Nouvelles du front universitaire

Publié le par FSC

AMIENS :

Jeudi 12 avril s'est tenue une AG unitaire réunissant environ 250-300
étudiant-e-s, enseignant-e-s et membres du personnel à l'initiative des
organisations suivantes : FERC-CGT, SNPREES-FO, SNESUP-FSU, SNASUB?FSU,
SUD-éducation-UP, CNT et des militant.e.s de l?UNEF.


Plusieurs motions ont été adoptées :



*- Banalisation des cours pour la journée du 19 avril ;*

*- Appel à manifestation le 19 avril ;*

*- Blocage du campus la matinée du 19 avril pour permettre aux étudiant-e-s
d?aller en manifestation ;*

*- Déclaration de l?Assemblée Générale Unitaire de l?UPJV du 12 avril 2018
(en pièce-jointe) et appel à la grève la 19 avril. *

Yannick Martell (sud Educ)

 

LA SORBONNE :

Sorbonne occupée, c'est bientôt mai ?

15h : à l'appel de l'AG Paris 1, le CAAS organise une AG inter-facs à la Sorbonne pour s'emparer d'un débat national, d'une mobilisation unanime et finalement d'un lieu symbolique. Les CRS qui quadrillent déjà les entrées depuis midi s'amassent dans le quartier latin. On commence à avoir l'habitude ; leurs "entraînements" sont si quotidiens qu'ils se fondent dans le paysage urbain. Des évacuations arbitraires dans la Sorbonne ont lieu, une étudiante partie aux toilettes durant son cours est évacuée, sans sa carte étudiante elle n'a pu re-rentrer. Les ouvertures des portes changent toutes les demies heures, une manif gronde place de la Sorbonne, et déjà la cour d'Honneur s'emplit d'étudiant.e.s mobilisé.e.s : pourtant, les mouvements sociaux, parait-il, n'existent pas.

16h : Les portes de la Sorbonne se ferment aux étudiant.e.s de L1 et L2, pourtant légitimes à rentrer dans LEUR Université. L'AG qui débutait à peine, se gèle en attendant ses camarades exclu.e.s sans raison. Face au refus de les faire entrer malgré les négociations avec la sécurité et le RG présent, les quelques 600 étudiant.es présents partent en manif sauvage dans les couloirs de la Sorbonne. L'amphi Richelieu est réquisitionné pour réfléchir et voter quant à la situation d'exclusion illégitime de 250 camarades, qui de leur coté ne décolère pas.

17h : La cour d'Honneur est noire d'étudiant.es, et dans les étages déjà, on se presse aux fenêtres pour dialoguer avec les camarades retenus par les CRS et les portes closes de l'Université : "Libérez nos camarades", " Sorbonne, debout ! Soulève-toi" fusent.

18h : Il est dès lors question de voter quelle stratégie est à adopter pour faire coûte que coûte cette AG inter-facs légitime. Le directeur du cabinet du rectorat, de son sourire narquois, joue la montre et passe, parait-il, des appels pour faire rentrer nos camarades.

19h : le 1e étage de l'aile Philo-histoire est noyé sous la masse d'étudiant.es qui s'organise, vote, et lutte. Des commissions médias, chansons ou sécurité se développent, et une délégation est envoyée à la demande du Recteur. On perd le fil du temps, et on ne compte plus les Bella Ciao, les fous rires et les slogans. "Libérer la brioche !" entend-on : et oui, le soutien qui ne cesse de grossir rue de la Sorbonne, jette de la nourriture à travers les fenêtres pour rassasier nos petits ventres affamés, et tous les envois ne sont pas fructueux : une pauvre brioche tombe entre les mains d'un CRS ...

19h30 : la délégation attend toujours le Recteur, et les étudiant.e.s votent alors l'occupation si dans les 15 minutes les camarades de dehors ne sont toujours pas rentré.e.s...

19h45 : l'occupation débute officiellement, déjà on pense à l'évacuation, mais c'est dans une ambiance bonne enfant que l'on rédige un communiqué, que l'on mange les ravitaillements qui remontent de paniers accrochés à une corde, et que l'on se rend compte de se qui se passe : depuis 2006 et le CPE, la Sorbonne n'a plus été occupée. Ce jeudi 12 avril est historique.

21h30 : la délégation doit annoncer définitivement au Recteur que l'on occupe, et il a été très clair à ce sujet "si vous occupez, en moins de 20 minutes les CRS vous délogent". Il aurait fallu 5 minutes lors du retour de la délégation, pour qu'ils arrivent. Mais parait-il que l'on avait le choix entre sortir calmement ou être "escorté".

Dans ce court laps de temps, la décision est unanime : on reste unis, coudes contre coudes et on ne sortira que tous ensemble.


21h40 : les CRS arrivent et trouvent des difficultés à s'organiser pour nous déloger, la salle est noire de monde et le passage impossible. On ne leur laisse pas le temps de parler, ce sont 30 minutes de slogan, sans arrêt ni hésitation. 30 minutes de confrontation, 30 minutes de protestation, encore. L'évacuation est musclée : ils arrachent à notre groupe et nos chants avec violence nos camarades un par un. Plusieurs camarades sont attrapé.e.s au visage, une matraque est sortie, les personnes sont expulsées à 3-4 CRS sans ménagement mais avec bousculade. Les coups de boucliers se multiplient, les remarques sexistes aussi, à l’instar d’un agréable « laisse-toi faire chouchou ». Les chants ne cessent pas, et déjà le gaz de dehors étouffent les occupant.es, qui à l’image de la buée sur les boucliers de keufs, respirent difficilement et souffrent de la chaleur d'un si petit espace qui ne cesse d'être confiné.

On aura tenu 30 minutes avant d'être tou.te.s sorti manu militari, des chaises sont détruites par les CRS pour se frayer un chemin et les bousculades dans les couloirs alors que l'on marche calmement continuent. A nos "étudiants, pacifiques !" les bras levés, les CRS nous répondent en nous violentant pour nous faire sortir. Aucune dégradation, hormis celles des CRS sont à déplorer.

 

Le temps de 6 heures, nous avons occupé pacifiquement et intelligemment notre fac pour protester face à l'exclusion de nos camarades, et à l'exclusion des classes populaires de la fac qui s'annonce ...

 
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