nous sommes rassemblés pour rendre hommage à Pierre Semard », commence Alain Serre, le président de l’IHS du Var.

Une petite piqûre de rappel toujours salutaire aux jeunes générations, comme aux autres, pour se souvenir que derrière les repères géographiques annotées sur les plaques des traverses, boulevards ou autres avenues, c’est tout un pan de notre histoire qui défile à qui sait encore la lire.

Alors, oui : ils sont là pour rappeler que Pierre Semard a été un dirigeant syndical et communiste fusillé à Evreux le 7 mars 1942 par les nazis, et pour retracer son parcours et ses combats. Une mobilisation pour réclamer donc que la rue qui porte son nom ne soit pas débaptisée au profit d’une nouvelle appellation.

« Cet homme était animé de la volonté de voir se construire une société sous le signe de la paix, de justice, de la démocratie et de la solidarité entre les hommes et entre les peuples », explique Gilbert Garrel, le président national de l’IHS CGT et ancien secrétaire général de la fédération CGT des cheminots qui avait fait tout spécialement le déplacement.

« Assurer la pérennité de cette rue, c’est nous armer pour les combats d’aujourd’hui et de demain », reprend Alain Serre en faisant le lien entre une occultation du passé et les menaces de casse sociale d’aujourd’hui : « Parce que quand on veut toucher à une rue issue de la Libération, on veut bien sûr en même temps toucher aux conquêtes sociales issues de 45... »

Et même les propos rassurants de la municipalité concernant le maintien du nom de la rue ne parviennent à faire baisser la garde des syndicalistes. Un renoncement qui du reste doit beaucoup, selon eux, à leur intervention énergique.

« Pour savoir où l’on va , il faut toujours se souvenir d’où on vient » , conclut Alain Serre.

Thierry Turpin

 

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